CHAPITRE EV
Provinces de Santa-Fe et de Buenos-Ayres.
J'ai déjà dit que l'argile pampéenne paraissait occuper le grand Chaco, en face de Corrientes!, et qu’elle se montrait également de l’autre côté du Parana, près de Goya.?2 Je devais donc m’attendre à la rencontrer en face de la Bajada. C’est, en effet, ce qui eut lieu, lorsque, traversant le Parana, je trouvai les premières falaises près de Santa-Fe. Elles se composent entièrement d'argile pampéenne, alors de cinq à dix mètres de puissance. Ces falaises courent au loin vers le nord. Tous les renseignemens que je pris à Santa-Fe relativement à l'extension de l'argile pampéenne, me prouvèrent qu’elle occupe, vers l’ouest, une largeur de plus d’un degré, et qu’elle est à moitié chemin de Cordova, près du Rio Secundo, bornée par des sables représentant, sans aucun doute, mon tertiaire patagonien. J’appris aussi qu'au nord elle s'étend sur tous les terrains connus des habitans de Santa-Fe, au long de la rive droite du Parana. En partant de Santa-Fe, je suivis cette rive jusqu'à Buenos-Ayres; et je vis partout, sans interruption, les mêmes falaises d'argile pampéenne, plus ou moins puissantes, sans jamais en apercevoir la partie inférieure. À Santa-Fe, la campagne est presqu'horizontale; elle est singulièrement semée de petits lacs plus ou moins salés, qui caractérisent toute la superficie des Pampas proprement dites, couverte d’argile pampéenne. Dans le Riacho de Coronda, la falaise, sur plus de douze lieues de longueur , est de la même hauteur qu’à Santa-Fe. L'argile y est souvent imprégnée de parties salines qui font efflorescence à l'extérieur. Les bestiaux des fermes voisines lèchent avec tant de plaisir ces parties, qu'ils y forment, pour ainsi dire, des grottes, où ils finissent par se cacher, y amenant fréquemment des éboulemens. La falaise augmente peu à peu de puissance, jusqu’au Rio Carcarañan ou Rio Tercero. J'ai reconnu que Falkner$ le premier y a fait