‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 14 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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9, M. Cordier les a déterminés comme des Pétrosilex tabulaires ou même feuilletés. 3. Voyez ma Partie historique, t. [”, p. 640.

« dont les flancs sont coupés à pic et laissent apercevoir des couches horizontales de Géologie. « Calcaire. Je crus y reconnaitre de beau marbre blanc, veiné de rouge pâle; je trouvai « aussi, roulés dans le ravin, quelques morceaux de silex.” Loin d’être de même composition que la Sierra del Tandil, la Sierra de la Tinta serait donc formée de roches calcaires stratifiées, coupées à pie du côté du nord et peut-être inclinées vers

le sud. Quant à l’âge de ces roches, M. Parchappe n’en ayant pas rapporté d’échantil-

lons, je ne puis en rien dire. Si ce sont des marbres, comme le pense mon ami, ce pourraient être des roches de la formation silurienne; mais tout ce qu'on avancerait

sous ce rapport serait trop conjectural pour qu'on doive s’y arrêter. Il faut seulement

croire que la Sierra de la Tinta est plus moderne que les mornes du Tandil, et plus ancienne que les couches horizontales qui viennent s’y appuyer. Peut-être néanmoins pourrait-on se demander si celte suite de couches horizontales ne se composerait

pas de terrains crétacés. J’inclinerais à le croire, d’abord par la présence du silex que

M. Parchappe y a rencontré, puis parce que cette formation parait être développée

près du port Famine, au détroit de Magellan !, et peut-être dans les Andes, près de Mendoza.

Tous les renseignemens que j'ai pu obtenir sur la composition des montagnes qui vont à l’est joindre le cap Corrientes, au 38.° degré de latitude sud, m'ont prouvé que ces montagnes sont granitiques, comme celles du Tandil et de la république orientale de l’Uruguay. Pour celle de Tapalquen, située à l’ouest-nord-ouest du Tandil, M. Darwin nous apprend qu’elle est composée d’une roche quartzeuse ?, dont il n'indique pas l’âge, mais qui est indubitablement de l’époque des gneiss.

En laissant les montagnes, M. Parchappe trouva encore des terrains horizontaux analogues à ceux des Pampas. Il remarqua que les couches étaient un peu plus dures. Il traversa un terrain ondulé, coupé, dans la direction du sud-est, par de légères collines de calcaire argileux rougeàtre, accidentellement cachées par un terrain sablonneux très-mou. Sur différens points, les mêmes couches, supportant une argile épaisse de deux mètres, se montrèrent sans interruption. Le sol seulement se couvrit, de plus en plus, de sable à sa superficie, jusqu’à la Bahia Blanca, au 59.° degré de latitude sud et au 64. degré 30 minutes de longitude ouest de Paris. Des courses multipliées sur le cours du Rio Naposta et du Sauce grande, ont partout montré à M. Parchappe largile pampéenne assez dure, sur laquelle s'étend un banc argileux. On a creusé un puits au nouvel établissement de la baie Blanche. Les couches traversées ont été les suivantes : sur environ quatre mètres de profondeur, en commençant par la plus supérieure, trente-trois centimètres de terre végétale, mêlée d’humus, de sable

1. M. Le Guilloux à rapporté de ce lieu des ancyloceras, qui appartiennent évidemment au terrain crétacé.

2. M. Darwin (loc. cit., p. 134) dit seulement que c’est une rangée de collines élevées de quelques cents pieds anglais, composée d’une roche de quartz pur, sans stratification, en plaieforme, entourée de coupes verticales. La colline qu’il a gravie n'avait pas plus de cent mètres.

(48 ) Géologie. el d'argile; cinquante centimètres d’une argile mêlée de pierres calcaires; tout le reste — d'argile dure, pierreuse ou tuf calcaire (sans doute l'argile pampéenne), fortement saturée de parties salines. Le creusement des fossés du fort a offert vingt-cinq centimètres de terre végétale argilo-sablonneuse, soixante-quinze centimètres d'argile brun- Jaunètre, vingt-cinq centimètres de tuf argileux calcaire.

Quelques fragmens de tuf argileux et du calcaire rapportés par M. Parchappe, m'ont donné la. certitude que ces dépôts appartiennent bien au même âge que l'argile pampéenne, dont ils ne sont que des parties plus ou moins durcies. Ainsi toute la région comprise entre la Sierra del Tandil et la Bahia Blanca, appartient encore aux couches qui constituent les Pampas proprement dites, et dans lesquelles se trouvent des ossemens de mammifères.

M. Parchappe, en interrogeant les guides et les Indiens, s’est assuré qu'entre la Sierra de la Ventana et les Andes il n’existe aucun groupe de montagnes; qu'en remontant le Rio Colorado, le terrain est partout sablonneux et couvert, jusqu’à une soixantaine de lieues, de lacacia dit algarrobo. Ce dernier renseignement me prouve évidemment que le tertiaire patagonien commence au-delà de la Sierra de la Ventana, et s'étend, vers l’ouest, jusqu’auprès des Andes. Du reste, M. Parchappe n’a pas vu la Sierra de la Ventana.

Le voyage de M. Darwin me fournit des renseignemens plus précis à cet égard. Il assigne une hauteur de trois mille cinq cents pieds anglais à la Sierra de la Ventana’,

oris-blanchâtre, sur les flancs de laquelle

se trouve une couche de schiste rougeàtre. Il y reconnaît aussi, à la hauteur de quelques

et la voit composée d’une roche quartzeuse

centaines de pieds et adossés à la roche, des restes de conglomérats, qu’il regarde comme très-modernes et contemporains du calcaire des Pampas. Le quartz blanc est usé; ce que M. Darwin regarde comme l'effet de l’action des flots. Il ne dit pas l’àge de la Sierra de la Ventana elle-même. Quant à la supposition de l’âge des conglomérats, elle ferait croire que la montagne a été soulevée à l’époque de l'argile pampéenne, fait dont l'admission me paraît bien difficile. Ce que j'ai vu dans la Banda oriental et ce qu'a trouvé M. Parchappe au Tandil?, prouverait, au contraire, que le dépôt des Pampas n'a nullement été dérangé par les roches sur lesquelles il est venu s'appuyer.

Plus heureux que moi, M. Darwin, profitant de circonstances plus favorables relativement à la tranquillité du pays, à pu parcourir l'intervalle compris entre le Rio Negro de Patagonie et la Bahia Blanca. Je vais donc compléter mes observations par celles de ce voyageur, afin de donner une idée plus exacte de l’ensemble. M. Darwin, arrivé au nord du Rio Colorado, voit cesser la végétation propre à la Patagonie et commencer celle des Pampas. Ce point lui semble être la limite des terrains calcaréo-argileux. En effet, au fond de la Bahia Blanca, à Punta Alta et dans

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