‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 88 sur 233 · Voir p · texte numérisé non relu

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parallèlement au cours du Rio ltenes, se dirige de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est, et se Géologie. continue très-loin au milieu des forêts. J'étais impatient d’en connaître la composition. Après avoir vaincu, non sans beaucoup de peine, les scrupules des Brésiliens?, j'obtins la permission de parcourir sous escorte les environs du fort, ce que je fis à sept à huit lieues à la ronde. Je vis les collines formées de grès friables très-ferrugineux et généralement rouges, tout à fait analogues à ceux de la Sierra de San-Jose à Chiquitos, et aux derniers contre-forts de la Cordillère, au nord et au nord-est de Cochabamba. Ce grès, en masse très-puissante, forme un ensemble de couches plongeant au sud-est, sous un angle de douze à quinze degrés. Ces couches, qui paraissent s'étendre au loin vers Te nord, viennent mourir vers le Rio Itenes, où elles sont recouvertes, sur plus d’une lieue de large, de conglomérats ferrugineux, contenant beaucoup d’hydrate de fer et disposés en couches parfaitement horizontales. Ces conglomérats, absolument identiques à ceux de Chiquitos?, et je dirai même à ceux de la province de Corrientes 5, représentent exactement mon terrain guaranien; ainsi, dans celte partie de la province de Moxos, j'avais trouvé, comme nivellement des terrains anciens : 1.° les conglomérats ferrugineux de ma couche À du tertiaire guaranien de Corrientes ; 2.° près de San-Ramon et de San-Joaquin, la couche B des mêmes tertiaires, avec ses rognons de fer hydraté, dans l'argile, également analogues à ceux de Corrientes; 3. le terrain pampéen avec ses limons; le tout recouvert d’alluvions modernes.

Du fort de Beira, je descendis plus d’un degré le Guapore, jusqu’au confluent de cette rivière avec le Mamore, qui, sous ce dernier nom, continue au nord Jusqu'à l'instant où, réuni au Beni, il prend celui de Rio de Madeiras. Dans tout ce trajet, la rivière ne me montra que des alluvions modernes sur la rive gauche, Jusqu'à une dizaine de lieues avant le confluent, où je crus remarquer de nouveau, sur la berge, un assez grand lambeau d'argile limoneuse rougetre, mêlé avec les alluvions. Pour la rive droite, elle m'offrit, pendant quelques lieues, des conglomérats ferrugineux, souvent recouverts d’alluvions, puis des alluvions seulement et des terrains inondés Jusqu’au confluent du Mamore, qui à lieu vers le 12.° degré de latitude, à l’est de Lima.

Arrivé au point le plus méridional de la république de Bolivia, j'aurais bien voulu descendre vers le Rio de Madeiras, pour connaître la nature des dix-huit sauts de cette rivière, mais la chose me fut impossible : les Indiens rameurs de mes pirogues devaient se rendre à Ecsaltacion de Moxos, et d’ailleurs nous commençions à manquer de vivres. Il fallut donc remonter le Mamore, le plus fort affluent de la province. Il avait, en effet,

sur ce point, au moins six fois la largeur de la Seine au pont Royal. En en remontant

{. Ceux qui ont voyagé près des frontières du Brésil, ont pu se convaincre de la défiance des Brésiliens envers tous les étrangers, surtout lorsqu'il s’agit de visiter les environs d’un fort ainsi éloigné de près de cent lieues des autres points habités du territoire du Brésil, et qui est la clef de ia navigation de lAmazone vers Maio-Grosso.

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