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( 46 ) Géologie. Guerra. De Caquel, après avoir passé près de plusieurs petites hauteurs d'argile, ___ entrautres celle des Juncal et du Cacique negro, le terrain devient plat, tout en s’élevant insensiblement jusqu'aux montagnes du Tandil. Au fort même de l'Indépendance, situé au pied et au nord des montagnes, au 37. degré {3 minutes de latitude sud et au 61." degré 40 minutes de longitude ouest de Paris, un puits de vingt mètres environ de profondeur, n'a donné qu'un dépôt de tosca ou d'argile pampéenne durcie. Ce sondage est pour moi d’une grande valeur géologique, puisqu'il prouve évidemment que l'argile pampéenne vient, sans interruption, s'appuyer sur les roches anciennes des montagnes, et que ces roches n’ont pas soulevé le système argileux des Pampas, mais qu'elles existaient dans le même état, lorsque les argiles se sont déposées autour, comme Je lai déjà reconnu dans la Banda orientalt. Ainsi je pourrais croire que les montagnes du Tandil, de la Tinta et celles qui se remarquent jusqu’au cap Corrientes, étaient des îlots, lors du dépôt de largile pampéenne, et qu’elles n’ont, en aucune manière, modifié la forme du bassin des Pampas, dont les limites des couches paraissent être presqu'indépendantes, comme le démontrera l’ensemble des renseignemens que Jai réunis.
M. Parchappe a gravi l’un des mornes du Tandil, voisin du fort de l'Indépendance. Il a trouvé la roche partout à nu. La direction de la chaîne parait être est-nord-est et sud-sud-ouest; sur les flancs et à la base, on voit des roches stratifiées dont les couches sont inclinées de quarante-cinq degrés environ à l'horizon, vers le sud. Ces roches, dont M. Parchappe a rapporté des échantillons, que j'ai déposés dans les collections géologiques du Museum, sont des roches quartzeuses, voisines des gneiss?. Au-dessous de ces couches, et sur toute la sommité des mamelons, la montagne est composée d’une roche granitique, tirant, en général, du gris au rouge. Elle est fendue en feuillets dirigés dans tous les sens, ou présente comme des aiguilles ou cones émoussés; des veines de quartz en traversent quelques points. M. Parchappe croit que ces mamelons ne sont pas plus élevés que le Cerro de Montevideo; ils n’auraient donc pas au-delà de trois cents mètres au-dessus du niveau des Pampas. À deux lieues du fort de l'Indépendance, M. Parchappe observa, sur la droite, au sommet d’un mamelon, d'énormes blocs de roche granitique isolés et comme posés à la main sur le sol. Ils sont arrondis, comme s'ils eussent été roulés; quelques-uns s’effeuillent, se fendent, se délitent et se partagent en fragmens, par l’action de l'atmosphère. Cette roche granitique est noirâtre. Ce qui précède peut faire croire que le Tandil appartient au système primitif des environs de Montevideo. En suivant au sud-sud-ouest, entre les montagnes, sur une distance d'environ dix à douze lieues, M. Parchappe s’approcha de la Sierra de la Tinta, située au sud des mamelons du Tandil, et courant à peu près est et ouest. Il s'exprime ainsi à son égard 5 : , Cette chaîne présente une longue et grande muraille d’une hauteur uniforme,