‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 46 sur 233 · Géologie. I · texte numérisé non relu

Géologie. I

Géologie. littoral. J'en avais senti un assez fort pendant mon séjour à Arica, durant lequel J'éprouvai une oscillation horizontale très-marquée. J’appris, plus tard, que les tremblemens de terre longent seulement la côte, et qu'ils sont d'autant plus intenses qu’on se trouve plus rapproché de la mer; ainsi les secousses capables de renverser les maisons au port d’Arica, causent beaucoup moins de dégâts dans la ville de Tacna. Elles diminuent d'intensité d’une manière sensible, en remontant vers les Cordillères, sont peu appréciables à Palca, et, vers la Paz, sur la chaîne orientale, les habitans n’ont jamais senti aucune commotion!. Il est probable que, si ce sont les tremblemens de terre qui ont ainsi fendu, partagé et fait ébouler les roches de la Quebrada de Palea, ce phénomène doit s'être manifesté lors des secousses analogues à celles qui ont détruit plusieurs fois la ville d’Arica. Ces morceaux, séparés du reste, deviennent de moins en moins nombreux, à mesure qu’on s'enfonce dans le ravin; en s’élevant vers le sommet, à quelques lieues, on n’en trouve déjà plus aucune trace.

À l'entrée du ravin de Palca, toutes les montagnes sont composées de syénites?, qu'on traverse l’espace de trois lieues. Ces roches forment des masses énormes, déchirées, qui se dressent de chaque côté. Au-delà de Choluncoy, je remarquai, sur le coteau nord, des roches stratifiées, rougeûtres, dont l’escarpement au-dessus du ravin ne me permit pas de recueillir d'échantillons; mais que je crus néanmoins être des conglomérats porphyritiques, et cela avec d'autant plus de raison, que des porphyres violacés, analogues à ceux de Cobija, se montrèrent ensuile jusqu’à Palca, où ils forment toutes les montagnes des environs. Au-delà de ce village, situé à mi-hauteur de la chaîne, on marche, pendant quelques lieues, au fond du ravin, sur des roches porphyritiques.ÿ Ces roches et leurs conglomérats se continuent sur une grande surface; on les traverse en abandonnant le ravin, pour retrouver ensuite au-delà, quelques points de syénite, qui disparaissent à leur tour, et font place aux porphyres, jusqu’au sommet de la côte de Cachun, qui forme la partie la plus élevée du versant occidental des Cordillères, avant de descendre sur le plateau occidental, situé lui-même à une hauteur moyenne de quatre mille quatre cents mètres au-dessus de l'Océan, et se composant entièrement

de roches trachytiques.

(. À. Résumé géologique sur le versant occidental des Cordilleres.

Tout en offrant des différences énormes dans sa composition, dans ses accidens, le versant occidental des Cordillères de l'Amérique méridionale, depuis le 12.° jusqu’au 34° degré de latitude sud, paraît se rattacher à un ensemble de phénomènes qui se

généralise d'autant plus qu'on approche des époques plus récentes.

1. Je puis citer, à l'appui de ce fait, le travail statistique du docteur Indaburro, inséré dans El Iris de la Paz, 1829 , n° 1, travail où l’auteur dit positivement : « Vo se conoce niguno vol- «can, ni menos se esperimentan temblores y teremotos.”

2. Toutes les roches granitiques porteront, avec la teinte rouge de carmin, le n° 1.

3. La teinte rose violacée et le n.° 2, distingueront les roches porphyritiques.

Si, avant de parler des roches de sédiment, je passe en revue toutes les roches Géologie. d’origine ignée, je vois que : 1.” des roches granitiques, des diorites, des pegmatites, des eurites, et surtout des syénites, apparaissent sur un très-grand nombre de points, mais principalement aux parties inférieures de la pente, près de la mer. Ce sont, en effet, ces roches qui constituent les collines de Valparaiso !, qui représentent une bande longitudinale aux Cordillères, à dix lieues dans l’intérieur de Coquimbo?, qui forment des pointes au nord de Cobijaÿ, à l'entrée du ravin de Palca‘, près de Tacna. On remarquera qu’elles sont dans tous ces lieux situées à l’ouest des porphyres, avec lesquels elles se trouvent presque toujours en contact immédiat, comme si elles avaient servi de limites aux éruptions des porphyres.

2.” Des roches porphyritiques très-variées se montrent à Coquimbo : elles composent une chaîne de montagnes parallèle à la côte de Cobija”, ou des collines transversales à l’ouest du même point; elles continuent ensuite, sans interruption, sur le versant occidental des Cordillères, à Iquique, au Morro d’Arica, sur la pente de Palca, jusqu'au sommet de la Cordillère6. Je les ai retrouvées à Islay7, sur la côte du Pérou, et même jusqu'aux environs de Lima, où elles forment les premiers contre-forts des montagnes, et se prolongent souvent jusqu’à la côte. On peut dire qu’elles constituent à elles seules la majeure partie de la masse du versant occidental de la Cordillère. Toutes leurs chaînes courent généralement nord et sud, au moins jusqu'au 21°.

3. Près de Tacna9, et sur une lisière nord et sud, de six à huit lieues de largeur, au pied même des derniers contre-forts syénitiques ou porphyritiques de la Cordillère, J'ai rencontré des collines composées de roches et de conglomérats trachytiques. Ces collines sont absolument de même nature que tout le plateau occidental des Cordillères, et que la partie occidentale du grand plateau bolivien. On pourrait attribuer ces restes, situés au pied occidental de la chaîne, près de Tacna, à la cause qui a formé les grandes surfaces de trachytes constituant tout le sommet proprement dit de la Cordillère. A Tacna, comme au faite des Andes, les conglomérats ponceux recouvrent les trachytes proprement dits et sont en couches peu inclinées ou horizontales.

Les roches de sédiment du versant occidental des Cordillères sont les suivantes :

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