‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 62 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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Géologie. comme mamelonnés des plus curieux, par ces ondulations de quelques centimètres, qui se remarquent en lignes parallèles à chaque feuillet, et qui forment en dessus des mamelons très-prononcés. Ce sont les mêmes que j'avais vus près de Lagunillas, sur les coteaux du Pilcomayo.!

Je parcourus sur une assez grande surface la vallée de Santa-Lucia, qui débouche à l’ouest, dans la vallée de Miraflor. Elle m'offrit, dans toutes ses parties, au nord, des fragmens de pegmatite de diverses couleurs, avec beaucoup de tourmaline noire, cette substance se présentant soit en cristaux allongés, soit en fibres rayonnantes, J'étais au pied d’une des montagnes granitiques dont j'ai parlé : elle s'élève, en effet, au nord et présente, de ce côté, plusieurs pics très-déchirés. Les débris de ces mêmes roches et la figure des montagnes me firent également croire que les points culminans, au nordouest et à l’ouest, en sont aussi composés.

En iraversant la vallée de Santa-Lucia et me dirigeant du village au sud, je trouvai un très-beau développement des calcaires compactes supérieurs des roches triasiques, dont les fragmens couvrent tout le sol et proviennent, sans doute, de la colline qui suit parallèlement au Rio de Miraflor, au nord de la vallée de Santa-Lucia, et constitue un assez vaste massif. Je ne pus gravir cette colline, mais son aspect me la fit croire composée des argiles bigarrées qui supportent les calcaires compactes dont je viens de parler. Ces calcaires me montrèrent un assez grand nombre de traces de mollusques fossiles. La dureté de la pierre m’empêcha d'en recueillir un très-grand nombre; néanmoins j'en avais fait une collection intéressante, que j’eus le malheur de perdre en route; el je ne puis maintenant citer que les échantillons qui, placés dans ma poche, n’ont pas eu le sort des autres et sont arrivés jusqu’à Paris. Ils renferment, au point que la roche en est composée, une espèce de Chemnitzia, que je nomme Chemnitzia potosensis?. Elle est par petits bancs épais de deux centimètres, qu’on trouve quelquefois libres sur le sol. Les autres fossiles que je me rappelle avoir vus, sont des bivaives : c’est tout ce que ma mémoire me permet de dire.

Ainsi les terrains triasiques, sous la forme d'argile bigarrée, avec ses gypses, sous celle de calcaires feuilletés et ondulés ou bien de calcaires compactes, bleuâtres, à grains fins, contenant des fossiles, et principalement des Chemnitzia, remplissent une immense surface, des deux côtés de la vallée de Miraflor et même à l’ouest, autour du Tambillo. Les couches en sont diversement inclinées, mais elles paraissent venir s'appuyer partout sur les pegmatites, et s’y être déposées postérieurement à la saillie de ces roches graniques. De ce fait et de celui du soulèvement bien certain des phyllades de l'étage silurien et des grès dévoniens, par les roches granitiques de la chaine de l’ilimani, on pourrait conclure avec certitude que les roches granitiques sont sorties, sur ces deux

points entre l’époque des derniers dépôts dévoniens et les premières couches des terrains triasiques.

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