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CHAPITRE XII

Considérations générales sur la Géologie de l'Amérique méridionale.

Les spécialités qui précèdent ont montré que mes observations géologiques personnelles s'étendent, du nord au sud, du 12." au 42.° degré de latitude méridionale ou sur trente et un degrés (775 lieues géographiques) de longueur ; et, de l'est à l’ouest, du 45.° au 80.° degré de longitude occidentale de Paris ou sur trente-six degrés (900 lieues géographiques) de largeur ; surface comprise entre le littoral du grand Océan et celui de Pocéan Atlantique, de la Patagonie septentrionale jusqu’à Lima ou au confluent du Mamore et de Pltenes. Si je joins à ces observations les nombreux renseignemens publiés par les voyageurs et les faits que me fournit examen des fossiles, je pourrai pousser plus loin Pétude des formations et reculer mes limites du détroit de Magellan à la république de Colombie.

Considérée dans son ensemble orographique, cette surface présente une grande variété de configuration. À Pest, c'est un groupe immense de montagnes basses, formant un massif dont les rameaux s'étendent de quelques degrés au sud de la ligne jusqu’à la Plata ; à Pouest, cest la Cordillère, dont les cimes élevées commencent de Pautre côté du détroit de Magellan et s'achevent en Colombie, en traçant une crête dirigée en sens divers, et d'où sélancent les plus hauts pics du nouveau monde. Entre ces grands systèmes, au sud, à partir de la Patagonie, une surface presque plane longe la Cordillère, occupe d'abord lintervalle compris entre cette imposante chaîne et le massif du Brésil, passe du bassin de la Plata à celui de PAmazone; puis s’'élargit tout à coup à l’est, et vient couvrir, au loin, les deux rives du géant des fleuves américains. Ces immenses reliefs, ces vastes dépressions, qui, d'un côté et de Pautre, sillonnent le continent méridional, n'y sont point jetés au hasard. Si l’ancienne géographie se contentait de signaler ces accidens , il appartient à la géologie de les expliquer. En effet, la géologie, en étudiant la composition des montagnes et des plaines, en les interrogeant comme objet et témoins tout à la fois des catastrophes du globe, nous amènera sans doute à reconnaître non-seulement pourquoi les chaînes suivent telle ou telle direction, pourquoi les montagnes s'élèvent plus ou moins au-dessus des

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