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On met deux jours à la remonter avec des charges

4. Voyez partie historique, pl. 18. On passe le torrent à laide d’un tronc d’arbre jeté sur des blocs de marbre.

Géologie. d'Añasco, des grès rougeàtres friables, que je regarde comme carbonifères. Ils occupent

ensuite en couches peu inclinées au nord, toutes les dermières collines, jusqu’un peu au nord de la mission d’Ascencion, où elles se cachent insensiblement sous les alluvions modernes de la province de Moxos. Les galets ne sont transportés par les eaux que jusqu’au confluent du Rio Coni et du Rio San-Mateo; au-delà, dans tout le cours du

Rio Chapare jusqu'au Mamore (lespace de plus d’un degré), on, ne voit, sur les.

berges basses de la rivière, que des sables modernes ou des alluvions de l’époque actuelle.

En résumé, dans cette excursion géologique, la plus rude à faire, vu la multiplicité d'énormes accidens de terrains, j'ai trouvé peu de différence dans la composition de l'ensemble, comparée à mon voyage aux affluens du Securi.

De même les terrains siluriens, représentés par des phyllades schistoïdes bleuâtres ou noirs, par des feuillets satinés ou par des grès phylladifères mucacés, contenant des fossiles, se montrent sur tous les points élevés de la chaîne du contre-fort de Cochabamba, depuis la vallée de Sacava jusqu’à la Palma ou sur la moitié de la pente.

De même les roches dévoniennes formées de grès ont un lambeau au sud, près de Cotani, et forment au nord, sur les terrains siluriens, les dernières montagnes du versant.

De même encore les roches carbonifères, représentées par des grès friables, achèvent les dernières pentes rocheuses de la Cordillère dans les plaines.

Cette parfaite identité peut faire croire, avec une presque certitude, que tout l’intervalle doit appartenir aux mêmes formations.

Les seules différences sont ces deux mamelons isolés, l’un de quartz, l’autre de marbres anciens, qui viennent saillir, au Ronco et à la Tormenta, au milieu des roches phylladiennes. Pour ces roches, je ne sais même à quel àge les rapporter. Si, les marbres peuvent, en effet, rentrer sans inconvénient dans la série des roches siluriennes, il west pas aussi facile d'en dire autant des roches quartzeuses. Peut-être devra-t-on en faire des roches d'injection, qui se sont intercalées entre les grandes dislocations des phyllades, comme on l’a déjà vu pour la montagne de Potosi.

Î. 4. Voyage géologique des plateaux de Cochabamba aux plaines de Santa-Cruz de la Sierra; ou coupe est et ouest des contre-forts orientaux de la Cordillère (cent quarante lieues de marche dans la direction à l'est).

(PL. IX, fig. 2.) Avant de me diriger de Cochabamba vers les derniers contre-forts de la Cordillère de Santa-Cruz de la Sierra, je crois devoir dire un mot du plateau spécial de Cochabamba. Ce plateau, élevé à Cochabamba de 2575 mètres de hauteur absolue, se com-

pose des trois vallées de Cochabamba, de Clisa et de Sacava, dont Cochabamba est la partie la plus basse, puisqu'elle reçoit les eaux des deux autres vallées. L'ensemble,

(165 ) long de plus d’un degré, de l’est à l’ouest, et d’une largeur moyenne de six à huit Géologie. lieues, est borné, au nord, par les roches siluriennes, dont le redressement constitue : la partie la plus élevée des montagnes et les sommets neigeux du contre-fort de Cochabamba. Au sud, à l’est et à l’ouest, il est partout bordé de hautes collines appartenant aux grès dévoniens, dont les couches plongent, le plus souvent, au sud, sous une

assez faible pente. J'ai dit que cet ensemble se compose de trois vallées disunctes; en effet, une légère colline de grès dévonien, qui traverse le plateau de l’est à l’ouest, depuis l’extrémité orientale jusqu’à Cochabamba, sépare, à la fois, les vallées de Clisa et de Sacava, et ces deux dernières de celle de Cochabamba.

Tout le nivellement de ce plateau, composé de limon rougeàtre d’une très-grande épaisseur, est souvent recouvert d’alluvions modernes. Les recherches que J'ai faites ne m'ont donné aucune trace de fossiles; néanmoins, si j'en juge par analogie, je dois croire qu’en visitant avec soin les ravins de la vallée de Clisa, la plus dénudée des trois, on trouverait des ossemens de mammifères. C’est dans cette opinion que je donne provisoirement au fond de la vallée la même teinte qu’au grand plateau bolivien et au terrain pampéen. Considérée orographiquement, la vallée de Cochabamba devait former un lac, dont les eaux se sont ouvert une issue à l'extrémité occidentale au Rio de Putina, et ont laissé la vallée à sec, comme elle l’est aujourd’hui. Son nom même, en quichua ou langue des Incas, explique le fait, et donne lieu de croire que cette rupture est postérieure aux temps historiques. Cochabamba est un mot corrompu par les Espagnols, et venant de Cocha, lac, lagune, et de Pampa, plaine, plateau; ainsi, dans l’ancienne langue, on disait Cocka-Pampa ou le lac de la plaine. Il résulterait de l’ensemble que les vallées de Clisa et de Sacava ne seraient que Îles étages supérieurs d’un plateau, dont les eaux, au lieu de suivre la direction générale à l’est, vont à l’ouest, jusqu’à ce qu’elles puissent joindre la pente orientale générale dans les plaines de l’est.

En partant de Cochabamba, et en traversant, à l’est, l'Angostura ou défilé du Rio de Tamborada, qui conduit à la vallée de Clisa, je vis la partie basse des collines monirer, sous les grès dévoniens, les couches de phyllade schistoïde bleuätre en décomposition, sur quelques mètres de hauteur. Une fois dans la vallée de Clisa, je la traversai dans toute sa longueur, de l’est à l’ouest, sur une argile limoneuse rougeàtre très-fertile (peut-être mon terrain pampéen), en longeant la petite colline de grès qui sépare la vallée de Sacava. Au-delà d’Arani, dernier bourg de la plaine, et déjà à un demi-degré à l’est de Cochabamba, je gravis la colline d'enceinte du plateau à son extrémité orientale la plus élevée; je trouvai partout des grès dévoniens durs, en couches, qui me parurent plonger au sud, jusque sur le petit plateau de Baca, où sont plusieurs lacs d'étage. Ce plateau, plus élevé que celui de Clisa, est borné au sud par les collines de grès dévonien, que je venais de passer, et au nord par des montagnes plus hautes, qui me parurent encore formées, près du village de Baca, de grès dévoniens, tandis que les sommités semblaient l'être de phyllades; ce dont pourtant je ne pus n'assurer posiuvement sur ce point; mais J'en acquis la certitude un peu plus à l’est, dans la vallée de Pocona.

Géologie.

Après avoir traversé le plateau de Baca!, je gravis la chaine de Pocona, et en suivis la crête à l’est-sud-est, pendant au moins six lieues. Elle est composée, pour les parties inférieures, de terrains dévoniens, pour la sommité de grès friables rougeàtres ou blancs, que je rapporte provisoirement à l’époque des grès bigarrés?, et dont les couches me semblèrent presque horizontales et discordantes, dès-lors, avec les grès durs inférieurs, l’ensemble plongeant néanmoins au sud-ouest. De cette crête, je voyais, au sud, une petite chaîne parallèle, dont la forme orographique me rappela les terrains dévoniens, tandis qu’au nord, la plus haute chaine de Coripaloma me montra, sans aucun doute, ses phyllades en couches plongeant aussi au sud-ouest. Ces trois montagnes sont placées parallèlement les unes aux autres.

En descendant au fond de la vallée de Pocona, je reconnus effectivement que la chaîne de Coripaloma, qui n’est que la continuité de celle de Baca, est entièrement composée de phyllade de l’époque silurienne, jusqu’à l'endroit où elle s'achève vers lest. Il en est de même de la chaine plus septentrionale de Machacamanca, et de toutes les montagnes qui s'élèvent au nord. Au sud, au contraire, jusqu’à Totora, je trouvai toute la base des montagnes formée de terrains dévoniens, tandis que la nature friable, blanchätre et toute différente des sommités, me présentait des grés bigarrés. Je parcourus avec soin les environs de Totora, et j'y obtins beaucoup de renseignements précieux sur les lieux que je n’ai pu voir. J’appris par une personne instruite, et connaissant parfaitement bien le pays, Don Manuel Soria, que les terrains de phyllades se montrent au nord sur loute la chaîne orientale, jusqu’à une petite distance de la Yunga de Choque-Oma; que ces phyllades sont, plus au nord, recouverts de grès, sans doute dévoniens. J’appris encore que les phyllades paraissent au sud dans le lit du Rio de Mizque et de ses affluens, ainsi que dans celui du Rio grande, tandis que les crêtes des montagnes sont partout formées de grès. Ces renseignemens, tout vagues qu'ils puissent être, me devinrent d'autant plus précieux qu’ils me permettaient de juger, par ce que je voyais de ce que pouvaient être les parties voisines qui m'étaient inconnues.

Aux environs de Totora, je trouvai des grès dévoniens qui m'offrirent, dans les couches les plus inférieures, des empreintes de spirifer, de térébratules et de crinoïdes. Ces grès dévoniens sont partout recouverts, au sommet des montagnes, des grès friables argileux de l’époque du trias. Je remarquai que ces derniers sont en couches presque horizontales et discordantes avec les grès dévoniens. Je les rencontrai sur toutes les sommités comprises entre Totora et le Rio de Copachuncho, environ cinq

1. Cest une faute d'impression qui (partie historique, p. 489) me fait donner 4700 mètres d’élévation au plateau de Baca, dans la comparaison que j’en fais avec celui de la Paz. Lisez 3709 mètres.

2. Je rapporte ces grès à l’époque triasique, par suite de leur superposition et de lanalogie de leur contexture et de leur couleur rougeâtre, en tout semblables à celles des grès que j'ai trouvés partout ailleurs avec les argiles bigarrées ; mais je ne le fais qu'avec doutes.

lieues. En descendant au lit de la rivière par une pente des plus abrupte, je traversai Géologie. les couches de grès bigarrés, les couches de grès dévoniens, el me vis au fond du torrent sur les phyllades schistoïdes de l’époque silurienne. En remontant de l’autre côté, j'observai de nouveau les trois systèmes, et remarquai le grès friable presque blanc sur

toutes les sommités, représentant des mamelons en couches horizontales, ou plon-

geant légèrement au sud-sud-est'. Ces mêmes grès, qui reposent souvent sur des lambeaux d’une argile également blanchätre, parurent au sommet des montagnes jusqu'au Durasnillo. Je crus devoir rapporter ces argiles aux argiles bigarrées du trias. Dès-lors tous les grès friables de ces régions qui lui sont supérieures, appartiendraient

à la même époque. Cest cette dernière observation qui m'a décidé à mettre tous ces

grès dans le trias. Je n'ai, du reste, aucun fossile qui puisse me guider à cet égard.

En descendant au Rio de Challuani, j’abandonnai à mi-côte les grès bigarrés, traversai toute la série des terrains dévoniens, et rencontrai les phyllades de chaque côté de la rivière, sur une hauteur d’une dizaine de mètres, plus ou moins. Je suivis le lit du Rio de Challuani, au bourg du même nom et jusqu’à la Viña perdida, c'est-à-dire environ sept à huit lieues, et je trouvai partout la mème uniformité. Je gravis ensuite la chaîne de hautes collines qui sépare le Rio de Challuani du Rio de Chilon, et vis la sommité couverte de grès friables bigarrés, tandis qu’en descendant se montrèrent à moi, de l’autre côté, ces couches de terrains dévoniens, parmi lesquelles sont des grès phylladifères très-durs, micacés et noiratres, divisés par feuillets, dans lesquels existent un très-grand nombre de fossiles. J’y reconnus les espèces suivantes :

Actinocrinus P pl. IT. Orthys Humboldti, d'Orb., pl. IT.

Orthys inca, dOrb., pl. IE Terebratula peruviana, d’Orb., pl. IE.

Orthys pectinatus ; d'Orb., pl. IT.

Les couches de grès bigarrés se voient encore sur les sommets, et les grès dévoniens dans les parties basses, l’espace de plus de huit lieues, jusqu’au Rio de Chilon et au bourg du même nom. Ici les grès dévoniens sont remplis de rognons de fer hydraté.

A l’est du Rio de Chilon, je gravis une très-petite colline. Les parties inférieures en étaient encore formées de grès dévoniens, plongeant à l’est-nord-est, les sommités de grès bigarrés, plus ou moins argileux. Les coteaux peu inclinés du Rio de Pulquina me montrèrent une vaste surface couverte d'argile bigarrée blanchàtre. Elle se manifeste sur une grande partie des coteaux, à l’est et à l’ouest, jusqu’à la plaine de Pulquina, et me parut être, en ce lieu, inférieure aux grès blanchâtres argileux.

Le Rio de Pulquina coule dans une large vallée remplie de sable d’alluvion sur une largeur de près d’une lieue. De l’autre côté, on gravit à l’est une légère colline entre des mamelons de grès bigarrés; puis on en passe deux autres, au sein d’un vaste plateau, s’élevant graduellement vers une chaine, que je reconnus facilement pour le dernier bras élevé de la Cordillère de Cocapata ou du contre-fort de Cochabamba. Sans doute qu’au milieu de cette plaine s'était opérée une faille, ou qu’elle a

1. J’évalue la hauteur de cette plate-forme étroite, spéciale aux graminées, à environ 3000 mètres.

Géologie été le pourtour d’un bassin; car je trouvai toute la chaine composée de grès dévoniens en couches plongeant à l’est, recouvertes, au sommet, des grès carbonifères rougeûtres, non argileux, formant des mamelons arrondis, qui se continuaient au loin vers le sud , 20° est, jusqu’à Valle grande. Le sommet de cette chaîne, où se trouve le hameau de San-Pedro, est au niveau des graminées; néanmoins je ne le suppose pas de plus de 3000 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer.

A l’est de ce dernier point est une vaste vallée, celle de Tasajos, où, sur une lieue de largeur, sont des sables d’alluvion qui ont nivelé l’ensemble. Au-delà se montre la chaîne de San-Blas, également dirigée au sud 20° est, et composée de grès dévoniens en couches plongeant à l’ouest 20° sud environ. Par suite des dislocations si communes dans ces contrées, le Rio de Tasajos, qui coule à l’est-sud-est, profite d’une interruption dans la chaîne; il tourne brusquement à l’est-nord-est, et passe de l’autre côté, où il se dirige au nord. Le défilé (4ngostura) qu'il laisse dans sa traversée de la chaîne, est très-étroit, et j'y revis les roches siluriennes de phyllade sur plusieurs points, où elles apparaissent au même niveau de chaque côté de la rivière, mais seulement aux parties les plus basses.

En sortant du défilé de Tasajos, j'arrivai dans la grande vallée de Pampa grande, où coule le Rio de Tembladeras, ainsi nommé de son sable mouvant, dans lequel on enfonce de manière à y périr. C’est, en effet, une surface de près de deux lieues de large, couverte de sable, sans doute détaché des grès carbonifères et dévoniens, qui forment les collines de chaque côté, et sur tous les premiers affluens de cette rivière, au sud. Ce sont de véritables terrains d’alluvion ou, tout au plus, des couches diluviennes très-modernes.

A l’est s'élève la très-haute colline de Vilca, qu’on pourrait presqué appeler une montagne. Elle se dirige sud-sud-est, et se compose de couches de grès plongeant à l’ouest; celles-ci formées, pour les parties orientales, de grès durs dévoniens, recouverts à l’ouest de grès rouges carbonifères qui, en même temps, couronnent toutes les sommités. La vallée de Vilca, située au pied, est, en tout, analogue à celle de Pampa grande. Je la traversai diamétralement à sa longueur; puis je gravis une côte couverte de grès friables argileux, très-variés dans leurs teintes, alternant avec les argiles bigarrées diversement colorées, en couches plongeant très-fortement à l’ouest-sud-ouest. Je vis, par places, des rognons de gypse disséminés dans l'argile, ce qui me fit croire que c’étaient bien des argiles bigarrées; mais jy cherchai en vain des traces de corps organisés. Les mêmes terrains se continuèrent jusqu'à Samaypata, le dernier lieu habité avant de descendre dans les plaines de Santa-Cruz, dont je n'étais plus qu’à vingt lieues '. Samaypata est aussi le dernier point élevé des contre-forts de la Cordillère. Son niveau, vu sa culture, paraît être un peu plus bas que Cochabamba, ou n'avoir pas plus de 2500 mètres

d’élévation absolue. ?

1. On compte quarante lieues de Samaypata à Santa-Cruz, dont vingt de montagnes et vingt de plaines.

2. On conçoit que toutes ces hauteurs, uniquement basées sur des comparaisons de culture, n'ont rien de positif. Ce ne sont que des évaluations incertaines.

De Samaypata, l’on descend rapidement vers la plaine; néanmoins, c’est la partie Géologie. la plus accidentée de tout le trajet depuis Cochabamba, et, dès-lors, la plus difficile à bien décrire, sous le rapport de la composition géologique, toutes les roches de sédiment ayant éprouvé de très-nombreuses dislocations, et n’offrant, le plus souvent, que des lambeaux de chacune des formations. Néanmoins, comme j'y ai passé deux fois, en comparant les notes recueillies dans ces deux voyages, je vais chercher à expliquer ce que j'y ai vu.

En descendant de Samaypata, on prend, de suite, le ravin profond du Rio de Samaypata, et l’on foule partout des roches de grès dévoniens, blanchâtres, en couches généralement inclinées à l’est-nord-est. Ces grès sont recouverts d’autres couches, qui me parurent être en discordance de stratification, et forment le sommet du Cerro de lInca et des montagnes qui encaissent le ravin. Je crus pouvoir les rapporter à l’époque carbonifère. Elles ont souvent des parties si rouges, colorées qu’elles sont par les hydrates de fer, que les habitants y avaient cru voir une mine de mercure. En marchant sur les terrains dévoniens, et descendant toujours, dans le lit même du torrent, pendant près de huit lieues, j'arrivai au confluent du Rio Colorado et du Rio de Samaypata, qui prend alors le nom de Rio de Laja. J’avais atteint les dernières limites des terrains dévoniens, puisque les phyllades de l’époque silurienne se moñtraient dans le lit de la rivière, et de là, sans interruption, jusqu'un peu au-delà du Rio de Piojera, où les roches siluriennes finissent par se cacher tout-à-fait sous les roches dévoniennes.

Du Rio Colorado, ne pouvant suivre le Rio de Lajà, je montai vers de hautes montagnes dites de las Habras? (des ouvertures). Je traversai des grès dévoniensÿ, et me trouvai bientôt sur des argiles bigarrées rouges, ou diversement colorées, contenant des cristaux de gypse, immédiatement inférieurs à des grès argileux friables, également bigarrés et surtout de couleur rouge, qui forment tout le sommet de la montagne. Ce sont des pics élancés à sommets arrondis, formés de couches presqu'horizontales, dont la roche, partout à nu, est coupée perpendiculairement sur ses flancs. Rien de plus imposant que ces masses, élevées de plus de cent mètres, qu’on a nommées /a Cueva, la cave, par suite des éboulemens qui figurent, sur ses flancs, comme des arcades ou des portiques irréguliers. Je retrouvai des argiles bigarrées, jusqu’au versant oriental de la côte de las Habras. Les couches horizontales des grès, au milieu d’une nature disloquée, offrent le contraste le plus singulier.

En descendant, la riche végétation de ce lieu m'en cacha la composition géologique ;

1. C'était l’ancien chemin, mais on la abandonné, par suite des nombreux accidens dont il a été le théâtre, et à cause de la nécessité périlleuse de traverser incessamment la rivière sur les phyllades bleus en décomposition, sur lesquels on glisse, en courant risque d’être entrainé par les eaux du torrent.

2, Cest effectivement une chose curieuse que cet étroit défilé entre deux mamelons de grès bigarrés.

3. Peut-être les grès carbonifères s’y trouvent-ils; mais Je ne les y ai pas vus.

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