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Direction de la boussole

2. On peut en voir le profil pl. IX, fig. 5, tel que je l'ai pris de la mission de San-Juan, à la distance de huit lieues au moins.

Géologie.

Au Rio de Tayoe, j'abandonnai le pied des montagnes et commençai à les gravir. Je montai, pendant quatre lieues, sur le dos des coùches de grès qui, en grandes plaques, couvrent toute la campagne; et n'élevant sur la pente même des bancs, j’arrivai à la mission de Santiago, située près de la crête. Huit jours de courses aux environs de Santiago me firent reconnaître les faits suivans :

La chaîne sur ce point paraît être de six à sept cents mètres au moins au-dessus des plaines; elle est toujours dirigée de l’est 25 à 30° sud, à l’ouest 25 à 30° nord, et s'étend, vers l’ouest, jusqu’au Chochiis, à lIpias et au San-Lorenzo. À l’est, elle s’abaisse peu à peu vers le Rio de Oxuquis; la longueur en serait d'environ deux degrés. Elle offre un très-fort escarpement au nord, sur la tranche de toutes les couches, tandis qu’au sud les couches plongent vers la plaine, et viennent former le versant par leur dos même.

Considérée géologiquement, cette chaîne m’a montré les mêmes couches que la Tapera de San-Juan, seulement sur une échelle plus développée. Voici, en résumé, ce que j'ai observé ! :

En partant des plaines situées au nord, on rencontre partout des phyllades schistoïdes bleuâtres, d’une très-grande puissance (plus de deux cents mètres d'épaisseur) ; ces phyllades feuilletés, très-plissés aux parties les plus inférieures, constituent, plus haut, des couches très-régulières, plongeant très-fortement au sud-ouest. Ces phyllades bleus sont recouverts par des couches épaisses de quinze mètres environ, d’un phyllade rosé, à grains très-fins. Ce banc est ensuite caché par un autre phyllade jaune, de vingt mètres de puissance, également à grains fins?. Ces trois assises de roches me paraissent représenter les terrains siluriens des Cordillères; néanmoins je n’y ai pu découvrir aucune trace de corps organisés.

Au-dessus des phyllades, et sur environ deux cent cinquante mètres d'épaisseur, sont des couches de grès compacte, gris ou très-légèrement coloré par le fer, plongeant au sud-ouest, sous un angle beaucoup moins grand que les phyllades. Ces grès, que je rapporte à l’époque dévonienne, couvrent tous les environs de Santiago et la pente méridionale.

Ces grès, sur les sommités qui dominent la mission de Santiago, sont recouverts de mamelons ou lambeaux plus ou moins grands, de grès friables, quelquefois fortement colorés par le fer, contenant des rognons de fer hydraté ou partout remplis de petites paillettes de fer oligiste, disséminées dans la pâte. Ces grès sont en couches presque horizontales, et forment des plateaux sur les points culminans, dont les lambeaux vont, en augmentant de plus en plus de puissance, dans la direction ouest, où, comme on l’a vu, ils composent toutes les montagnes du Chochiis, de lIpias et de San-Lorenzo. Ce sont, pour moi, des grès carbonifères.

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