‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 83 sur 233 · Voyez p · texte numérisé non relu

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( 195 ) une haute colline de grès dévoniens, que je passai ensuite, entre deux mamelons, pour Géologie. arriver au Rio de Tapanaquis. Cette colline s'étend au loin vers le nord-ouest, au milieu de la forêt. Ses couches plongent légèrement au nord-est.

J'étais dans une vaste plaine couverte d’alluvions, où dominaient les morceaux de quartz. J'avais, dans le lointain, au nord, la chaine de collines que j'avais passée; et, au sud, une autre suite de collines plus élevées, que je traversai pour me rendre à la ferme de San-Francisco. Cette chaîne, entièrement boisée, est composée de grès quartzeux dévoniens, tellement disloqués et en morceaux, que nulle part je ne pus voir la direction des couches. Au-delà de la chaîne, à deux lieues avant d’arriver à la ferme, les grès forment de grandes masses à découvert. Sur une de ces masses coule le ruisseau de las Conchas. Le torrent, par ses chutes, s’est creusé des bassins dans les parties les plus friables. Il en résulte qu’il y a, à la suite les uns des autres, un grand nombre de petits réservoirs assez profonds, où l’eau séjourne toute l’année, le trop plein seul s'échappant dans le ravin inférieur. Les mêmes bancs de grès se remarquent encore sur quelques lieues au-delà de San-Francisco.

Il ne me restait plus que vingt lieues de route à franchir, pour arriver à la mission de San-Juan. Je traversai successivement, au milieu de la forêt la plus épaisse, trois collines parallèles, courant environ à l’est 40° sud et ouest 40° nord. Ces trois collines sont composées chacune d’un terrain différent : la première me montra des grès dévoniens plongeant légèrement au nord-est. La seconde me parut inclinée dans le mème sens, mais bien plus fortement ; elle est formée de roches de phyllades bleus ou bruns, très-disloqués et partagés en fragmens. Pour la troisième, elle appartient aux gneiss friables, dont les couches sont si relevées qu’elles paraissent verticales. De là jusqu’à la mission, je ne vis plus que des alluvions provenant des terrains de gneiss ou du sable fin quartzeux.

De San-Juan, dont tous les environs sont identiques, je traversai plus de soixante lieues de forêts sauvages, pour revenir à la mission de San-Rafaël, au centre de la province. Dans cette longue percée, au milieu des bois, je suivis les alluvions modernes, souvent sablonneuses , d’autres fois tourbeuses, au pied de la chaine sur plus d’un degré de longueur, et je pus m’assurer, par les fragmens de roches et par plusieurs excursions vers la chaine, qu’elle est entièrement composée de gneiss, plus ou moins compactes ou friables, souvent remplis de belles lames de mica. J'en traversai un petit rameau avant d'arriver à la halte de la Piedra, où des dos de gneiss compacte surgissent au milieu du sol d’alluvion.

De la Piedra, franchissant un marais tourbeux, J'allai passer à l'extrémité de la chaine de San-Carlos dont j'ai déjà parlé’, et je reconnus, par les fragmens de roches répandus sur le sol, que cette montagne est composée de gneiss compacte. Je n'avais plus à traverser, ensuite, que le marais qui mène ses eaux à la halte de San-Nicolas, pour rejoindre la colline de Santa-Barbara, que j'avais passée en allant à San-Jose.:

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