Voyez pl. If, fig
(56 ) Géologie. Souvent ces dendrites forment, au-dessus des plaques, eomme des amas de cristaux peu 7 prononcés. Pour reconnaître cette couche, je l’appellerai calcaire dendritique.
2. Au-dessus de la marne on remarque une couche d'environ quatre mètres de puissance, composée de grès gris quartzeux, à ciment calcaire, mélangé de grains verts et de grains noiratres. Cette couche, assez compacte, contient quelques ossemens de mamimifères très-rares. Je l’appellerai grès à ossemens.
3. Au-dessus du grès à ossemens existe une couche épaisse au plus d’un mètre; cette couche me parait être une dépendance de la précédente. Elle est de même couleur, seulement plus compacte, et renferme un grand nombre de restes de poissons et des coquilles d’eau douce du genre Unio et Chilina. Les premières surtout abondent; elles sont pourvues de leurs deux valves, et rien n’annonce qu’elles aient été charriées. Je nommerai cette couche grès à unio. Les espèces que j'ai recueillies dans ce grès sont : l'Unio diluvi, d'Orb.'; Chilina? (indéterminable).
4. Sur ces grès à unio reposent des grès azurés assez compactes, ayant une puissance de onze mètres. Je n’y ai remarqué aucune trace de corps organisés.
5.” Au-dessus des grès on trouve un calcaire compacte en plaques ou en rognons disséminés dans une argile très-grossière. Cette couche, d’un demi-mètre au plus de puissance, sera désignée, à l’avenir, sous le nom d’argile calcaire. Elle me parait être une dépendance du grès gris.
6. L’argile calcaire est recouverte encore par le grès gris ou bleu azuré, que j'appellerai grès azuré. Il est formé de grains de quartz assez fins et de débris de vieux porphyres noirs amphiboliques ou pyroxéniques?. Je n’y ai rencontré aucune trace de corps organisés. Il offre 1à seulement quatre mètres de hauteur, et, comme il est identique à celui que j'ai vu au-dessous du calcaire, je dois considérer le tout comme appartenant à la même couche.
Les falaises du nord, abandonnant brusquement le littoral, et se dirigeant à l’est, vers celles qui bordent la gauche du Rio Negro, je les laisserai momentanément, pour suivre la côte de la mer, afin d’avoir la continuité des couches vers le sud. Des falaises du nord les dunes recommencent jusqu’à l'embouchure du Rio Negro, sur environ trois lieues. Si l’on passe la rivière, on trouve encore, sur une lieue et demie de l’autre côté, un rivage composé soit de dunes basses, soit de galets roulés, appartenant en presque-totalité aux débris des falaises tertiaires de la côte du sud. On remarque surtout, dans ces galets, beaucoup de ces belles plaques de calcaire compacte, contenant partout des dendrites noires. Après avoir traversé ces dépôts modernes, constamment remués par la mer en furie, on arrive au pied des hautes falaises, appelées Barrancas del sur (falaises du sud), par opposition à celles du nord. Là règne, taillée presque perpendiculairement, une succession de couches qui paraissent être tout à fait horizontales sur la tranche, au pied desquelles vient battre
1. Voyez Paléontologie, pl. VIT, fig. 12, 13. Il est très-curieux de rencontrer, dans ces fossiles, le genre Chilina, spécial, jusqu’à présent, aux régions méridionales de PAmérique du sud. 2. Cest la détermination de M. Cordier. (Voyez le Rapport de l'Institut de 1834, pag. 27.)
( 57 ) la mer; aussi ne peut-on les étudier qu’à marée basse. J'y ai fait plusieurs voyages, et Géologie. j'ai examiné, avec le soin le plus scrupuleux, la superposition des couches et les COTPS organisés qui s’y rencontrent. L'ensemble présente une puissance de plus de soixantequinze mètres (voyez pl. Il, fig. 5). Voici l’ordre des couches, en commencant par les parties inférieures : |
1.” Lorsque la mer est très-basse, on voit à découvert une couche (fig. 5, couche a) épaisse de deux mètres, assez friable, composée d’un grès quartzeux, à ciment calcaire d’un vert pâle, contenant un grand nombre de fossiles bien conservés des genres Pecten et Ostrea, qui, pour la plupart, sont encore dans leur position naturelle et munis de leurs deux valves. Les espèces que J'ai recueillies sont : Pecten patagoniensis, d'Orb.; Ostrea Ferrarisi, d'Orb.1 J'appellerai cette couche grès marin.?
2. Au-dessus de ce grès, sur une épaisseur d’un mètre environ, est un grès trèsdur, grisätre (b), par couches horizontales, partout pénétré de dendrites noiratres peu distinctes. Je n’y ai reconnu aucune trace de fossiles. Je désignerai cette couche sous le nom de grès à dendrites.
3. Sur le grès se trouve le calcaire dendritique (c) déjà décrit à la Barranca del norte; seulement il se compose, en ce lieu, de deux couches bien distinctes, épaisses, chacune, d’un mètre environ. Ces couches sont formées : la plus supérieure, d’un calcaire marneux, ou mieux, d’une argile rosée; la seconde, de la même roche, mais blanche. Les deux couches renferment également des plaques de pierres lithographiques pénétrées de dendrites.
4. Au-dessus, git le grès à ossemens (d). Il à ici environ quatre mètres de puissance.
Je remarquai quelques ossemens de mammifères; mais, malgré tous mes efforts, je ne pus en obtenir aucun fragment assez entier pour qu'il fût déterminable. 5.” Le grès à unio se montre avec la même épaisseur et les mêmes fossiles qu'à la Barranca del norte; seulement ici les coquilles sont plus rares, tandis que les débris de poissons y sont au contraire plus nombreux; on en trouve les arêtes soit disséminées, soit agglomérées dans le grès. Elles sont de couleur jaune ou noiràtre.
6.” Le grès azuré (f), sur une épaisseur de plus de vingt-quatre mètres, ne contient pas de traces de fossiles. Il n’est ici traversé d'aucun banc calcaire, ou, du moins, je n’y ai rien observé de semblable.
7.” Sur le grès azuré est une couche (4) épaisse de deux mètres, composée d'argile calcaire peu ferme, mélangé de grains de quartz à sa partie supérieure; vers le milieu elle renferme, encore en position, des huîtres d’une grande taille, dont les feuillets sont remplis de très-jolies dendrites noires. J’appellerai cette couche calcaire ostréen. Elle ne recèle que mon Ostrea patagonica.3
8.” Au-dessus des bancs de calcaire, sur une épaisseur de quatre mêtres, reparaît
le grès azuré (f), alors d’une couleur très-intense.
1. Voyez partie paléontologique, pl. VIT, fig. 17, 18. 2. M. Darwin n'a pas vu celte couche; au moins n’en parle-t-il pas. 3. Voyez partie paléontologique, pl. VIT, fig. 14, 15, 16.