III. Géologie
Géologie, posons que la même chose existe à la Bahia Blanca, et tout s'explique de soi-même.
— Les animaux, après avoir flotté, y auront été enveloppés entiers dans l'argile; ils seront tous d’une même époque; mais ces bancs d'argile, devenus compactes, baignés plus lard par les flots de la mer, auront laissé à nu des parties d’ossemens, et ces parties auront pu se couvrir de serpules; les coquilles s'y seront ensuite déposées jusqu’à la dernière époque de soulèvement qui aura placé les bancs d'argile loin de la mer, en même temps peut-être qu’elle éloignait les bancs de conchillas de l’embouchure de la Plata, et qu’elle soulevait les coquilles marines récentes, dont je parlerai postérieurement, à la Bahia de San-Blas. En résumé, la question se réduirait à un léger changement dans l'assimilation de contemporanéité des couches à ossemens et des coquilles marines identiques; assimilation qui me paraît impossible.
Je ne suis entré dans cette discussion qu’afin de prouver que les faits, en apparence contradictoires, pourraient peut-être concorder avec tout ce que je connais des Pampas. D’après M. Darwin, les limites de l'argile pampéenne seraient au Rio Colorado; et il y aurail, dans la Bahia Blanca, sur l'argile à ossemens, un dépôt de coquilles marines identiques à celles qui vivent aujourd’hui sur la même côte.
En suivant l’Iinéraire de Don Pablo Zizur, de la Guardia de Lujan à Las Salinas (les Salines)!, à travers les Pampas, on arrive à la Cruz de Guerra, dont j'ai déjà parlé2. Je ne commencerai done à suivre le voyageur qu’au-delà de ce point. De la Cruz de Guerra, Zizur marche deux jours sur le terrain des Pampas, en apercevant, de temps en temps, des medanos. Au-delà, vers le sud, il trouve, à la Cabeza del Buey, un sable rouge fin, recouvrant une argile durcie, également rougeätre. On pourrait donc croire que les Pampas proprement dites et l’argile pampéenne se continuent sous l'aspect qu’elles ont à Bahia Blanca, vers le sud-ouest, jusqu’à la saline de la Cruz de Guerra. Au-delà de la Cabeza del Buey, Zizur passe auprès d’un grand nombre de medanos. Il rencontre plusieurs petits lacs salés, traversant des terrains de sable rouge sans arbres jusqu’à la Laguna del Monte (lac du bois). Ce lac, de deux lieues de longueur, est rempli d’un sel amer. Plus loin, après avoir vu beaucoup de medanos, surtout au nord, se présente à lui la Laguna de San-Lucas, de deux lieues et demie de long. Le fond en est d'argile sablonneuse durcie; l’eau en est saumätre. De la Laguna de San-Lucas jusqu’à Salinas, Zizur traverse peu de terrains bas et inondés, mais beaucoup de plaines sablonneuses, entrecoupées de petits lacs le plus souvent salés. Tous ces terrains sont bordés, au nord, par des collines sablonneuses.
Arrivé aux lagunes de Salinas, situées au 37. degré 12 minutes de latitude sud, et par le 66.° degré de longitude ouest de Paris, et composées de deux lacs salés, il en lève le plan el en étudie toutes les parties. Voici le résumé de ses observations.
1. Don Pablo Zizur, officier de marine, a fait ce voyage en 1786. Sa relation, très-détaillée, est déposée au bureau topographique de Buenos-Ayres. M. Parchappe et moi en avons fait l’extrait, et les renscignemens géologiques que je cite lui sont empruntés.