‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 6 sur 233 · Le père Feuillée, Histoire, etc., t. HE, p · texte numérisé non relu

Le père Feuillée, Histoire, etc., t. HE, p

Au sortir des dunes, on aperçoit, sous la terre végétale souvent d’une grande épais- Géologie. seur, une argile analogue à celle que j'ai trouvée autour du Cerro où peut-être Pargile pampéenne à ossemens.

Aux renseignemens qui précèdent se bornent mes observations sur la géologie de Montevideo. Depuis, M. Arsène Isabelle m'a communiqué un fait très-curieux que ses fouilles lui ont fait découvrir sur la colline de Montevideo et près du Cerro. En creusant dans la cour de sa propre maison, à trois quadras' du fort de San-Jose, et à environ quatre ou cinq mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer, il a trouvé une couche d'argile calcaire blanchätre, se délitant facilement à l’eau, remplie de gros grains de quartz isolés, de paillettes de mica, et d’un grand nombre de débris de coquilles. Sous cette couche, sur le gneiss, se trouve un banc de coquilles bien conservées, ayant encore leurs couleurs, parmi lesquelles j'ai reconnu les espèces suivantes: Natica Isabelleana, d'Orb.; Trochus patagonicus, d'Orb.; Siphonaria Lessoni, Blainv.; Baccinum deforme, King? et Achmæa subrugosa, d'Orb.?, toutes espèces vivant actuellement soit sur la côte de Patagonie, soit sur celle de Maldonado et du Brésil, en dehors de l'embouchure de la Plata, dans les eaux salées.

M. Isabelle, ayant bien constaté ce dépôt moderne, voulut s'assurer s’il se trouvait également au même niveau, de l’autre côté de la baie, au pied du Cerro. Ses recherches ne furent point infructueuses. Il reconnut autour du Cerro, à la hauteur de quatre ou cinq mèlres au-dessus du niveau des eaux actuelles, une couche horizontale, composée d’un grand nombre de coquilles entières, non roulées, parmi lesquelles j'ai reconnu les espèces suivantes : Buccinanops globulosus, d'Orb.; Ostrea puelchana, d'Orb.; Mytilus edulis, Linn.5, coquilles que j'ai retrouvées vivant actuellement dans la mer, soit à Maldonado, soit au sud de la Plata, sur la côte de la Patagonie.

La présence de ce dépôt de coquilles, tout à fait identiques à celles qui vivent actuellement sur les côtes maritimes voisines, n’a pas seulement ici la même importance que les dépôts du même àge, que je signalerai, par la suite, sur plusieurs points du littoral de la Patagonie et de l’océan Pacifique. Il s’y rattache peut - être des considérations d’un autre genre. Si les mêmes espèces vivaient actuellement à Montevideo, comme il arrive des espèces fossiles de la même époque des dépôts de Patagonie et des côtes occidentales de l'Amérique, on pourrait dire qu’un soulèvement partiel les a laissées où elles sont; mais il n’en est pas ainsi. Montevideo actuel est un point où l’eau est si peu chargée de parties salines, qu’on y trouve des coquilles identiques à celles qui vivent aujourd’hui jusqu'à Buenos-Ayres (l’4zara labiata), et que les coquilles marines qu'on y voit encore sont réduites à des espèces du genre Solen, et à des Balanus qui supportent, à ce qu'il paraît, plus que les autres, une eau presque douce; ainsi toutes les espèces fossiles que j'ai signalées, non-seulement ne vivent plus près

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