‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 72 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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Géoiogic. ne plongent plus à l’est-sud-est, mais bien à l’ouest; aussi les couches se présentaient-

elles à moi sur leur tranche. J’observai que les plus inférieures sont formées d’un phyllade très-dur, compacte, disposé en feuillets, et se cassant toujours en morceaux rhomboïdaux des plus réguliers. Au-dessus sont des phyllades schistoïdes noirâtres en décomposition, sur lesquels, à la cime de la montagne, s'étendent des couches de phyllade brun, noirätre, en feuillets, contenant, en très-grande abondance, des empreintes de corps organisés, principalement des espèces suivantes :

Prionotus dentatus, d’Orb., pl. IX. Lingula dubia, d’Orb., pl. Il. Lingula marginata, dOrb., pl. I.

Lingula Münsterü, d’Orb., pl. IL

Ces couches fossilifères forment des bancs énormes.

Au-delà de Ïa côte de Tacopaya, je passai deux autres montagnes dont l’ensemble est dirigé parallèlement. Je m'élevai toujours davantage, jusqu’à la dernière, où commence un plateau couvert de graminées. En traversant ces deux chaînes, j'avais trouvé les couches plongeant à l’ouest, composées, pour les plus inférieures, des phyllades de l’époque silurienne, tandis que les sommités sont couvertes de grès dévoniens, en couches beaucoup moins inclinées que les phyllades, tout en plongeant à l’ouest. Ces grès sont ici très-quartzeux el compactes. À la troisième côte, j'avais atteint, sur les grès dévoniens, le faite du partage des eaux. Tous les torrents que j'avais passés depuis le Pescado, dépendaient du grand bassin du Rio Grande, tandis que tous ceux qui me resaient à franchir, allaient au Rio de Acero ou au Pilcomayo. La chaîne, qui arrive à la température de la Puna ou aux plantes graminées épineuses, me parut être beaucoup plus élevée que Chuquisaca, et j'en évaluai la hauteur absolue à 3200 mètres environ.

Du sommet de cette chaîne, je suivis des plateaux peu accidentés jusqu’à Tarabuco. Tous les points saillans sont composés de grès dévoniens, compactes. Il en est de même de la distance qui sépare Tarabuco de Yamparais; néanmoins, par suite de la dislocation des grès, J'aperçus les roches de phyllades près de Yamparais même, et j’y recueillis ces singuliers fossiles du genre Cruzianæ , que j'avais observés au sommet des montagnes de Cochabambat, et qui caractérisent les assises fossilifères inférieures des roches siluriennes.

De Yamparais jusqu'à Chuquisaca, capitale de la république, je suivis le sommet d’une crête sur les grès dévoniens seulement. Un assez long séjour aux environs de Chuquisaca me montra partout des grès dévoniens sur les hauteurs, tandis que, dans tous les ravins, on voit les roches siluriennes apparentes. Au-dessus de Chuquisaca, sur le chemin de Yamparais, sont deux montagnes, dites los dos cerros; elles dominent la ville, et sont entièrement composées de grès dévoniens, dont les couches, très-compactes, plongent, d’un côté, au nord, et de l’autre, au sud. À leurs bases, très-près de

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