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Ces déterminations sont celles de M. Cordier

est formée de wackes amygdalaires violacées, contenant des cristaux de feldspath dissé- Géologie. minés, et des amandes très-nombreuses et très-apparentes de carbonate de chaux, de ———— calcédoine; elles sont souvent à l’intérieur tapissées de cristaux de quartz, et renferment,

en outre, assez fréquemment, de l’épidote fibreuse, de la céréotite (hydrate d’alumine

et de silice). L'ensemble en est traversé par un grand nombre de filons et de veines de

fer oligiste écailleux ou en belles lames d’une grande dimension, d’épidote, de carbo-

nate de chaux, de jaspes, de carbonate de fer, de gypse, de scories rouges amygdalaires, dont la pâte est en partie décomposée, ét de masses scoriacées rougeàtres, renfermant des pyrites ferrugineuses décomposées et passées à l’état d’hydrate de fer.

Une course que je fis jusqu'à mi-montagne, à l’effet de visiter une excavation prati-

quée pour l'exploitation d’une prétendue mine d’argent, me procura de beaux échantillons de carbonate de cuivre et du fer oligiste lamelleux, renfermés dans une gangue quartzeuse. Je vis, tout auprès, un très-large filon courant obliquement de haut en

bas, dans le sein de la montagne, et composé d’une syénite décomposée jaunâtre ou

roche feldspathique.

Une mine de cuivre exploitée à trois lieues au nord de Cobija, à mi-hauteur, dans une gorge de la montagne porphyritique, me montra de beaux échantillons de cuivre sulfuré ou de sulfure de cuivre? ferrifère, mêlé d’un peu de carbonate de cuivre, dans une gangue quartzeuse.

Pour me résumer sur les faits géologiques observés à Cobija, je dirai :

1.” Des mamelons coniques de diorite (FF) se montrent sur plusieurs points de la côte, et sortent en dehors des galets; c’est la roche la plus ancienne de l’ensemble; elle paraît former de grandes masses dont on ne voit que les sommités, le reste étant caché sous les eaux. On pourrait croire que ces masses préexistaient au soulèvement des Cordillères.

2. Les mamelons de porphyres syénitiques qui, en petites chaines (ax) dirigées est et ouest, transversalement à la direction des Cordillères, sillonnent le littoral, soi: au sein des conglomérats, soit dans les eaux, peuvent être postérieurs aux diorites, tout en ayant précédé le soulèvement des Cordillères. Du reste, je n’attache ‘aucune importance à cette opinion, qui ne serait que la déduction des caractères de la roche elle-même, puisqu'il est également possible que ces chaînes transversales à la direction des Cordillères ne soient que le résultat de fentes produites par la dislocation des roches porphyritiques, remplies par ces matières syénitiques.

3.° Les montagnes (CC), composées de roches porphyritiques ou de wackes anciennes amygdalaires très-variées, sont évidemment les derniers contre-forts du versant occidental

de la Cordillère. Ce sont ces roches qui, sous diverses formes, occupent une très-grande

1. M. Itier regarde cet ensemble de roches comme ressemblant beaucoup à ce qu’il a trouvé au mont Cenis.

2, L'exploitation de ce minerai donne souvent 49 pour cent; mais le manque de combustible

l'empêche d’être productif.

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surface des Cordillères, sur une grande longueur du littoral. J’ai, du moins, la certitude qu’elles se montrent depuis Coquimbo, Cobija, Arica, pour ainsi dire sur toute la suite de la Cordillère, jusqu'à Lima, et peut-être beaucoup au-delà. Ces montagnes s'élèvent à Cobija de mille mètres environ au-dessus du niveau de la mer; elles se recouvrent d’un immense plateau sablonneux, qui appartient au désert d’Atacama, et s'étend dans les terres, en pente assez peu inclinée, jusqu’au village de Calama, où les roches porphyritiques reparaissent jusqu’au sommet de la Cordillère.?

4. IL est évident que l’ancien rivage de la mer était le pied même des montagnes porphyritiques, ce qui me semble prouvé par la présence de cailloux roulés jusqu’à ce point, par les coquilles des espèces actuellement vivantes qu’on rencontre encore sur les mamelons basaltiques où elles ont vécu, par leurs bancs de débris bien au-dessus du niveau actuel des mers, et par leurs restes disséminés partout sur le sol entier (BB).

5. S'il est certain que tous les terrains en pente (BB), compris entre la mer et les montagnes, sont l’ancien rivage de la mer, on doit supposer, pour l’ensemble, un exhaussement qui ne serait pas moindre de deux cents mètres; il faudrait supposer encore que ce soulèvement n’a point été graduel, puisqu'il n’y a qu’une seule pente des montagnes à la mer; mais qu’il résulterait d’une seule et même cause fortuite, ce qui, du reste, serait parfaitement indiqué par les coquilles qui, non roulées, existent sur le rocher auquel elles adhéraient à l’état de vie, lorsque les eaux couvraient le tout.

6.” Il me reste à parler d’un fait postérieur aux dépôts que je viens de décrire, et qui ne m'a pas moins beaucoup intéressé, en ce qu'il rentre dans le domaine de la géologie. On sait que, depuis les temps historiques les plus reculés, il ne pleut jamais sur tout le versant occidental des Cordillères, depuis l'extrémité méridionale du désert d’Atacama jusque très-près de l'équateur; on sait aussi que les seules vallées fertiles sont arrosées par la fonte des neiges de la Cordillère même; on sait enfin que tout l'intervalle de ces vallées est couvert soit de collines sèches, comme celles de Cobija, soit de sables mouvans, transportés au gré des vents. Je dus donc être étonné de trouver

partout, au milieu d’un sol brûlé et sans aucune végétation, dans la direction des

ravins les montagnes de Cobija, des lits de torrens dont les traces sont évidentes. Leur profondeur, souvent de plus de quatre mètres sur six ou huit de largeur, annonce un volume d’eau assez considérable, pour que des blocs d’un énorme volume aiert pu être transportés. D’un autre côté, l’on peut remonter à l'époque de ces cours d’eau, par la réunion des faits environnans, qui témoignent que ces torrens ont sillonné le sol, non-seulement lorsqu'il avait déjà pris les formes actuelles, mais encore lorsqu'il était couvert de la faune terrestre d'aujourd'hui. On en a la preuve, en ce que ces mêmes eaux ont charrié de nombreux restes du Bulinus derelictus, dont les coquilles, à moitié fossiles, blanches et décolorées, sont amoncelées et mélangées au sable transporté sur les bords du torrent. Il est dès-lors de toute évidence que ces cours d’eau ont existé sur un sol où l’on ne trouve plus aucune trace d'humidité, et où maintenant

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