‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 71 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

Voyez p

Géologie.

Géologie. leur puissance, mais très-approximative. Je prends les couches des supérieures aux

inférieures :

1° Un grès quartzeux, peut-être de l'étage carbonifère, friable, occupant le sommet de la montagne. Je crus pouvoir en évaluer la puissance à cent mètres. .

2. Un grès quartzeux dévonien, souvent très-dur, passant insensiblement à des grès plus fins, plus micacés, de plus en plus disposés en feuillets vers les couches inférieures, qui, en bancs épais d’un mètre au plus, renferment des couches fossilifères. Cet ensemble peut avoir sept à huit cents mètres de puissance. Les couches inférieures sont presque phylladifères, et m'ont présenté des fossiles des genres Sprrifer et Terebratula.

3. Les terrains siluriens, qui ont plus de frois cents mètres de puissance, jusqu’au niveau du Rio Grande. Ils se composent, pour les parties supérieures, de phyllades schistoides en décomposition, par feuillets ondulés et tourmentés. De ces parties friables on passe à des phyllades compactes arénifères, traversés de nombreux filons de quartz, et offrant, sur beaucoup de points, du sulfate de fer en efflorescence, provenant, sans doute, de la décomposition des très-nombreuses pyrites qu'ils renferment.

Il est à remarquer qu’en cet endroit le Rio Grande traverse les montagnes dans leurs parties les plus élevées, et qu’il s’est creusé un lit des plus profond, peu au-dessus de son niveau, dans la plaine de Santa-Cruz. Arrivé au bas de la côte, je remontai de vastes plages couvertes de galets, appartenant surtout aux grès dévoniens et aux phyllades ou présentant d’étroits défilés, où la rivière roule avec fracas entre deux montagnes si rapprochées, qu'on y a établi une maroma!, pour la passer à l'instant des crues. Rien n’est, je crois, comparable à lencaissement de l’ensemble de cette rivière, la plus volumineuse de toute la république de Bolivia, puisqu'elle reçoit les eaux de près de la moitié des montagnes boliviennes. En regardant de l’autre côté,

j'aperçus les terrains de phyllades jusqu’à mi-hauteur dans le coteau.

En remontant sur l’autre rive, par des pentes des plus abruptes, les couches plongeant encore à l’est, je traversai des phyllades de l’époque silurienne jusqu’à la Pampa-Ruis, espèce de petite vallée, située à mi-montagne?. Là s’achèvent les roches phylladiennes, en feuillets très-tourmentés, et lon commence à rencontrer les grès dévoniens. Je remontai une demi-journée dans un ravin profond, encombré de fragmens, sans les abandonner, jusqu’au sommet de la montagne, où s’offrit à mes yeux un vaste plateau, dominé par des mamelons de grès en couches presqu'horizontales, qui forment une espèce de petite chaîne peu élevée. Je suivis les mêmes terrains jusque près du hameau de

Nuebo mundo, où les grès plongent légèrement à l’est, et, par leur nature diversement

1. La maroma est une corde de lianes tendue d’un côté de la rivière à l’autre, et qui sert à y attacher un panier dans lequel on passe le voyageur, ainsi suspendu au-dessus du gouftre, à la hauteur de plus de quarante mètres; moyen de transport plus ou moins commode et agréable pour le voyageur européen.

2. Je n’y ai pu parvenir qu'après six heures de marche, en partant du Rio Grande.

colorée, ainsi que par les argiles dont les collines voisines étaient partout couvertes, me Géologie.

semblèrent devoir être une dépendance du trias. En effet, je trouvai, de tous côtés, des argiles onctueuses jusqu’à la côte du Pescado, où les grès dévoniens reparurent jusqu’au bourg même du Pescado, situé dans une belle vallée dirigée à l’est-sud-est.

En parcourant les environs, je rencontrai, dans le lit de la petite rivière, les phyllades de l'étage silurien, et j'appris que ces mêmes roches se montrent sur une grande partie de son cours, soit qu’on la descende, soit qu’on la remonte. En gravissant la côte au-delà du Rio del Pescado, je revis les grès dévoniens, qui couronnent toutes les hauteurs, jusqu’au sommet de la chaîne de Tomina, dont la direction est sud-est. En descendant de l’autre côté, je recueillis dans les couches inférieures une empreinte de spirifer parmi les grès dévoniens, qui alors sont presque phylladifères, et reposent , un peu plus bas, sur les terrains siluriens. Cette dernière formation occupe nonseulement le lit de la rivière de Tomina, mais encore une grande largeur de chaque côté. En suivant des yeux la ligne de démarcation des roches phylladiennes bleuâtres et des grès, on s'assure qu'une très-grande longueur de la vallée est uniformément composée de ces deux formations. Les renseignements que j'obtins des habitants, me donnèrent la certitude que de Tomina jusqu’au Rio Grande les terrains siluriens apparaissent dans la rivière. On m’assura encore qu’il en était ainsi de tous les autres cours d’eau.

En remontant l’autre rive du Rio de Tomina, je traversai des terrains identiques ; seulement je remarquai que les grès dévoniens avaient beaucoup diminué de puissance, tandis que les terrains siluriens étaient de plus en plus épais, et occupaient les deux tiers de la hauteur de la montagne de Sauce-Mayo. Aux couches les plus supérieures des phyllades, je rencontrai un grand nombre d'empreintes en plaques minces.

Toutes ces couches de phyllades sont fortement tourmentées, plissées de telle manière qu’elles sont quelquefois presque perpendiculaires, tandis qu’elles plongent généralement à l’est-sud-est. Les grès dévoniens sont peu disloqués, en couches très-régulières et presqu'horizontales.

En remontant du Rio de Sauce-Mayo au sommet de la côte de Tacopaya, je ne foulai que les terrains siluriens, tantôt en phyllades schistoïdes bleus, grisàtres, en feuillets minces, noirâtres, et alors décomposés, tantôt passant aux grès phylladifères jaunâtres, toujours plongeant à l’est-sud-est, et contenant souvent des rognons de fer hydraté. La sommité seule de la chaîne est couverte de grès dévoniens, ayant, tout au plus, cinquante mètres de puissance, et en couches presqu'horizontales. Je remarquai encore, soit sur les grès, soit sur les roches phylladiennes, des traces d’un dépôt aqueux, représentées par ces petits sillons interrompus dont Jai déjà parlét plusieurs fois.

De Tacopaya, où le lit de la rivière est formé de roches siluriennes, traversées de filons de quartz, je remarquai que toutes les couches changent de direction, qu’elles

Page 1