‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 9 sur 240 · Plante Iégumineuse, voisine du Seibo de Buenos-Ayres · texte numérisé non relu

Plante Iégumineuse, voisine du Seibo de Buenos-Ayres

2. Ils y trouvent tous les animaux qui montent au ciel, par une liane tortueuse. Ils croient que les chrétiens vont à l’occident.

3. Cette coutume se retrouve chez beaucoup de peuples, chez les Patagons, les Puelches, les Araucanos, etc. Homme américain, p. 92.

Tel est le portrait rapide des anciens descendais des Caraïbes, hommes is32. féroces, sanguinaires, anthropophages, pour qui les écrivains des premiers siècles de la conquête n’avaient jamais assez d’anathèmes. rayos.

Avec toutes ces vertus, on s étonné de trouver chez les Guarayos tant d’éloignement à se soumettre aux prescriptions de la religion catholique. Le père Lacueva, pas plus que ses devanciers, n’avait rien obtenu d’eux. Les indigènes, bien loin d’opposer la moindre résistance à ses vues, l’estimaient au contraire et le vénéraient beaucoup ; mais le petit nombre de ceux qui recevaient le baptême , venaient peu à l’église et n’abandonnaient pas leurs anciennes coutumes. Ils n’aiment à s’assujettir à aucune loi, animés du seul désir de vivre en paix; aussi ne font- ils jamais un bavardage. Le père Lacueva me disait que les deux plus grandes difficultés qu’il avait à vaincre, étaient de leur faire perdre l’habitude de la polygamie et d’amener les femmes à se vêtir davantage. J’ai souvent entendu le curé de l’Ascension se plaindre de leur paresse et de leur nonchalance, parce qu’il ne pouvait les faire travailler a son profit. Quelques jours de travail par année suffisent au Guarayo pour s’assurer à lui et sa famille les provisions de deux ou trois ans. Couvert de l’écorce des arbres de la forêt, nourri du gibier qu’il y chasse, du produit du champ qu’il y cultive, abrité sous son feuillage, pourquoi s’imposerait-il une gêne pour obtenir ce que rien ne lui rend nécessaire et dont il soupçonne a peine l’existence? Dans l’abondance des biens réels, il se regarde , quand il est en dehors de tout asservissement , comme très-heureux de sa liberté, et traite d’esclaves tous les hommes assujettis aux réglemens des missions.

ni ,.r«

Page 1