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Géologie.

Leurs dislocations sont très-variées. Si l’on envisage l’ensemble, on remarquera qu’elles suivent les grandes lignes générales, et qu’alors leurs pentes les plus communes sont au

‘sud-sud-ouest où au nord-nord-est; mais il y a, en outre, des plissemens dans beau-

coup de directions. Il est surtout remarquable de voir les soulèvemens et les affaissemens des plates-formes de gneiss compacte, qui viennent représenter ces tables si singulières du centre du massif ou ces blocs élevés de Guarayito, etc. Ils annoncent certainement des mouvemens de haut en bas, des masses rompues qui, gênées les unes par les autres, n’ont pas trouvé assez de place pour s’incliner d’un côté ou de l’autre.

Les terrains siluriens, représentés à Chiquitos, comme dans les Cordillères, par les phyllades schistoïdes, plus ou moins durs et diversement colorés en bleu, en rose ou en jaune, ne sont apparens qu’à l'extrémité sud-est de la province. On en voit un lambeau à la Tapera de San-Juan, puis une grande surface au pied septentrional de la Sierra de Santiago, à sa partie orientale; puis une autre, appartenant au même système, à la Sierra del Sunsas. Les grandes lignes de dislocation de ce terrain sont ouest 25° nord, ou est 25° sud. Les terrains siluriens reposent sur les gneiss à la Sierra del Sunsas. Ils sont partout recouverts par les grès dévoniens.

Les terrains dévoniens se montrent ici encore sous la forme de grès quartzeux, compactes, en couches discordantes avec les phyllades. Ces grès sont quelquefois blancs, gris ou un peu colorés par le fer. Ils sont à découvert à la Sierra de San-Jose, à la Sierra de Santiago, à la Cerrania del Sunsas, et sur tout le versant septentrional de cette chaine vers Santo-Corazon. Ils montrent encore deux lambeaux appartenant à des chaînes cachées par les alluvions, au milieu du Monte Grande, près de Calavera, et à l’ouest de Guarayos. Les lignes de dislocation sont généralement dirigées ouest 25° nord ou est 25° sud. Ces terrains s'appuient immédiatement sur les terrains siluriens à la Tapera de San-Juan, à la Sierra de Santiago et au Sunsas. Ils supportent aux mêmes lieux les terrains carbonifères, tandis que, partout ailleurs, ils sont cachés par des alluvions modernes.

Les terrains carbonifères semblent représentés à Chiquitos, ainsi que sur la Cordillère orientale, par des grès rouges, rougeàtres, très-friables, en couches beaucoup moins disloquées que les terrains inférieurs, et souvent peu relevées. Ils couvrent la Sierra de San-Jose et celle de San-Lorenzo et de l’Ipias. Ils se cachent partout sous les alluvions modernes. La direction de leurs dislocations est la même que pour les deux formations précédentes. |

Au-dessus de ces formations, je ne trouve rien qui vienne représenter les terrains de muschelkalk, les terrains jurassiques ni les terrains crétacés.

Les terrains que l’on pourrait rapporter à la période tertiaire, sont les conglomérats ferrugineux de Concepcion, de San-lgnacio, de Santa-Ana et de San-Miguel, qui sont venus niveler ces différentes parties, comme l’a fait mon tertiaire guaranien, qui, minéralogiquement et géologiquement, me paraît identique. Ces conglomérats sont à l’état de lambeaux, toujours en couches parfaitement horizontales, et reposent sur les gneiss.

Toutes les dépressions du sol étant couvertes d’alluvions, je n’ai vu qu’au Rio de

Santo-Tomas, près de Santo-Corazon, et dans la plaine de San-Jose, des argiles ou des Géologie. limons qui puissent se rapporter à mon terrain pampéen. Je n’y ai pas vu d’ossemens, et le rapprochement n’est que géologique, en même temps qu'il est basé sur la nature même des couches.

Au-dessus ce sont partout de puissantes alluvions provenant évidemment de la décomposition et des érosions des couches voisines: ainsi, auprès des gneiss, ce sont des cailloux de quartz, des espèces de kaolins grossiers; auprès des grès dévoniens et carbonifères, des sables fins, mélangés à un peu d'argile; dans les lieux bas, des particules plus fines de ces divers terrains, mélées de tourbe ou de détritus terreux des végétaux : alors les alluvions sont plus ou moins noiràtres et limoneuses. Ces alluvions viennent, au nord et au sud du massif de gneiss ou de chaque côté des chaines, niveler le sol et cacher les parties inférieures.

J’ai vu deux sources thermales, sortant toutes deux des grès dévoniens; l’une près de San-Jose, l’autre non loin de Santiago. Leur température n’est pas de plus de 30 à 36° centigrades; elles n’apportent point de concrétions calcaires.

f. 5. Géologie de la province de Moxos.'

La province de Moxos occupe toute la partie septentrionale des plaines de la république de Bolivia, comprise entre les dernières collines de Chiquitos, le Rio Itenes, vers les frontières du Brésil, à l’est; les derniers contre-forts des Cordillères, à l’ouest; les confluens des Rio Beni et Itenes, vers le nord. Cette surface s'étend, de l’est à l’ouest, du 64 au 70° 30' de longitude (cent soixante-quinze lieues géographiques), et du nord au sud, du 12 au 16° de latitude sud (cent vingt-cinq lieues). Elle est bornée au nord par le cours du Rio Itenes et du Rio Beni, jusqu’au confluent de ces rivières, qui forment le Rio de Madeiras ; au sud, par les collines de Chiquitos, par les plaines de Santa-Cruz de la Sierra et par les derniers contre-forts de la Cordillère orientale; à l’est encore par les forêts inhabitées de la province de Chiquitos et par le cours du Rio Itenes; à l’ouest, par le versant oriental des Cordillères et par le cours du Rio Beni. On peut évaluer la superficie de la province à plus de treize mille lieues carrées. Cette immense surface n’est géographiquement qu’un seul bassin circonscrit, au sud et à l’ouest, par les montagnes des Andes et les collines de Chiquitos, au nord, par les montagnes brésiliennes du Diamentino et de l’Itenes. Ce bassin, où viennent aboutir tous les cours d’eau du versant oriental des Cordillères et des versans occidental et septentrional de la province de Chiquitos et de la capitainerie générale de Mato-Grosso, communique , par le Monte Grande, avec le grand bassin des Pampas, tandis que, débouchant avec le Rio de Madeiras vers le nord, il y établit la communication avec le grand bassin de l’'Amazone; ainsi la province de Moxos ne serait que la continuité septentrionale du bassin des Pampas, la continuité méridionale du bassin de l’'Amazone, ou mieux encore,

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