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La quadra vaut environ 150 de nos mètres

2. Voyez à leur égard la partie zoologique des Mollusques, etla partie Paléontologique de mon voyage. 3. Rien ne peut faire distinguer cette espèce du Mytilus edulis de nos côtes.

Géologie. de Montevideo, mais sont toutes purement marines et propres aux côtes baignées

par l’eau salée, soit à Maldonado, où l’on commence à en retrouver quelques-unes, soit sur les côtes maritimes de la Patagonie. De cette différence il serait permis de conclure qu’à l’époque où se déposaient les coquilles de Montevideo et du Cerro, l’eau salée remontait jusqu’à ces points, et dès-lors, beaucoup plus haut qu'aujourd'hui, puisque les mêmes espèces ne commencent à vivre qu’à plus d’un degré en dehors des eaux fluviales. Ce fait se rattacherait à la grande question des dépôts marins de läge actuel, et porterait à croire qu'il a fallu un exhaussement général de l’ensemble audessus du niveau des mers actuelles, pour que, dans un lieu où vivaient des coquilles marines, les eaux douces de la Plata soient venues les remplacer.

En résumé, les environs de Montevideo m'ont offert des collines de gneiss, appartenant, sans aucun doute, à la continuité du système primitif de roches déjà décrit à Maldonado, et sur lequel repose, à la hauteur de quatre à cinq mètres au-dessus de la Plata, un banc de coquilles marines, contenant, en tout, les espèces qui vivent actuellement sur les côtes maritimes, à plus d’un degré en dehors de ce point, en s’avançant vers l'embouchure, et distinctes de celles qui vivent dans la haie même de Mon: tevideo.

Bassin méridional de la Banda oriental ou de la République orientale de L Üruguary.

J'ai traversé par terre la surface de ce bassin dans toute sa longueur, depuis Montevideo jusqu'à Las Vacas, c’est-à-dire sur une étendue de plus de cinquante lieues, en marchant de l'est à l’ouest. Pour mieux me faire comprendre, je vais suivre mon itinéraire , en passant en revue tout ce que les terrains m'offriront successivement ; et je finirai par un résumé, qui donnera une idée de la composition de l’ensemble.

En partant de Montevideo, la terre végétale couvre partout le sol; pourtant, aux ondulations des légères collines, on pourrait croire qu’elles sont composées des mêmes roches qu'à Montevideo; fait dont on acquiert la certitude à Piedras, où lon trouve des roches granitiques à sommets arrondis. Quelques lieues avant d'arriver à Canelones, l’horizontalité de la campagne, les argiles que je remarquai dans quelques petits ravins, me firent reconnaître la présence de cette couche argileuse de couleur grise ou rougeàtre, remplie de concrétions calcaires, appartenant à la dernière époque des terrains tertiaires, qui forme tout le fond des Pampas proprement dites, et contient de beaux restes de megatherium et de tatous gigantesques. À en juger par les allures du sol, cette argile, que je nomme pampéenne, non-seulement occupe tout lintervalle compris entre les plaines de Canelones et le ruisseau de Canelon grande, mais encore paraît s'étendre au loin vers le nord'. La nature des berges du ruisseau de Canelon

1. J'avais d'autant plus de raison de rapporter ce terrain à l'argile des Pampas que, depuis mon passage, le n° 2551 de l'Universal de Montevideo (31 Mars 1838), donna la description d’un tatou gigantesque (j'en parlerai à la Paléontologie), dont MM. Bernardo Berro, TFadeo

chico et de Canelon grande, tous deux affluens du Rio de Santa-Lucia, me la firent Géologie. encore reconnaître. Au-delà, l’horizontalité de la plaine se remarque jusqu'au Rio de Santa-Lucia. Pourtant le lit de cette rivière, la plus forte de toutes celles qui se trouvaient sur la route que j'avais à suivre, me montra un sable quartzeux à gros grains et beaucoup de galets de granite, de gneiss et de quartz, provenant évidemment de ces roches; ce qui me fit croire que les collines formant la ligne de faite du partage des eaux vers le nord, sont de même nature que celles de Montevideo et de Maldonado.

Au sortir du Rio de Santa-Lucia, les plaines argileuses horizontales reparurent et continuèrent à se montrer sur les deux tiers de la distance qui sépare cette rivière de celle de San-Jose (Saint-Joseph); mais, à six lieues environ du Rio de San-Jose, on voit, comme aux environs de Maldonado, sortir de terre, de distance en distance, des mamelons granitiques : les uns en dômes arrondis ou en cône très-écrasé, à surface presque polie; les autres, beaucoup plus petits, paraissant des blocs isolés, dont aucune partie n’est anguleuse, comme s'ils eussent été roulés ou usés par une cause quelconque. D’autres de ces masses ont la forme d’un champignon , étant très-élargies vers le haut, tandis que leur base est fortement évidée. Deux ou trois lieues de suite je vis les mêmes blocs granitiques au sommet d’une légère colline. Ils se rapprochèrent et me semblèrent alors appartenir à une espèce de chaine dont l'ensemble se dirigeait, en s’élevant, vers le nord, tandis qu’elle s’abaissait et disparaissait vers le sud.

Au-delà de ces rochers les plaines se montrèrent de nouveau jusqu’auprès de San- Jose, où des terrains d’alluvion me cachèrent le sol. Le Rio de San-Jose, de même que le Rio de Santa-Lucia, charrie du sable quartzeux à gros grains et beaucoup de fragmens de gneiss et de granite. Le terrain s'ondule de nouveau, près de cette rivière, comme aux environs de Maldonado et de Montevideo. En effet, San-Jose est situé sur une colline élevée; et, à peu de distance au-delà, les autres collines paraissent composées de gneiss rougeätre. Néanmoins, dans les parties basses, on aperçoit quelques blocs isolés de granite, lrop gros pour avoir été apportés, et qui, dès-lors, appartiennent au sol, ou ont été transportés par des forces tout à fait différentes des courans actuels. Ces blocs erratiques sont semblables à beaucoup de ceux que j'avais vus la veille, et la présence de plus grandes masses à peu de distance ôterait toute idée d’un transport éloigné.

De San-Jose jusqu’à l’Arroyo Pabon je traversai des collines remplies de rochers granitiques, formant des mamelons plus ou moins élevés, sans néanmoins dépasser jamais quatre à six mètres au-dessus de la terre végétale, qui cache partout le sol. Lorsque cette terre est enlevée par les eaux, on remarque soit une argile onctueuse, remplie de fragmens de quartz et de feldspath, provenant de la décomposition du granite, soit des traces du dépôt de l'argile pampéenne. Le ruisseau de Pabon même coule entre des rochers graniliques, dont la surface est arrondie et polie. Du ruisseau de Pabon jus-

Vilardebo et Arsène Isabelle ont été reconnaitre les restes, sur les bords du Pedernal, affluent du Rio de Santa-Lucia, distant de dix-sept lieues de Montevideo; ce qui prouve évidemment que ces terrains s'étendent au loin, dans la vallée du Rio de Santa-Lucia.

IT Géologie.

Géologie.-qu'à celui del Rosario je traversai des collines diamétralement à leur direction et j'y ___ rencontrai des mamelons granitiques arrondis, dont plusieurs avaient encore la forme d’un champignon, comme s'ils eussent été taillés. En foulant tantôt des collines ondulées, tantôt des lieux couverts des mêmes rochers granitiques, j’arrivai près d’un ruisseau, où le granite me montra une teinte noirätre dans certaines parties, et dans d’autres la couleur rougeätre des blocs que j'avais vus jusque-là. Un peu avant d’arriver au ruisseau de Saint-Jean, je passai une colline de même nature, qui n’est que la continuité de celle où est située la ville de la Colonia del Sacramento. Je crus, en conséquence, que les petits îlots de San-Gabriel, voisins de cette ville, devaient être granitiques; opinion dans laquelle, plus tard, plusieurs personnes me confirmèrent, en m'assurant qu’ils sont composés de la même roche que l’ile de Martin Garcia, dont j'ai vu beaucoup de fragmens. C’est un granite bleuâtre, à petits grains, très-compacte. Les roches granitiques cessent tout à fait de se montrer, non loin du Rio de San- Juan. La plaine devient unie. Dans tous les endroits où les ravins me le permirent, je rencontrai l'argile pampéenne à ossemens de mammifères, qui forme le sol des environs de Buenos-Ayres et celui des alentours de Canelones; puis je la reconnus partout jusqu’à las Vacas, où je terminai mes courses dans la Banda oriental. Cette argile fait effervescence ; elle est souvent assez dure, toujours grise ou rouge, fréquemment caverneuse

et remplie de concrétions calcaires. Je n’y ai jamais vu de traces de gypse. 1

Résumé sur l'ensemble du versant méridional de la République orientale de l’'Uruguay.

Le versant méridional de la république orientale de l'Uruguay forme une surface allongée, bornée au nord par de petites montagnes, d’où partent les eaux, pour se diriger vers la Plata. Cette surface représente la moitié d’un bassin, dont le cours de la Plata viendrait représenter le fond, tandis que les Pampas, sur la rive occidentale de ce fleuve, en compléteraient l’autre côté. Je vais chercher maintenant, si les faits géologiques sont en rapport avec cette supposition. J'ai déjà dit que tous les environs de Maldonado et de Montevideo sont composés de gneiss, soulevés, en quelques endroits, par des mamelons de granite ou de pegmatite; que les collines qui forment ces roches se rattachent à l’extrémité orientale du bassin et ne sont que les derniers rameaux des chaines brésiliennes du Cerro Largo, dont un autre bras, se dirigeant à l’ouest, sert de limites vers le nord. Les renseignemens obtenus sur les lieux me portent à croire que ce dernier rameau est, vers l’est, composé de gneiss, comme à Montevideo; mais, si lon suppose que les roches granitiques qui sont à découvert entre le Rio de Santa-Lucia et le Rio de San-Jose, et qu’on retrouve encore dans tout l'intervalle compris entre

1. Je signale ici ce fait, afin qu’on ne puisse pas confondre deux couches d’argile bien distinctes entr’elles par leurs époques, dont Pune, rougeûtre, sans gypse, appartient au dépôt supérieur , tandis que l’autre est inférieure à la formation marine de ces contrées.

( 27 ) cette dernière rivière et le Rio de San-Juan, s'étendent vers le nord jusqu’au faîte de Géologie. partage du bassin, on sera disposé à regarder l'extrémité occidentale de cette chaine comme se formant des mêmes roches granitiques que J'ai retrouvées sur une grande surface; roches qui composent les mamelons ou ilots de San-Gabriel et de Martin Garcia, et s'étendent jusqu’au bord de la Plata, depuis l'embouchure du Rio de Santa-Lucia jusqu’à la Colonia del Sacramento.

Suivant ces observations, l'extrémité orientale des limites du bassin se composerait de gneiss, tandis que l’extrémité occidentale serait formée de roches granitiques. De plus, cette dernière roche viendrait représenter un grand massif occupant tout l’intervalle compris entre les affluens du Rio de Santa-Lucia et du Rio de San-Juan, et montrerait une languette entre le Rio de San-Jose et de Santa-Lucia; ces deux dernières parües courant nord et sud, dans une direction diamétralement opposée à celle de la chaine. L'examen des couches qui recouvrent ces roches montre des traces des grès tertiaires marins, constituant le fond du grand bassin des Pampas, seulement près de Punta Gorda\, où ils sont la suite du massif de la province d’Entre-Rios, tandis que les argiles à ossemens se déposaient partout à la superficie des Pampas proprement dites, sur des centaines de lieues carrées. Cette argile est aussi venue combler et niveler d’un côté toutes les parties basses des vallées actuelles du Rio de San-Jose et de Santa-Lucia , et toutes les parties occidentales et méridionales du petit bassin dont je m'occupe en ce moment. Les argiles à ossemens étant les couches tertiaires les plus modernes du bassin des Pampas, ainsi que je le prouverai plus tard, on devrait regarder l’ensemble du versant méridional de la république orientale de lUruguay comme les dernières limites orientales du grand bassin tertiaire des Pampas.

La coupe longitudinale des terrains, depuis Maldonado jusqu’à Las Vacas (avec les teintes portées sur la carte n.° 1), fera connaître clairement cette partie. (Voyez Géologie, planche de coupes, n.° 2, fig. 1.)

1. M. Darwin dit (loc. cit, p. 171) qu’à Punta Gorda, où je ne suis pas allé, il a trouvé, à la partie inférieure, une argile rouge à nodules de marne, en tout identique à celle des Pampas, recouverte de calcaire blanc, contenant de grandes huitres d’espèces éteintes et d’autres coquilles marines, le tout recouvert, de nouveau, par l’argile à ossemens des Pampas. Il est évident pour moi qu'il y a erreur dans le rapprochement de M. Darwin. Si la couche argileuse supérieure est analogue à celle des Pampas, il n’en est pas ainsi de l’inférieure; elle est, sans aucun doute, fa même que j'ai trouvée sous les huîtres, dans la province d’Entre-Rios; mais alors elle appartient au grand dépôt marin antérieur à l'argile pampéenne, et ne peut, sous aucun rapport, dépendre de la même époque, comme je le prouverai plus tard, en décrivant les terrains de la province d’Entre-Rios.

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