Voyez première partie, p
Je dois à la complaisance de MM. Gaudichaud et Hanet Cléry la communication de Géologie. nombreux fossiles recueillis à Coquimbo, au nord de Valparaiso (29 degrés 55 minutes de latitude sud). M. Darwin! dit que ces terrains tertiaires, déposés en terrasses parallèles, sont le produit de soulèvemens partiels du sol; qu’ils forment un front vers la côte; que des coquilles actuellement vivantes se trouvent sur le dessus, engagées dans le calcaire tendre, que cette couche de l’époque tertiaire la plus moderne passe à une autre inférieure, contenant avec celles d'aujourd'hui, des espèces éteintes. Par leur aspect, leur dureté, leur composition, les fossiles de Coquimbo que j'ai étudiés appartiennent évidemment à trois couches distinctes.
La première ou la plus inférieure, formée d’un grès très-grossier, très-dur, de couleur grise, composée de gros grains de quartz et de feldspath agglutinés par un eiment calcaire, renferme, à l’état de conservation assez parfait ou à l’état de moule, les espèces suivantes :
Bulla ambigua, d'Orb., pl. XIT, fig. 1—3. Venus Petitiana, d’'Orb., pl. XIE, fig. 9, 11.
Fusus Cleryanus, d'Orb., pl. XIF, fig. 6, 9. Lucina chiliensis, d’'Orb., pl. XIIT, fig. 12, 13.
Fusus Petitianus, d’Orb., pl. XIE, fig. 10. Cardium auca, d’Orb., pl. XHE, fig. 14, 15.
Venus Hanetiana, d'Orb., pl. XUT, fig. 3, 4 Mya coquimbensis, d’Orb., pl. XIV.
Venus incerta, d'Orb., pl. XI, fig. 5, 6. Tellina Hanetiana, d'Orb., pl. XIV.
Venus Cleryana, d'Orb., pl. XI, fig. 7, 8. Oliva serena, d’Orb., pl. XIV.
Lucina auca, d’'Orb., pl. XIV. Perna Gaudichaudi, d’Orb., pl. XV.
La seconde couche, qui parait être supérieure, se compose d’un grès très-friable, mélangé de parties calcaires dont la couleur est jaune assez foncé, et ne ressemble en rien à la couche inférieure. Je ne possède qu’une seule espèce de cette couche. C’est une grosse térébratule, voisine de celle qui vit de nos jours sur la côte.
La troisième couche est un conglomérat de débris et de coquilles entières, appartenant toutes aux espèces qui vivent actuellement dans la mer. C’est principalement le Crepidula dilatata, Lamarck.
Si Je dois juger des couches d’après les fossiles, j'en conclurai nécessairement que la plus inférieure ne contient aucune des espèces de la côte actuelle, et qu’elle sembie appartenir au même àge que les terrains fossilifères de la Bajada, de la Patagonie, et surtout de l’ile de Quiriquina, puisque toutes ces faunes sont dans les mêmes conditions, et qu'une espèce, le Cardium auca, est commune entre Pile de Quiriquina et Coquimbo. J'en conclurai encore que la seconde et la troisième couche se distinguent de la première par leur composition toute différente, et par leurs fossiles, qui appartiendraient à l’époque actuelle. Quant au passage que M. Darwin croit voir, de l’une à l’autre, j'aurais d'autant plus de raison d’en douter, que les fossiles et la nature de la roche m'indiquent le contraire. Quoi qu'il en soit, il est certain que la côte de Coquimbo a des couches tertiaires de deux àäges différens, les unes contenant des espèces dont les analogues sont perdus, les autres renfermant des coquilles dont les analogues existent
sur la même côte.