ILI. Géologie
( 90 ) Géologie. quina, dans le port de Concepcion, au 36. degré 45 minutes de latitude sud. Ces ——— fossiles sont renfermés en deux couches, l’une formée d’un grès dur verdätre micacé, à ciment calcaire, et contenant, avec de nombreux fragmens de bois, les espèces suivantes :
Natica araucana', d'Orb., pl. XIT, fig. 45. Mactra Cecilleana, d'Orb., pl. XIV. Fusus difficilis, d'Orb., pl. XIT, fig. 11, 12. Chenoconcha Largillierti, d'Orb., pl. XIV. Pyrula longirostra, 'Orb., pl. XIT, fig. 13.
Trigonia Hanetiana”, d'Orb., pl. XIT, fig. 17, 18.
Cardium acuticostatum, Y'Orb., pl. XI, fig. 19—22.
L'autre couche est composée de grès jaunâtre moins dur, plus calcaire, dans lequel se trouvent :
Venus auca, d'Orb., pl. XIE, fig. 17, 18. Cardium auca, d’'Orb., pl. XI, fig. 14, 15. Cardium acuticostatum, d'Orb., pl. XIF,fig.19— 22. Cyprina incerta, d'Orb., pl. XIV. Arca araucana, d'Orb., pl. XI, fig. 1, 2.
Comparaison faite de toutes ces espèces avec les coquilles actuellement vivantes sur celte même côte, je les ai trouvées tout à fait différentes, non-seulement sous le rapport des espèces, mais encore pour les formes génériques, puisqu'on ne rencontre plus, aujourd’hui, dans cette partie des côtes chiliennes, de Vatica, de Fusus, de Pyrula, de Trigonia, de Cardium, ni d’Arca. Ce fait annoncerait une faune assez ancienne, que je rapporte néanmoins, d’après sa composition zoologique, à la formation tertiaire, et que je croirais contemporaine des couches fossilifères du £ertiaire patagonien de la Bajada et de la Patagonie.i |
En résumé, sans connaitre la superposition, l’inclinaison des couches de grès de l’île de Quiriquina, port de Concepcion, je crois pouvoir affirmer, d’après les fossiles, que ces couches sont tertiaires, que leurs espèces éteintes pourraient les faire regarder comme contemporaines du tertiaire patagonien des Pampas, et qu’on ne peut nullement les rapporter à la période géologique actuelle.
Lorsque j'étais à Valparaiso, en 1833, le capitaine d’un trois-mâts baleinier du Hâvre voulut bien me donner un gros tronçon de bois fossile et une huître énorme qu’il avait recueillie sur la côte du Chili, non loin de l'ile de la Mocha, au sud du 38.° degré de latitude australe. Cette huiître, de plus de trente centimètres de longueur, rencontrée sur une côte où il n'existe pas d'espèces de ce genre, m'a également prouvé que des grès tertiaires de la même époque que ceux de l’ile de Quiriquina, se montraient encore fort au sud de ce point, circonstance qui n’est pas pour moi de mince intérêt, puisqu’elle donne plus de valeur à un fait.
1. Elles sont toutes figurées pl. XIT, XIIT, XIV de la Partie paléontologique.
2. La présence du genre Trigonia dans les terrains tertiaires est un fait curieux, et que je crois avoir le premier signalé. Il est vrai qu’il n’a rien d’étonnant, puisqu'il existe une trigonie vivante.