‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 225 sur 233 · Paléontologie, p · texte numérisé non relu

Paléontologie, p

Paon- dénote, sur ces différens points, pour cette époque, une unité de tempé-

tologie.

rature qui w’existe plus aujourd’hui, puisque la Colombie est sous la zone torride, que la France est relativement un pays tempéré, et que le détroit de Magellan est très-froid. J'ai déjà signalé, pour les terrains siluriens et dévoniens, laction de la chaleur terrestre centrale, concevable dans ces premiers temps de l'animalisation du monde. Je lai retrouvée, plus tard, avec les terrains carbonifères. L'étude que j'ai faite des terrains jurassiques d'Europe n'a également prouvé, par la présence de couches oxfordiennes, identiques en France et au nord des monts Ourals”, que le froid polaire n’existait pas encore

‘vers la moitié de la période Jurassique. Maintenant Je crois pouvoir arriver

aux mêmes conclusions pour les terrains crétacés inférieurs. [1 paraît donc certain qu'a l'étage néocomien la chaleur terrestre était assez forte, non-seulement pour annuller Pinfluence de la latitude au sein des parties tempérées , mais encore pour anéantir complètement Paction glacée des pôles.

Les terrains néocomiens sont remplacés, en Europe, par le gault. Cet étage si morcelé de la formation crétacée? paraît manquer en Amérique. I n’en est pas ainsi des craies chloritées, qui offrent un lambeau sur la Cordillère chilienne; mais alors, comme J'ai pu n'en assurer par des comparaisons, les faunes, loin de couvrir d'immenses surfaces du globe, paraissent se.restreindre; elles se divisent, en se morcelant de plus en plus, par bassins distincts,

jusqu'à la fin des terrains crétacés, marquée, en Amérique, par le premier

relief du système chilien des Cordillères” et par le dépôt guaranien‘, qui en est le résultat immédiat.

La nature, en effet, cessant quelque temps d’être en repos, le retrait des matières amène encore de vastes affaissemens dans Pouest; et une ligne de dislocation, longue de cinquante degrés, fait surgir la Cordillère orientale, en amenant, par suite du balancement des eaux sur les continens alors émergés, et dans le fond des bassins maritimes de PAmérique, des couches ferrugineuses qui ne contiennent aucune trace de corps organisés. Cest le commencement de la période tertiaire, époque à laquelle les mammifères étaient inconnus. Le calme renaît ensuite. Le nouveau monde présente des

1. Chargé par MM. Murchison et de Verneuil de l'examen et de la publication des richesses paléontologiques qu’ils ont rapportées de leurs explorations des terrains jurassiques de Russie, la comparaison m’a conduit à ce résultat curieux.

2. Voyez Paléontologie française, terrains crétacés, t. 1, p. 450 et 639.

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