Guilielma insignis, Palmiers, pi
frères, les gendres, les fils, partent à la fois avec les femmes portant le is32. ménage, et vont s’établir près d’une rivière. En peu de jours ils abattent les y ' arbres, y bâtissent leurs maisons, y sèment les plantes nécessaires à leur earès nourriture, et en attendant qu’elles fructifient , ils profitent de la chasse abondante qu’ils trouvent dans une contrée neuve, tandis que les femmes font cuire les fruits du tembé et en fabriquent de la chicha. Bientôt le maïs, la yuca, et plus tard les bananiers, donnent leurs produits et remplacent le tembé ou la chasse. Les hommes mangent ensemble, séparément des femmes, dans la petite maison consacrée à la confection des flèches. Tant que durent le maïs et la yuca, les femmes ne s’occupent presque à autre chose qu’à faire de la chicha, et les hommes à la boire, en dansant et en chantant. Il en résulte que les provisions qui, si l’on prenait la peine de les ménager, suffiraient à l’approvisionnement d’une année, ne tardent pas à manquer; aussi les Yuracarès sont-ils obligés de recourir de nouveau à la chasse. Us ne veulent pas élever d’animaux domestiques , mais ils aiment beaucoup à s’entourer d’animaux sauvages. Us ont les poules en horreur, parce qu’elles se nourrissent de toutes espèces d’objets immondes. Lorsqu’ils en ont, ils ne leur donnent pas de maïs, en disant que, ne sachant pas cultiver, elles ne doivent pas en manger. Us goûtent rarement de la chair du mouton, et plus rarement encore de celle du bœuf, ce qu’ils regardent comme une bassesse. Dans leurs disputes, la plus grande injure qu’ils puissent se dire, c’est de s’appeler mangeurs de viande de bœuf, ou plus encore de se traiter de cuisiniers. 1
Leurs repas sont accompagnés de beaucoup de pratiques superstitieuses.
Us ont en mangeant le plus grand soin de recueillir, soit les os d’un oiseau ou d’un mammifère, soit les arêtes des poissons, qu’ils mettent au feu ou qu’ils vont enterrer au plus épais de la forêt, ou jeter dans un ruisseau, afin que les animaux de l’espèce tuée ne s’en fâchent pas , et qu’ils se laissent tuer une autre fois.
La chasse aussi a ses superstitions. Quand , par exemple , les Yuracarès s’apprêtent à poursuivre les grands singes , ils commencent par prendre un breuvage fait avec l’écorce du sumuque (acacia qui sert à tanner), pour s’assurer une meilleure chance, et surtout pour ne pas recevoir sur la tête la flèche qu’ils ont lancée en l’air, au sommet des arbres, ce qui n’est malheureusement que trop fréquent. 11s se peignent la figure avec beaucoup de soin, afin d’épouvanter les animaux féroces, et partent deux heures avant