Geonoma macrostachia, pl. Il, fig
5. Ils préparent les peaux dont ils font ensuite le commerce avec les Indiens de Moxos et les habitans de Cochabamba.
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Les renseignemens que j’avais pris auprès de quelques commerçans de 1832. Cochabamba, m’avaient confirmé les difficultés et les dangers auxquels on Yura est exposé dans le trajet jusqu’à cette ville, à travers la Cordillère. Je résolus carès dès-lors de tenter l’ouverture d’une nouvelle communication avec Moxos par le Rio Securi, dont j’avais reconnu l’embouchure1. A cet effet, sachant qu’il me faudrait entreprendre, à mon retour, une longue navigation avec des hommes sans expérience, j’obtins d’un de mes interprètes cayuvava, nommé Enselmo y homme plein de connaissances locales et bon rameur, de laisser ses compatriotes pour me suivre à Cochabamba; c’était un grand effort de sa part, puisque jamais Indien de Moxos n’avait avant lui remonté la Cordillère. Je fus encore informé qu’un entreprenant Cochabambino , nommé Amito , habitué à commercer avec les Yuracarès, savait assez bien la langue de cette nation pour me servir d’interprète; je le fis venir, et j’appris de lui que la nation yuracarès habitait bien au nord tout le pied des montagnes.
Je lui offris de me suivre, ce qu’il accepta. Ces arrangemens terminés, je divisai ma troupe, en laissant sur ce point mes préparateurs chargés de continuer mes collections, et je m’occupai des moyens de me rendre à Cochabamba. Ce n’était pas le plus facile; pourtant je fus assez heureux de ce côté. J’allai fréquemment à l’ancien village de Y Asuncion d’isibolo, distant d’une lieue, pour savoir s’il était arrivé des muletiers chargés de prendre les marchandises des commerçans ; mais comme j’avais déjà manqué deux occasions, je crus plus prudent d’aller m’établir à Isibolo même, afin d’obtenir la première troupe de mules qui descendrait de la montagne.
Après quatre jours de repos, je voulus faire porter mes malles au village a juin, de 1’ Asuncion ; j’en parlai aux Indiens yuracarès , qui me promirent de s’en occuper. Les femmes , pourvues d’un grand morceau d’écorce d’arbre , prirent chacune une malle, en la plaçant sur leur dos et la retenant en avant par une courroie appuyée sur le front. Etonné de voir les femmes chargees , tandis que les hommes qui m’accompagnaient portaient seulement leur arc, leurs flèches et leur serpe , j’en fis l’observation à l’un d’eux , qui me répondit gravement : « Comment pourrais -je me charger? qui protégerait ma « femme, si nous rencontrions un jaguar?" La raison me parut bonne. Comment , en effet , ces hommes , constamment exposés aux attaques des bêtes féroces, pourraient-ils défendre leur famille en voyage, s’ils portaient un fardeau? De là leur habitude de laisser les charges aux femmes et de