‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 168 sur 233 · Mémoires de l'Académie · texte numérisé non relu

Mémoires de l'Académie

Ce passage est reproduit dans les additions à la traduction allemande des Noticias americanas, par Schneider, et traduites en français, t. IE, p. 372.

>. Époques de la nature, note 20.

Ulloa' s'étend avec complaisance sur le gisement de ces fossiles et sur les idées qu'ils lui suggèrent. Il fait observer que les coquilles qu'on trouve dans le banc même de mercure, loin d’être en nature comme celles de Concepcion, font corps avec la roche dans laquelle elles sont renfermées. On y distingue pourtant de la roche la partie qui à été coquille, La plupart sont bivalves; elles ont d’un à quatre pouces; les plus petites sont convexes des deux côtés, les autres sont ce qu'on appelle des coquilles de pélerins. I y en a d’autres planes et en spirale, qui ont cinq pouces de diamètre et une ligne d’épaisseur?. Les pluies, les gelées, détachent ces fossiles des bancs de pierre et les entraînent dans les ravins, avec du silex et des bois pétrifiés.

Les réflexions d’Ulloa relatives à ces coquilles sont des plus remarquables pour l'époque. IT dit :

4. Que les deux valves se trouvant réunies, on peut en conclure que Panimal était vivant lorsque la matière qui les enveloppait s’est durcie.

2. Que les masses n'étaient point à Pétat de pierre, lorsque les eaux y déposaient les coquilles, et qu’elles ont durci postérieurement.

3. Qu'il devait y exister un climat plus doux, plus favorable, que le climat actuel de Guanca-Velica.

4. Qu'il fallait que ce pays n’eût pas alors Pélévation qu'il a aujourd’hui au-dessus de la plaine.

5.” Qu'il a fallu des révolutions différentes de celles qui existent, pour faire arriver les fossiles sur les hautes montagnes.

Il finit par conclure que le nouveau monde est le plus ancien.

Nest-il pas réellement bien étonnant de trouver ces raisonnemens chez Ulloa? Dirait-on mieux aujourd’hui pour prouver, jusqu’à l'évidence, le brusque soulèvement des montagnes après le dépôt des coquilles, qui, à Pétat vivant, auraient été enveloppées de matières, puis exhaussées où elles se trouvent maintenant.

M. de Humboldt, qui a visité, plus tard, les plateaux de Quito, nous donne l’âge de ces fossiles; il les rapporte aux mêmes couches qu'il a observées aux environs de Montan, et qu'avec M. Léopold de Buch il rattache à la période crétacée.°

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