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( 44 ) Géologie. entre le couvent de San-Pedro et le Parana. Il a deux ou trois mètres d'épaisseur sur une étendue de six cents mètres environ.

De San-Pedro jusqu’à Buencs-Ayres, sur une longueur de plus d’un degré et demi, ou trente-sept à trente-huit lieues géographiques, je vis, sans interruption, les falaises d'argile pampéenne; je les visitai sur les rives du Barradero, à Sarate, et sur une grande. surface des environs de Buenos-Ayres, où elles montrent, lorsque les eaux de la Plata sont basses, ces immenses bancs connus dans le pays sous le nom de tosca. C'est toujours la même argile, plus ou moins durcie, toujours caverneuse ou remplie de nodules calcaires et renfermant des ossemens de mammifères.

Les provinces de Santa-Fe et de Buenos-Ayres m'ayant montré partout l’uniformité complète de largile pampéenne, il ne me reste plus qu'à rassembler les renseignemens que j'ai pu obtenir, soit sur les limites de l’argile pampéenne au pourtour du bassin, soit sur les accidens ou les dépôts supérieurs de cette partie des Pampas.

Dans un premier voyage à la Cruz de Guerra, mon savant ami, M. Parchappe, ayant parcouru les Pampas de Buenos-Ayres jusqu’au 36.° degré de latitude sud et au 63. degré de latitude occidentale de Paris, constata les faits géologiques suivanst. Il s'assura d’abord, comme je l'ai effectivement reconnu sur plusieurs points, qu'on a beaucoup exagéré l’horizontalité des Pampas, qu’il y a évidemment un faîte de partage des eaux entre le versant à la Plata et le versant au Rio Salado, et que tous les terrains sont partout légèrement ondulés. Au sud du Rio Salado le terrain est généralement plat; mais, au milieu de cette nappe verte, on trouve comme semés, en grand nombre, des groupes de petits monticules sablonneux, que les habitans appellent medanos (dunes). Ces mamelons sablonneux et couverts d’une végétation plus rare que dans le reste de la plaine, forment des îlots rarement élevés d’une trentaine de mètres au-dessus du niveau de la plaine, et qui néanmoins y représentent relativement de petites montagnes. Ces medanos sont formés, à leur surface, d’une terre sablonneuse très-fertile, et dessous de sable fin. Ils constituent quelquefois de petites chaines n’affectant aucune direction particulière, et dont l'étendue ne dépasse pas souvent une demi-lieue; ou bien ils s’arrondissent et bordent des anses qui renferment un réservoir d’eau, dont l’ouverture se présente à l’ouest; enfin, et c’est le cas le plus général, ils donnent lieu à des groupes irréguliers et plus ou moins hauis. Le medano de los pozos de Piche est un des plus remarquable, et c’est celui dont j'ai donné la mesure. M. Parchappe à remarqué que la transition des terrains plats et argileux de la Pampa, à la pente sablonneuse et assez rapide des medanos, est subite, et que ceux-ci semblent comme jetés au hasard sur la plaine. M. Parchappe visita successivement le medano partido, les medanos monigotes, le medano de la Cruz de Guerra, les medanos de Oca, le medano del Buey, le medano de Rojas, le medano de Oquil, disséminés autour de la Cruz de Guerra.

Il me parait évident que ces medanos ont été déposés à la surface des Pampas

1. Voyez cette relation, partie historique de mon voyage, tome I.°

postérieurement à la formation des argiles pampéennes qu'ils recouvrent. Je serais Géologie.

même porté à croire que ces dépôts se sont formés en même temps que les bancs de conchillas de San-Pedro, dont j'ai cherché à discuter l’époque. !

M. Parchappe, dans son voyage à la Cruz de Guerra, à remarqué que les nombreuses lagunes qu'il a trouvées à la surface des Pampas, forment généralement un petit bassin qui présente une ouverture du côté de l’ouest, et dont les bords, assez escarpés, ont environ une dizaine de mètres au-dessus du niveau des eaux. Ces lagunes sont comme adossées à des hauteurs plus ou moins considérables, et qui les bordent toujours du côté de l’est, ou dessinent une anse dont l’ouverture se présente au côté opposé. Je pense que les lagunes des Pampas proprement dites, celles de la province de Corrientes, de la Patagonie et de toutes les surfaces tertiaires de l'Amérique, doivent tenir à la cause qui en a produit également un grand nombre sur notre sol, comme l'ont fait remarquer MM. Dufrenoy et Élie de Beaumont, dans la présentation à la Société géologique de leur magnifique carte géologique de la France. Jen reparlerai aux faits généraux.

M. Parchappe a remarqué sur plusieurs points des Pampas et notamment près de la Cruz de Guerra, des plaines imprégnées de parties salines, nommées dans le pays Salitrales. Ces salitrales, assez communs dans toute la province de Buenos-Ayres, deviennent plus nombreux à mesure que l’on s’avance vers le sud. Ce sont ces mêmes eflorescences salines que j'ai remarquées sur les rives du Parana, et qui sont générales dans le système tertiaire des Pampas.

En résumé, M. Parchappe a rencontré partout, jusqu’à la Cruz de Guerra, l’argile pampéenne très-bien développée. Plusieurs puits creusés à la Cruz de Guerra même ont donné, en commençant par les parties supérieures : d’abord deux décimètres de terre végétale, puis deux mètres trois décimètres d'argile pure (argile pampéenne), rougeàtre, et cinq décimètres de la même argile plus dure, de la même couleur, nommée tosca. IT est à remarquer que c’est toujours au-dessous de cette couche d'argile dite tosca, qu'on trouve de l’eau, dans toute la province de Buenos-Ayres. Cette couche sablonneuse, qui lui est inférieure, paraît être une dépendance de l'argile pampéenne.

Je vais maintenant suivre M. Parchappe au sein des Pampas jusqu’à la Bahia Blanca, c’est-à-dire jusqu’au 39.° degré de latitude sud, en traversant toutes les plaines dans la direction générale du sud-sud-ouest, et reproduisant toutes ses remarques relatives à la géologie de cette vaste surface.

De Buenos-Ayres jusqu’à la Guardia del Monte, argile pampéenne se voit partout, de même qu'à Chascomus. Au-delà du Rio Salado, des plaines se montrent d’abord; elles sont remplacées, près de la poste de Caquel, par de légères hauteurs composées d'argile pampéenne durcie, fortement saturée de parties salines. Ces hauteurs, disséminées sur beaucoup de points des plaines, sont partout formées d'argile pampéenne plus compacte et nullement de sable, comme les medanos de la Cruz de

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