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qui viennent former toute la presqu’ile de los Jabalis. De ce point jusqu'à Punta rasa Géologie.
(pointe rase), le littoral de la mer, sur environ dix à douze lieues de longueur, est bordé de dunes de sable jaunätre, composé de grains quartzeux. En dedans des dunes le sol s'élève en pente très-douce vers l’intérieur; la superficie en est couverte de sable fin et à gros grains, et de petits cailloux porphyritiques noiràtres et roulés, semblables à ceux de la côte. Nulle part je n’aperçus de terre végétale. Si l’on fait une excavation, comme je lai vu par plusieurs puits creusés près de la Laguna blanca, à sept lieues de la. Bahia de San-Blas, sur la route du Rio Negro, on voit, après avoir traversé quelques centimètres de ce mélange superficiel de sable et de petits cailloux, une suite de grès tertiaires très-friables, dont on n’a pu trouver la fin. Lorsqu'on parvient à obtenir un peu d’eau dans ces puits, ce qui est difficile, elle est si salée que les bestiaux même ne peuvent en boire. M. Alfaro, qui a fait beaucoup de tentatives dans le but de fonder une ferme près de la Laguna blanca, n’a obtenu aucun résultat satisfaisant. Dans certains endroits la couche du dépôt superficiel manque; alors les grès eux-mêmes sont à nu sur d'assez grandes surfaces.
En suivant le littoral vers le sud, je vis, au lieu nommé Punta piedra (pointe de pierre), au-dessous des dunes, des amas considérables de galets roulés, de grès et de calcaire, amoncelés par la mer. Parmi ces galets je remarquai qu'il n’y avait que très-peu de débris de roches ignées, comme à la superficie du sol, mais que presque tous provenaient des couches tertiaires de la côte même. À la partie la plus avancée de la pointe, la marée basse découvre une grande surface de grès gris par couches horizontales sur la tranche, et analogues à celles que je remarquai dans la campagne, près de Laguna blanca.
De Punta piedra jusqu'aux falaises du nord (Barrancas del norte), c'est-à-dire à trois lieues au nord de l'embouchure du Rio Negro, le littoral est bordé de dunes mobiles, occupant jusqu'à une demi-lieue de largeur, surtout à Punta rasa (où elles ont leur plus grand développement). Aux Barrancas del norte, en dehors des dunes, on voit tout à coup paraître, au bord de la mer, une falaise élevée d'environ vingt mètres, offrant non-seulement une suite de couches à peu près horizontales, coupées perpendiculairement vers la mer, mais encore des bancs qui s'étendent au loin sous les eaux, lors des marées bassest. J'ai pris le plus exactement possible la composition géologique de cette falaise, et voici ce qui la constitue, en commençant par les couches les plus inférieures :
1. À la partie inférieure, à marée basse, s'étend un calcaire marneux, souvent très-dur, à cassure conchoïde, et pénétré, en tous sens, de belles dendrites noires. IL est disséminé par petites plaques épaisses de trente à quarante millimètres, au sein d’une couche de marne grossière, dont la puissance est moindre de deux mètres. Ces plaques, qui ressemblent en tout aux pierres lithographiques, prennent le plus beau poli, et offrent alors l’aspect le plus agréable par les dendrites dont elles sont ornées.