‹ Voyage dans l'Archipel indienChapitre 23 sur 33 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Droits des Espagnols sur rtle de Soulou. — Expédition de la Hollande contre les pirates de Bali. — Le recorder Rawlinson.

— La nouvelle de la Révolution de Février arrive à Singapour et nous frappe de stupeur. — Je crois devoir rentrer en France.

— Puérilités de la justice anglaise. — M. Brooke, d'abord au senrice de la Compagnie des Indes, devient rajah , puis Son Excellence sir Brooke, gouverneur de Labouan.

. Je n'ai pas le droit de raconter des faits que ma position officielle m'a permis de connaître, quand ils ne sont pas publics et qu'ils appartiennent au Gouvernement. Je n'ai donc rien à dire des conversations que je pus avoir avec M. Rochussen, mais je les transmis à Paris dès que je fus arrivé, et M. Guizot me fit savoir son approbation.

Cependant les préparatifs du général Glaveria étaient faits ; à la tête d'une force considérable et grâce aux bateaux à vapeur que l'Espagne avait récemment envoyés à Manille, il avait débarqué ses troupes à Soulou, défait l'ennemi, délivré les prisonniers et imposé aux vaincus des conditions assez dures. Cet acte ne

manquait pas de gravité et était surtout très-politique, car les Espagnols relevaient par là leur vieille réputation militaire et assuraient leur suprématie sur le seul point de T Archipel dont la possession par les Européens pouvait sembler douteuse. Elle ne Tétait pas cependant, et un résumé de Thistoire de ces pays le montrera. Les habitants de Soulou s'étaient convertis au mahométisme sous un prince nommé Kamul-Eddin, dont l'autorité s'étendait sur plusieurs iles du voisinage, quelques portions de Bornéo et spécialement sur Balembagam, petite île située au nordest de Bornéo. Les Espagnols qui s'établirent aux Philippines en 1 566 les trouvèrent dans cet état et soutinrent contre eux des guerres sans fin et avec des chances diverses. Ils bâtirent pendant cette période le fort de Soulou, mais en 1646 ils firent la paix et l'abandonnèrent en échange d'autres possessions et sous condition d'un tribut de trois navires chargés de riz. La guerre civile s'alluma chez ceux de Soulou, et les Espagnols s'y mêlèrent en soutenant un des partis. En 175d, un employé de la présidence de Madras, Alexandre Dalrymple, se présenta à Soulou avec un navire. Il y resta trois mois, qui lui suffirent pour s'arranger avec le parti opposé aux Espagnols et obtenir le droit d'amener annuellement un navire pour commercer. Ainsi appuyés, les mécontents massacrèrent tous les Espagnols qui résidaient chez eux. Dalrymple

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revint après, mais sans amener le navire convenu, car il s'était perdu ; mais il ne réussit pas moins à se faire livrer Balembagam, dont il prit possession en 1763. Peu après, la guerre s'étant élevée entre TEspagne et les Anglais, ceux-^ci s'emparèrent de Manille. Us se firent concéder par le sultan, leur protégé, une partie du nord de Bornéo. Toutefois, ils ne formèrent un petit établissement à Balembagam que dix ans après la cession. Se fondant sur le traité de Munster, TEspagne en demandait l'évacuation ; mais la négociation n'eut pas de suite, car cet établissement fut surpris en 1775 par ceux de Soulou, qui, au lieu d'Espagnols, tuèrent cette fois les Anglais. En 1803, le gouverneur Farquhar fit reprendre Balembagam par les troupes d' Amboine ; le commerce n'y étant pas prospère et les dépenses étant considérables, la Compagnie donna, en 1 804, l'ordre de l'abandonner. Lord Pigot et son successeur au gouvernement généi-al de l'Inde, le marquis de Wellesley, réclamèrent . vivement contre cette mesure. Ainsi, il est évident que l'Espagne a, dans cette partie de l'Archipel, des droits antérieurs appuyés par des traités, et elle sut bien les revendiquer il y a quelques années quand notre marine voulut s'emparer de Bazilan. U^stà regretter que la forme employée pour faire cette conquête ait été si blessante, ou plutôt que le ministère (le la marine, sans les ordres duquel on n'agissail

probablement pas, fût si mal informé. Sans doute il est très-problématique que les grandes colonies soient bien utiles à la France , mais il est évident aussi que des possessions restreintes, des points de relâche et de ravitaillement sont utilles à notre marine. C'est la raison qui nous a fait établir dans TOcéanie. Nous n'avons pas moins besoin d'un port dans les mers de Chine y et si l'Angleterre nous le voyait prendre avec déplaisir, il est probable que ni la Hollande ni l'Espagne ne partageraient ce sentiment. Si nous avions annoncé notre intention à cette dernière puissance, son consentement ne nous aurait pas manqué pour prendre Bazilan, car elle nous aurait préférés pour voisins aux pirates qui l'habitent et font des descentes aux Philippines. Elle ne pouvait pas cependant admettre qu'on méconnût sa possession. 11 n'est pas moins vrai que laisser dormir ces droits, se dire suzerain à Soulou, tandis qu'on ne saurait empêcher les habitants de léser des tiers, serait le moyen de les perdre. Il en serait advenu ainsi sans l'attaque du capitaine-général. Les Anglais parlaient d'aller mettre à l'ordre ces turbulents et aussi de reprendre Balembagam, dépendance de Soulou. Quand ils avaient connu le projet d'attaque des Espagnols, ils avaient désiré y prendre part, mais cette velléité ne fut pas encouragée. Ils ne peuvent plus intervenir aujourd'hui, car à la guerre dont je parle, une révolte a succédé, et il a fallu en-

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core recourir aux armes. Le pavillon espagnol flotte dans ce moment à Soulou, et l'Angleterre ne peut s'immiscer dans les affaires de T Archipel sans violer ouvertement les droits de puissances alliées.

Les Hollandais ont aussi des prétentions sur Sou* lou, mais je ne sais sur quoi ils les fondent, et peutêtre est-ce seulement sur leur traité de 1824. Cette île figure dans la nomenclature donnée par le baron Melvill des possessions néerlandaises. Toutefois , je n'ai pas appris que M. Rochussen eût réclamé contre le général Claveria. Celui-ci, du reste, avait délivré bon nombre de sujets hollandais que l'on retenait en esclavage à Soulou et se proposait, quand je partis, de les renvoyer dans leur pays. Le gouverneur hollandais était, de son côté, engagé dans une entreprise à peu près semblable à celle de son collègue d'Espagne. En vain on faisait des traités avec les habitants de Bali pour les empêcher de se livrer à la piraterie ; ils y revenaient toujours. Ces traités commencés en 1841 étaient sans cesse à refaire et chaque fois ils liaient plus étroitement les chefs indigènes On soupçonnait bien ces chefs d'être encouragés à la résistance par les Anglais , mais je ne pense pas que ce fût directement ; je ne crois pas que des Anglais ou des agents anglais leur dissent de s'insurger et de se défendre; mais ces conseils étaient donnés indirectement par les journaux anglais qui paraissaient se

réjouir si les Hollandais rencontraient des difficultés, qui vantaient les vertus et le courage de leurs ennemis. Il semblait qu'on aimât tout autant laisser les nombreux vaisseaux qui suivent ce passage exposés aux attaques des pirates que de le voir en possession de la Hollande. Enfin M. Rochussen résolut d^en finir avec eux, et il publia une proclamation pour leur déclarer la guerre. Une première expédition ne réussit pas cependant et fut arrêtée à un fort nommé Djagaraga. On en envoya une autre commandée par le général Machiels, qui parut bientôt devant la même place et l'enleva après un combat de treize heures; les Hollandais y perdirent environ cent cinquante hommes, parmi lesquels plusieurs officiers. La Hollande gagnait à cela une population de sept cent mille âmes et un pays très-fertile en riz. Par ces deux faits d'armes, deux chances de complications dans l'Archipel étaient évitées.

Le colonel Butterworth m'avait, à mon départ pour Java, chargé d'exprimer à M. Rochussen le vif désir qu'il avait de faire sa connaissance et de le prier de toucher à Singapour, s'il le pouvait, pendant ses excursions. On comprend que le gouverneur hollandais, préoccupé de son expédition, ne pouvait guère songer à des visites ; mais il avait répondu à cette politesse en envoyant par moi une lettre et son portrait que je dus garder quelques jours, le gouver-

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neur étant en tournée. Je repris mes fonctions, que j'avais, pendant mon absence, confiées à M. Rey, et je trouva un nouveau compatriote. C'était M. Fabre, mon collègue de Manille, qui avait obtenu la permission de passer en France. Comme Singapour lui plaisait et que, pour des raisons que j'expliquais au ministère, il ne convenait pas que j'y restasse, il fut arrêté qu'il solliciterait mon poste. Il était venu par un bâtiment à voiles et n'était pas arrivé précisément pour le départ du paquebot, si bien qu'il fut obligé de l'attendre quelques jours, et nous eûmes le temps de parler de notre rencontre à Bombay quand il y était débarqué avec son oncle, M. A. Barrot; mais il ne devait pas partir seul, car le paquebot que nous attendions amenait le -commandant Lapierre. Le capitaine Jurien avait enfin touché à Canton, et M. Forth-*Rouen me notifiait son arrivée. La corvette avait été retenue dans l'Archipel par des calmes sans fin ; OB avait été forcé de relâcher à Amboine, où notre ministre avait été si bien reçu par le résident qu'il me priait de le rapporter au gouverneur-général. Celui-ci, dès qu'il connut le fait, s'empressa d'adresser au résident une lettre très-flatteuse d'approbation. Je rendis à M. Rouen un grand service en lui fournissant une occasion de montrer sa gratitude. Nous revenions de Batavia avec un consul que M. Rochussen venait de nommer à Canton, et je jpris la liberté

de le recommander à M. Rouen. Quanl au capitaine Lapierre, outre qu'il était souffrant, il ne me semblait pas convenable de le laisser loger à Uhôtel; il voulut bien accepter une chambre chez moi» J'annonçai son arrivée au chef maritime, le capitaine Ross, qui me pria gracieusement de dire au corn* mandant français qu'il pouvait disposer de tout ce qu'offrait son établissement. M. Lapierre était un homme charmant, doux, jovial, et on a vu à Tanger et à Mogador s'il était un brave marin. Il n'avait du reste aucun besoin de mes services, car il y avait dans le port des bâtiments de guerre anglais qui l'avaient assisté à son naufrage et qu'il s'empressa de visiter. Du moins y alla-t-il dans un canot européen et sous pavillon français. Les grands navires sont à Singapour ancrés à une grande distance, et s'il faut s'y rendre, on est obligé de prendre de petites barques chinoises nommées sampans^ car il n'y en a pas d'autres. Quand les orages surviennent, si elles ne chavirent pas, on est du moins inondé. Parfois on est forcé de rester à terre, et cela peut avoir de grands inconvénients, surtout quand arrivent les paquebots. J*avais donc acheté pour le consulat un canot qui n'était pas inutile, mais dont le Gouvernement provisoire refusa de me tenir compte. Le gouverneur ou la marine prêtaient les leurs aux personnages importants qui s'cnibarquaient, et la population les recon-

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naissait à ce signe. J*avais soin d'en faire autant pour nos missionnaires, pour ceux auxquels je désirais qu'on montrât des égards, et je fus très-content que le capitaine Lapierre s'en servît. Je le conduisis pour voir la ville et les environs, et comme j'avais si souvent été passager sur nos navires de guerre, je connaissais nombre de ses camarades, et nous n'étions pas embarrassés pour trouver des sujets de conversation. Quand je l'accompagnai le lendemain lorsqu'il prit place sur le paquebot, le temps m'avait paru bien court.

Pendant que ces voyageurs partaient, d'autres arrivaient; c'était le gouverneur, bientôt suivi du recorder, et la ville fut en émoi. Le gouverneur n'en était pas cause; mais le recorder, qui, quelques années avant, avait dû être quelque obscur avocat, se présentait comme un bien autre personnage! Il venait Tendre la justice, de façon que gi^ands et petits jurys, schérifs, barristers, attorneys, clercs, police et conslables s'agitaient outre mesure. M. Rawlinson, car il n'était pas encore titré, était très-grand et très-maigre et, s'il n'avait eu une figure avenante, aurait assez bien ressemblé à lord Brougham. Il avait été, si j'ai bonne mémoire, commissaire de police à Londres, puis envoyé à Portsmouth, à telles enseignes qu'il était allé, à la tête de ses collègues, haranguer Louis-Philippe arrivé en Angleterre. Comme il avait, à cette occasion,

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mis sâ plus belle robe et paré son chef d^une immense perruque, il ne pouvait se tenir deboul dans la batterie pourtant assez haute du Gomer. € Que voulezvous , avait dit le roi en riant, quand on a fait ce vaisseau on ne pensait pas à votre perruque. » Pui&, en ma qualité de consul belge, je reçus un autre collègue ; c^était M. Lannoy, consul-général à Manille, allant en Europe avec sa famille et dont la présence me fut bien utile. Pendant que j'étais à Java, un navire belge était entré à Singapour et avait fait une déclaration d'avaries que M. Rey avait voulu constater. Gomme la marine royale de Belgique permet à ses officiers de commander des navires marchands» ils ne sont pas toujours disposés à se soumettre à des formes qui peuvent être différentes des leurs et prétendent être crus sur parole. Pour nous, quand un navire se présente et accuse des avaries, le consul nomme une commission chargée de vérifier, et on n'a droit ni d'ouvrir les panneaux ni de rien débarquer avant sa visite. Beaucoup de fraudes ayant lieu si on néglige ces précautions, on nous recommandait souvent de les garder. C'est ce qu'avait dû faire M. Rey et ce qui avait déplu aux officiers; M. Lan noy arrangea cette affaire, et un autre vaisseau belge survenant, je pus, grâce à lui, appliquer les règles françaises sans qu'on élevât des réclamations. On comprend combien ces discussions sont désagréables avec des étrangers qui peuvent croire

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qu'on cherche à entraver leur commerce, et c'est un nouvel exemple de l'inconvénient que trouvent les agents français à se charger d'autres affaires que des leurs.

Cependant les Anglais rencontraient en Chine des diflGcultés analogues à celles que les Espagnols trouvaient à Soulou et les Hollandais à Bali. Mais si les Gouvernements de Manille et de Java étaient maîtres d'agir à leur guise, il n'en était pas ainsi de celui de Hong-Kong. Le gouverneur était sir John Davies, qui, de tous ses compatriotes, connaissait certes le mieux le pays. Il y avait résidé longtemps, d'abord comme subrécargue quand le commerce était réservé à la Compagnie des Indes, puis comme surintendant et enfin comme gouverneur. Il était auteur de plusieurs ouvrages sur ce pays, dont il savait très-bien la langue. Mais le gouvernement des Anglais en Chine est si difficile que nul ne peut l'exercer qu'à travers de perpétuelles querelles. Cela tient à la grandeur même des affaires commerciales. Les deux branches principales sont, comme on sait, la vente de l'opium de l'Inde et l'exportation du thé en Angleterre, et j'ai exposé dans mon ouvrage sur l'Inde comment elles se combinent. D'une part, il était d'un intérêt capital pour la métropole que les arrivages du thé ne fussent jamais suspendus, tandis que les tentatives pour vendre l'opium sur les côtes de la Chine faisaient naître

des conflits à chaque instant. J^ignore si les ordres du gouverneur avaient été changés, mais sous son prédécesseur, M, Elliot, on devait favoriser surtout l'ex- ' - portation du thé. On comprend donc que la modération était le principal devoir, mais les négociants lésés ne Tentendaient pas ainsi, et pour eux la modération était de la faiblesse. Ces négociants étaient puissants, car ils représentaient les plus importantes maisons d'Angleterre ; ils faisaient des réunions, des adresses, attaquaient le gouverneur dans la presse, contrariaient et paralysaient tous ses mouvements. Au sujet d'un de ces meurtres si communs en Chine, deux d'entre eux vinrent même chez lui, portant plutôt des menaces que des remontrances. Soit que le Gouvernement ne pût défendre sir John, soit que lui-même fût fatigué de la lutte, on nomma à sa place M. Bonham, ancien gouverneur de Singapour, qui venait de passer quelques jours parmi nous. Sir John Davies vint à son tour se rendant en Angleterre, et j'eus le plaisir de le rencontrer chez notre gouverneur. J'étais désireux de le connaître à cause de sa grande réputation et aussi parce que j'étais lié avec de ses parents. Il fut très-su rpris de savoir que sa lettre au roi de Cochinchine était connue à Singapour et ne nia pas l'expression qu'on avait relevée.

Nous perdîmes sir John Davies et M. Lannoy comme nous avions perdu le capitaine Lapierre et M. Fabre,

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et atteiKHines d'autres voyageurs et d'autres nouvelles. Ce ne Ait p&s en vam, car deux jours après nous ap^ jfftmes la Révolution de fiéviier. Le bateau à tapemavût éié signalé fort liffd et nous restions sur le hal^ eon jusqu^à ce qn^os apportât les lettres, puis M. Se*gcma et moi nous rendîmes au débarcadère. Un join^ naliste qui était allé à la rencontre du paquebot s'élança sur le rivage, nous donn» les premiers avis^ et on com«* prend si nous étions impatients d'avoir pin» de détails. Enfin une vmture se fit entendre conduisant un né- . gociaiit de Bordeaujr, Mr Géraud^ qui venait m'aver^- ^« Elle fut triste cette nuit que neos pas^mes^ à I^écouter et à réfléchir sur ce qu'il avaii dit^ car on pensa lûen que nouS'Ue dovmtmeS'pas. L'anxiétâ était générale et; je dois le dit«, k^ Ànglois eox-fnémes, qoflîque satisfaite die» embarfâs à& Ym FrMice, virent avec stupeur oettie immanse eonmoÛocr. Quelques jeBiies^ gens trourèient bie»^ nurpm de me régaler pendant la nuit du diant de la Mmi^iUaiM^ maia le kndbttKH» l» consteimaiioift était s»v tous ks visages. L^ordm d^ so^ndie 1m affaires^ arrimb de tottleft parta, et on conq^rend quel eifei ik pneduâsait dans cette vâfe animée pwun si grand ^mmxsnsB. Distosie^ le courrier^ papfiaummient même delà rémAniiian^ nm m'^portaîtaueuse^dépéche otteidlld. Cc^Jbt kl'Oavrily c'0rt*à>-£F8 quaranlB jours^aprè» sackute^ qu^on sut k Singapour que* h monsrcliie étart tombée en Pranfce.

Je ne yeux pas, en disant la résolution que je pris^ blâmer la conduite que d'autres suivirent, mais seulement expliquer la mienne. Je n'étais point un homme de Juillet, car à T occasion de cette révolution on s'était empressé de me frapper tout en reconnaissant mes services ; mais je ne tenais pas moins mon emploi du Gouvernement qui succombait ; je n'avais pas moins prêté serment de fidélité ; j'ajouterai que je l'aimais et que j'approuvais sa politique extérieure, la seule dont je m'occupais. Consul en Europe et partout ailleurs où j'aurais été placé sous un ambassadeur . dont j'aurais exécuté les ordres, sur lequel serait restée la responsabilité de ma conduite, je me serais dirigé d'après ses instructions. Mais, on le voit, j'étais seul, ma correspondance venait droit au ministre sans être contrôlée par l'ambassade de Londres, car la géographie le voulait ainsi, mes lettres devant traverser la France pour arriver en Angleterre. Je ne pouvais prendre conseil que de moi-même. Garder mon poste quand la veille encore je défendais le Gouvernement déchu, comme c'était mon devoir! quand j'avais feit son éloge sur un quart du globe! Il fallait donc ou me déshonorer en disant précisément le contraire de ce que j'avais affirmé, en reconnaissant qu'on avait bien fait de chasser le roi, ou me déshonorer en blâmant ceux qui l'avaient renversé et en restant sous leurs ordres. Le dilefnme dans lequel j'étais placé,

probablement comme beaucoup d'autres, était si clair que, malgré la confusion du moment^ le nouveau ministre n'était pas excusable de ne l'avoir pas compris. Il ne l'est pas davantage pour avoir permis qu'on se précipitât comme on fit sur les consulats, qu'on chassât des hommes après tout fidèles à leur devoir et qui avaient servi le pays , pour leur substituer des parents ou desémeutiers. Des permutations suffisaient à la justice et au service. J'espérai pendant un mois, mais en vain, qu'il en serait ainsi, car ma résolution ne pouvait pas être douteuse : l'honneur me défendait de rester. Je reçus enfin les notifications officielles et la circulaire de M. de Lamartine que je communiquai aussitôt au gouverneur en lui annonçant ma détermination ; puis je commençai mes préparatifs de départ.

La saison s'approchait cependant où les navires qui ont passé le Cap pendant l'été, c'est-à-dire en décembre, commencent à arriver à Singapour. Ils y apprenaient la nouvelle de la révolution, et on comprendra comment elle arrangeait leurs affaires quand on saura que j'ai vu refuser des traites de M. de Rothschild. Les ordres étaient venus de Londres de n'accepter aucun effet non-^ulement sur la France, mais sur le continent. Les révolutions qui se montraient partout obligeaient à ces précautions. Nos marins, dans ces circonstances difficiles, se conduisirent admirablement;

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je m'àttandaiç à des actes d'insubordination ou twt m moins à des démonstrations nombreuses^ et il n'y eq eut qufi mv fiu seu} navire. Les choses se passaient dmç as^e9 tvausuiUementy sauf la métiance qui régnait da99 k^ affaii^es et Vwxiéié sur Ta^enip. Que feffût la France, que feraient les aufres payt? ÂUaiAr

on yçcommenger l^a guerres d^ la preipîèFfi rÔY^Ution ? Telles étaient les quastioqs que dé^Haienl las parUwiliers 9t qni pi^c^aipaie^it les GwY^rneiMrts euj^-ptoes si w en juga pftp lau»s a^^tes. ^insi, m ayait prétendu qu'une (lotte non^^eusô devait? a^ fP^ia d'avril, sa rass^wbJ^r à Singapour, f^t ks ui^s la disaieet destjiftée oftutçe ^a Cliine, d'autres coft^re l'Arohipal.

Elle se ]^§uni^ii en ^fet; mais, à \à nouvelle do k ?^ Yolutiop, Vwdr-e fut^wué de ladiupacsap, plugjyaNM navires retournèrent en Angleterre. M. Rochuspon av^t ewoyé à %gapôup ifiji ageii,t df^g/^ di'me çais-

sion ^ suEv^UJaiico, e^ e«ftA Mt»o «ç^rv^ 9i^ùk qw*lé Capjon ^^9t faipo çgnwUr^ * iestiftafe?*, 9m awr. i;i«w«8 ^W^ a\»t où b ^ow^. Ifeuç«waneian* jo »'ér. ^^ paa MnH pe^cbiA catt# ifé^\(^ } dos io«fiaite atajpRtM«?i)5é%«t op poumi^^ X^amo^mï^m^ fe p»ér. so«t at Va^§nM. Lç, i«ar<|wis^d#)C9ftsli^ at M« B§pa> ti9wi dev^ a»Q4oi» olgowi dp k d^ienl à< Mjini]yi^ mm appr^qai^^la mQtotîoxLi, a'a^r. c4t§n^U$inga9Mff- Sort m wm^ d^afak^d^

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parlis et l^iirs ohèf^y Us iti'éalairatent sut bien des pMite^ et nouf ayions des cùnTersafioiis mteli»ii»bleè.

Si TÎTes que âéîent 1^ pribceifpatioBSy èWes ne totii pàe ooiislatitee^ et nei» ne podvîene paé eulïlièr le monde da&s lequdi uaus yWîoeisi Nobs mûies h peiiser d^ri)^ » un bal qàe de»iiaU le j^mrérnewr k VoeebBiék de l'arDBÎYersaire dé 1» hammioe de la iemè, pinl à snWre le» c^ratioBd de la jvstice. Coriiihe j'a- Taie présenté isee eonipalrioteë an ganvèrneury Ss aident reçu une rnvitètioBf et deraîené réneoolrer la ssriété réuàk.< En hominë qm ecmnaûssait VInde et la meflleiife tddinèi^ A^ t'y l^igè», le éoloâel avait taisdé aifit teimitfii f hôtel do Oo^ëroèmtest e# ti>aît scir k fflltotii^e dâàs^ un sii^le ief^to, C'êiaMum fMte

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grand usage du monde, lui imprimait beaucoup de vivacité; mais il est inutile de le décrire, car il ressemblait à tous les autres, hors un intermède fort curieux et que je vais rapporter. Il se trouvait à Singapour des artificiers chinois et le gouverneur les avait fait venir. Ils avaient dressé un grand mât dans le jardin ; puis, après avoir lancé quelques fusées, ils mirent le feu à des boites superposées et fixées au haut du mai On voyait alors des marionnettes chinoises représentant des scènes de leur pays. La première montrait des joueurs et s'éteignit après quelques minutes, puis une autre succéda ; celle-ci représentait un combat ; une troisième, une exécution y et ainsi de suite ; chacun de ces artifices s^allumait de lui-même quand le précédent finissait. Je crois que des feux de ce genre sur une plus grande échelle seraient préférables aux nôtres, et ils ont l'avantage de ne point faire de bruit.

La cour de justice avait à rendre un arrêt sur une afiEaire qui me concernait. On volait, comme j'ai dit, assez souvent dans ma maison. Une nuit que les chiens aboyaient, M. Rey se leva, puis s'avança vers quelqu'un qu'il croyait voir dans le jardin ; il ne se trompait pas, car on lui jeta aux jambes un sac de riz; le voleur prit la fuite et M. Rey le poursuivit en criant. Le premier sauta dans la rue par dessus le mur, mais un garde qui se trouvait là lui donna sur la tête un coup de bâton et Tarrêta. Puis on le retint en prison

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pendant que Taffaire était portée devant le grand jury qui devait décider s'il y avait lieu à poursuivre et, dans ce cas, renvoyer devant la cour et le petit jury. Gomme le prévenu avait été à mon service, qu'il y avait eu flagrant délit, il semble que la chose était assez évidente. Telles sont pourtant les formes de la justice anglaise, qu'il s'en fallut de peu qu'on n'acquittât. On fit venir le principal témoin, M. Rey, et on voulait qu'il reconnût le riz, qu'il dit que c'était bien le mien ; M. Rey ne pouvait sans doute rien affirmer, eût-il été grand connaisseur en riz ; mais on invoqua le témoignage d'un Français débarqué comme malade à Singapour, et qui était entré chez moi comme cuisipier. Celui-ci dit qu'il reconnaissait le riz, et le voleur passa aux assises et fut condamné aux travaux forcés pour huit mois. Telles sont les puérilités de cette justice anglaise si vantée.

Mais une autre cause importante et horrible à la fois avait occupé la justice. On sait l'usage des Anglais de déporter les condamnés; quand la sentence est . rendue, on les envoie sur divers points où on les retient aux fers et aux travaux forcés. Ceux de Singapour sont d'habitude transportés à Bombay. On en envoyait ainsi un grand nombre sur un bâtiment à bord duquel avaient pris passage un officier nouvellement marié, sa femme et un de ses amis. Les transportés se révoltèrent, massacrèrent une partie do

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DANS l'aEGHIPëL INDIEN. 265

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