Voyez p
3 Narrative, etc., p. 87.
un autre endroit, M. Darwin a rencontré, au sein d’une falaise, un grand nombre de Géologie.
restes de mammifères de races éteintes, tels que des mégathériums, des toxodons et de grands édentés. Il dit que ces restes n’ont point été remaniés, puisque les animaux sont entiers; croit qu'ils ont été enveloppés par une mer voisine de la côte, les trouve pourtant associés avec des coquilles fossiles dont les analogues vivent encore sur le littoral ', et remarque des serpules sur les os de mammifères. Il entre dans beaucoup de détails à l’égard de ces animaux fossiles, de la végétation qu’il leur fallait2, finissant par dire que ces êtres habitaient probablement les lieux mêmes, «durant une époque « tellement récente, géologiquement parlant, qu’à peine peut-on la regarder comme « terminée.
Il y a, dans ces diverses hypothèses de M. Darwin, plusieurs opinions que je ne puis comprendre. Si les animaux se sont déposés entiers, il est impossible que les os soient couverts de serpules; car on sait par expérience que, pour qu'un os puisse recevoir des corps parasites marins, 1l faut qu'il soit entièrement dépourvu de ses ligamens, de ses cartilages et des parties graisseuses. La présence des serpules annoncerait donc, au contraire, un long séjour au sein des eaux salées, séjour suffisant pour séparer les ossemens les uns des autres, par le seul effet même du plus faible courant, s'ils s'étaient déposés dans la mer.
M. Darwin dit que ces animaux sont de races éteintes, ce qui annoncerait évidemment une époque passée et différente de l’état actuel des côtes de la Bahia Blanca. Il croit, d’un autre côté, que les coquilles marines, qu'il y trouve mêlées, sont identiques à celles qui vivent aujourd’hui dans la baie, et que les animaux appartiennent à une époque géologique à peine passée. On ne peut encore s'expliquer ces faits. Si les animaux sont de races éleintes, ce qui est prouvé; si leurs parties n’ont pas été disséminées, ce qui démontrerait qu'ils ont été déposés flottans en ce lieu, comment sont-ils mélangés avec des coquilles qui vivent actuellement sur une côte des plus stérile? Je ne puis le concevoir; aussi faut-il supposer que les coquilles fossiles sont contemporaines des ossemens de mammifères, et doivent alors différer, zoologiquement, de celles qui se trouvent sur les côtes, puisque tous les mammifères fossiles sont distincts de ceux qui existent dans ces mêmes contrées, ou qu’elles sont d'un âge différent des os des mammifères. En ce cas, tout serait d'accord, leur identité avec celles d'aujourd'hui, et leur différence d'époque avec les restes d'animaux qu’elles recouvrent.
Un seul mot pourrait, ce me semble, éclaircir toutes ces questions. Je crois effectivement qu'il y a, dans ce lieu, deux époques distinctes, comme je lai trouvé pour les conchillas de San-Pedro$. On a vu que sur les argiles pampéennes reposent, à quarante lieues des régions où elles vivent, des coquilles d’une époque bien plus récente. Sup-
1. Loc. cit., p. 96. (Il y a six espèces marines et une terrestre.) 2. Loc. cit., p. 103.