‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 169 sur 233 · Noticias americanas, p. 293. Madrid · texte numérisé non relu

Noticias americanas, p. 293. Madrid

2, On pourrait y voir des ammonites déprimées.

3. Extrait du journal de M. de Humboldt: Pétrifications recueillies en Amérique par M. Alexandre de Humboldt, et décrites par Léopold de Buch, 1839, p. 4.

Paléon-

tologie.

Paléontologie.

L'ordre chronologique n’amène à l’ouvrage publié en 1787 par Molina sur le Chili, ouvrage très-superficiel et formé presque tout entier de compilations, mais qui pourtant signale, le premier, des fossiles dans la Cordillère chilienne. Il dit’ qu'au sommet du Descabezado, montagne très-élevée au milieu de la chaîne principale des Andes, on a découvert nombre de coquillages marins, en partie pétrifiés ou calcinés. Plusieurs voyageurs ont également vu des fossiles dans la Cordillère du Chili. Luis de la Cruz*, en 1806, rencontra, à lest de la chaîne, entre Tilqui et Auquinco, des moules (chorros), d’autres bivalves (tracas) et des coquilles en spirale (caracoles). I y recueillit de chaque espèce un échantillon. M Darwin a observé dans la Cordillère, entre Santiago et Mendoza, une argile noirâtre, où se trouvent une gryphée très-abondante, une turritelle, des térébratules et une ammonite*. M. Pentland a recueilli, non loin de là, à la Puente del Inca, une exogyre et une pholadomia examinées par ML. de Buch, qui les rapporte à la formation crétacée*. Îl en est de même des fossiles rapportés de Maypu, près de Santiago, par M. Meyen”; ainsi lon pourrait croire que les couches fossilifères de la Cordillere du Chili, du 35.° au 37.° degré de latitude sud, appartiennent aux terrains crétacés.

On doit encore à Molina la première mention de fossiles marins aux environs de Coquimbo, au nord du Chili (30 degrés de latitude sud). Cet auteur s'exprime en ces termes® : ; Dans les plaines aux environs de la ville de . Coquimbo, on a découvert un marbre coquiller blanc, un peu granuleux,

à trois ou quatre pieds sous la terre végétale. Les coquilles que ce marbre

contient, sont plus ou moins entières, et lui donnent toute Papparence , d’une vraie lumachelle. ” Depuis Molina, plusieurs voyageurs ont donné de nouveaux renseignemens sur les fossiles de Coquimbo, qui appartiennent évidemment à deux époques distinctes.

Des couches fossilifères presque horizontales , qui se trouvent au port même de Coquimbo, dépendent des terrains tertiaires. Elles ont été vues par le capitaine Basil Hall et surtout par M. Darwin’. Ce géologue croit que les

1. Saggio sulla storia civile del Chili. Bologna ,1787, lib. IT, cap. XIV. Traduction française, p.39.

2. Viage desde el fuerte de Ballenar, provincia de Concepcion, hasta Buenos-Ayres. Coleccion de documentos de Angelis, t. IL, p. 77.

. Narrative, L&. ME, p. 390.

. Pétrifications recueillies par M. de Humboldt, p. 20.

. Idem, ibidem, p. 20.

. Saggio sulla storia, etc., lib. IT, cap. XVI. Traduction française, p. 52.

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. Narrative, etc., p. 423 et suiv.

couches supérieures appartiennent à l’époque la plus moderne, qu’elles passent à une autre couche inférieure, contenant un mélange des espèces d'aujourd'hui avec les espèces éteintes. MM. Gaudichaud et Hanet Cléry ont recueilli, dans le même lieu, de nombreux fossiles qu’ils ont bien voulu me communiquer, et jy ai reconnu seize espèces, qui, d’après la roche, appartenaient à trois couches distinctes’, la plus inférieure renfermant seulement des espèces éteintes, les deux autres contenant des coquilles identiques à celles qui vivent aujourd’hui sur la côte voisine.

D’autres couches fossilifères se rencontrent sur une bande nord et sud, à dix ou douze lieues de la côte de Coquimho. Elles ont été explorées par MN. Gay et Domeyko. Les fossiles recueillis par le premier voyageur ont été classés, pour la première fois, aux terrains crétacés par M. Élie de Beaumont. Ceux qu'a envoyés M. Ignacio Domeyko à l'École des mines ont fait le sujet d'un rapport de M. Dufrenoy Ÿ, qui croit que les uns appartiennent au terrain crétacé inférieur, et les autres aux terrains jurassiques. M. Dufrenoy a bien voulu me les communiquer. Je les ai examinés avec soin et les ai figurés dans la partie paléontologique de mon Voyage“, en les rapportant aux mêmes époques géologiques que M. Dufrenoy.

Si, dans le siècle passé, on possédait un bon nombre de renseignemens sur la partie occidentale et méridionale de l'Amérique , il n'avait pas encore été question de la région septentrionale, qui s'étend de Pest à lPouest, parallèlement au cours de lOrénoque, depuis le golfe de Paria jusqu'a Santa-Fe de Bogota. En effet, jusqu'au voyage de M. Alexandre de Humboldt, personne n'avait reconnu de fossiles dans cette portion du nouveau monde. Il était réservé à lillustre observateur de nous en dévoiler, au milieu de tant de faits nouveaux, les grands traits géologiques et paléontologiques. Dans sa relation, si justement célèbre”, M. de Humboldt annonce qu'il a découvert des fossiles du littoral de Cumana à la Guayra, près de Caracas,

1. Géologie de mon Voyage, p. 91. Toutes ces espèces sont figurées. Voyez pl. XIT, XII, XIV et XV.

2. Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1. VI, p. 916, Juin, 1828.

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