‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 73 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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la ville, sont des bancs d’une argile verdätre ou mieux d’une roche verdàtre en décom- Géologie.

position, qui me parut être une dépendance des grès dévoniens; car je ne revis les terrains siluriens que bien au-dessous, dans le lit du petit ruisseau qui se trouve à un kilomètre environ plus bas que Chuquisaca, sur la route de Potosi.

De Chuquisaca je me rendis à Potosi, distant de trente et quelques lieues, par un chemin très-accidenté. Pour faire ce trajet, on descend vers le ravin de Chuquisaca, où les terrains siluriens, composés de phyllade schistoïde, sont à découvert, sur une assez grande surface. En remontant au-delà de la côte de Tejar, on voit les grès dévoniens, qu'on n’abandonne plus, jusqu’à l'instant où l’on descend vers le Rio Cachimayo. Le lit de cette rivière, et les coteaux de chaque côté, à une assez grande hauteur, sont encore composés des mêmes terrains siluriens, en couches presque verticales; mais, en remontant la haute colline de Calera, on revoit les grès dévoniens qui couronrient toutes les montagnes, en couches plongeant à l’est-nord-est. Du sommet de la côte, le sentier descend vers la Quebrada seca, dont on suit le fond pendant quelques lieues. On y reconnait, de nouveau, les terrains siluriens, toujours sous la forme de phyllade schistoide noiràtre, en couches fortement disloquées, tourmentées, plongeant au nord-est. Dans ce profond ravin, où je foulai les phyllades schistoïdes, jusqu’au Rio Pilcomayo, ces roches sont très-plissées, par couches plus ou moins décomposées, mais ne contenant aucune trace de fossiles. J’y vis, sur les feuillets, ces petits sillons formés par les eaux de la mer, lorsqu'elle se retire’. Ils sont là surtout très-marqués.

En débouchant dans le lit du Rio Pilcomayo, l’un des plus grands torrents de la république, je traversai une plage large de deux kilomètres, couverte de galets, et très-encaissée, de chaque côté, par de hautes montagnes. Après avoir suivi plus d’une lieue le cours de la rivière, je commençai à gravir, à l’ouest, la côte du 7Zerrado, ce qui me demanda une grande demi-journée. Je remarquai que les roches siluriennes occupent les trois quarts de la hauteur. Elles sont d’abord composées de phyllade schistoïde noirätre, et, aux parties supérieures, de grès phylladifères contenant des térébratules et des lingules à l’état d’empreinte, le tout plongeant légèrement au nord-est. Je crus pouvoir évaluer l’ensemble à près de cinq cents mètres de puissance. Les terrains siluriens sont recouverts de grès dévoniens, de plus de cent mètres d'épaisseur. |

Au sommet de la côte du Terrado, j'étais sur un plateau élevé, peu accidenté, d’une composition géologique toute différente de ce que j'avais rencontré depuis le Pescado. Le sol paraissait avoir été nivelé par des argiles blanchàtres, en couches horizontales, supportant des grès friables fortement colorés par le fer. Je ne vis aucun fossile, qui püût me guider sur l’âge de ces couches, que je crois pourtant être de la même époque que les argiles et les grès que j'ai, jusqu'ici, donnés sous le nom de grès

bigarrés. Les argiles et les grès supérieurs couvrent toute la plaine, depuis le Terrado

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