‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 6 sur 240 · C’est la même dont j’ai vu les ruines. Voyez p · texte numérisé non relu

C’est la même dont j’ai vu les ruines. Voyez p

des deux côtés, et craignant qu’on ne les arrachât à leurs chères forêts, comme on l’avait fait quelques années auparavant pour la fondation du Carmen de Moxos, se présentèrent en toute hâte au père Salvatierra, en lui demandant a devenir chrétiens. Celui-ci profita de ces bonnes dispositions, et alla former les réductions de Santa-Cruz et de Trinidad , les Indiens aimant pardessus tout le lieu de leur naissance. En 1823, le père Lacueva, avec deux autres religieux, vint diriger l’ensemble des Guarayos : il en trouva quatrevingt-cinq à San- Joaquin, cent soixante-deux à San-Pablo, et trois cents entre Trinidad et Santa-Cruz. Ces réductions étaient du reste dans une grande

pauvreté. Animé d’un zèle infatigable, le père Lacueva s’efforça de ramener les Indiens de la forêt dans la réduction; il fonda l’Ascension, et y fit faire des plantations de cacao, de coton. Il établit des écoles et traça des chemins vers Chiquitos. Il espérait beaucoup de ses démarches, lorsque l’année suivante (1824), par suite du changement de gouvernement et de l’installation de la république, il fut abandonné par les autres religieux, qui voulurent s’en retourner en Espagne. Resté seul, il demanda le père Salvatierra, qui laissa San-Xavier pour venir avec ses chers Guarayos; il se fixa quelques années à l’Ascension, ou il mourut. Dès 1824, le pays des Guarayos fit politiquement partie de la province de Chiquitos.

Oublié pour ainsi dire de la terre entière, sans appui de la part du gouvernement, contraint de tout faire par ses mains, le père Lacueva n’obtint que l’estime des Guarayos, sans avoir sur eux aucune prépondérance. Néanmoins, lorsqu’il les menaça de se retirer, ils lui dirent : «Si tu t’en vas, mon « père, nous irons vivre dans les bois, car nous restons ici pour toi;5> et, dans la crainte de les voir redevenir sauvages, le digne frère reste toujours, d’autant plus, que les Chiquitos, qui, fuyant la sévérité des missions, viennent vivre près des Guarayos, dégoûtent ceux-ci de leurs villages par les exactions qu’ils y commettent et par la dépravation de leurs mœurs.

Il y a maintenant entre Santa-Cruz et Trinidad 544 âmes , ainsi divisées :

Gua-

rayos.

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