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SIXIÈME ÉPOQUE

L'Amérique méridionale apres les terrains tertiaires.

Plus on approche de Pépoque actuelle et plus les déplacemens sont puissans. C’est, d’un côté, la conséquence des nouveaux dépôts qui s'ajoutent aux anciens ; de Pautre, celle de la plus grande épaisseur des parties déjà consolidées dans Pécorce terrestre. Nous avons vu l'Amérique changer subitement de forme après les terrains crétacés, et prendre, encore à l'état d’esquisse, la configuration qu’elle doit conserver. Elle offre déjà une chaîne hors des eaux, traçant la Cordillère du nord au sud, et limitant ainsi l'océan Atlantique et le grand Océan.

Une nouvelle période de repos succède aux perturbations : les mers tertiaires se dessinent, à l’est et à l’ouest du système chilien. Sur le dépôt de nivellement du terrain guaranien commencent à s'étendre des sédimens marins, du terrain patagonien, en même temps que les continens se peuplent de mammiferes et de grands végétaux. Bientôt une faune tertiaire habite ces mers, et pendant son existence des affluens évidemment terrestres apportent des continens voisins des ossemens de mammifères, des bois, des coquilles fluviatiles. Les uns proviennent sans doute de la crête du système chilien , et apportent dans la mer patagonienne du sud-est® des ossemens encore pourvus de leurs ligamens; les autres, arrivant du grand continent du nord, y charrient les mêmes produits terrestres qui se mêlent aux sédimens marins. ° Les choses se maintinrent ainsi très-longtemps, tandis que les mers recevaient des dépôts alternatifs de sable et d’argile d’une grande puissance. Pendant cette période de repos, la chaîne crétacée du système chilien formant entre les mers une barrière insurmontable, il en résulta que les faunes marines des deux versans, ne communiquant pas entr'elles, étaient déjà aussi distinctes que de nos jours.

La nature ne devant pas toujours se maintenir en repos sur le sol américain, il s'opère un dernier mouvement, qui, bien plus considérable que tous les autres, donne simultanément à la Cordillère proprement dite son grand relief d'aujourd'hui, exhausse les terrains tertiaires des deux versans, amène la destruction complète de la faune terrestre antérieure à notre époque et la formation du grand dépôt à ossemens du terrain pampéen.

1. Voyez pl X, fig. 1 et 5, la partie ponctuée. 2. Voyez p. 78.

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