‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 87 sur 240 · III. i.,e partie. 2 Iv · texte numérisé non relu

III. i.,e partie. 2 Iv

Cordil-

lère

orientale.

1832. nos vivres, dès que nous avions atteint la région des palmiers, nous faisions ' du cœur de ces arbres le fond de notre nourriture.

lère Au lever du soleil la troupe s’ébranla. D’abord perdu au milieu du fourré, .7 juin, s’accrochant aux branches pour s’aider à monter, chacun gravit péniblement, sans rien apercevoir autour de lui; puis, au travers des hautes fougères, la forêt, moins épaisse, permit de voir, avec le ciel, le ravin que nous abandonnions. Après quelques baltes que la fatigue rendait nécessaires , nous arrivâmes enfin, vers quatre heures, sur la partie la plus élevée de la chaîne; mais quel ne fut pas mon désespoir, lorsque je m’y trouvai enveloppé de nuages, qui m’empêchaient de rien distinguer autour de moi! Ma seule espérance de succès reposait sur le choix à faire d’un cours d’eau , queje ne pouvais reconnaître que de la sommité sur laquelle je me trouvais. J’attendis et laissai la troupe me devancer. Une heure d’inquiétude me parut bien longue. Je perdais presque courage, lorsque, par un bonheur inattendu, les nuages s’ouvrirent un instant, et je pus plonger sur un immense horizon. Les derniers contre-forts des montagnes descendaient lentement, comme des sillons irréguliers , couverts d’arbres , en serpentant vers une 111er de verdure sans bornes , composée des forêts de la plaine qui bordent les montagnes sur une étendue de plus de quarante lieues. Plein d’anxiété, je suivais d’un œil avide la direction des ravins profonds, cherchant leur point de réunion pour découvrir un cours d’eau navigable. Un rayon de soleil me le dévoila , en faisant briller à une distance considérable une rivière qui coulait au milieu de la forêt, dans la direction du nord 15° est. Cetait le port qui s’ouvre au navigateur après une longue traversée; c’était le résultat de mes calculs, le triomphe de mes idées!... un affluent du Rio Sécuri, que j’avais laissé près de Trinidad de Moxos Je me livrai comme un enfant à la joie la plus folle.

Je relevai tous les points visibles de cette immense surface. Je remarquai que, très -prolongée à l’est et à l’ouest, la chaîne sur laquelle je me trouvais servait de limites aux deux versans du Rio Béni et du Rio Mamoré, et n’était, sans doute, que la continuité de la Cuesta de Yanacaca ou Séjéruma, voisine du Paracti2. Au sud je dominais toutes les montagnes qui séparent les rivières déjà reconnues par moi, et je pus les dessiner. Je distinguai parfaitement les cours des deux rivières de la Réunion de Pedrillo, formant le Rio de las Palmas , qui , lorsqu’il reçoit plus bas du sud

î. Voyez t. III , p. 144.

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