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CHAPITRE VIT

Côtes occidentales de l'Amérique méridionale, du Chili, de la Bolivia et du Pérou. Description du versant occidental de la Cordillère.

Ÿ. 1. Côtes du Chik.

Tant de voyageurs se sont occupés de Valparaiso, le seul point où j'aie touché les côtes du Chili, qu'il ne me resterait qu’à répéter ce qui a été dit plusieurs fois; aussi vais-je y passer rapidement, afin d'arriver plus tôt aux points où mes travaux, devenant plus généraux, en embrassant un vaste ensemble, pourront présenter plus d'intérêt géologique.

Vues de la mer, à quinze ou vingt kilomètres de distance, la côte et toute la Cordillère représentent une grande ligne horizontalement divisée en trois étages; l’un bas, assez uniforme, composé de la côte; l’autre intermédiaire, peu accidenté, appartenant au second plan; et, enfin, le troisième et le plus haut, constituant la Cordillère. Celui-ci présente une chaîne peu déchirée, où, de distance en distance, s'élèvent des sommilés coniques neigeuses. Comparée aux Pyrénées, vues de Rabastins (Hautes- Pyrénées), aux Alpes bernoises, vues du Jura, la Cordillère en diffère complètement sous le rapport de ses reliefs. De ces trois chaines, la moins accidentée est, sans contredit, la Cordillère, tandis que les Alpes sont, au contraire, celles qui offrent le plus de pointes déchirées.

L'ensemble de la côte de Valparaiso présente aux yeux, à peu de distance, comme dans le panorama que j'en ai donné', une longue suite de collines peu différentes en hauteur, une ligne peu variée, sur laquelle on voit à peine s'élever quelques points, et encore seulement de quelques mètres au-dessus du reste, non sous forme de mamelons, mais comme de très-légers dômes. Cet ensemble, d’un aspect très-monotone et dénué de végétation, atteint de cinq à huit cents mètres au-dessus du niveau de la mer, et représente une croupe, un plateau d’abord assez mollement ravinés dans l’intérieur. Plus on s'approche du littoral, plus les ravins se creusent, et les parois en sont alors abruptes jusqu’au littoral, où des roches granitiques (de diorite, de pegmatite et d’eurite?) à nu sont très-escarpées ou coupées presque perpendiculairement vers la mer, qui en bat le pied, en beaucoup d’endroits.

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