Id., p. J
ÉTUDE
rapport avec celles de Siâvjv y, Ztâvfxa, Zipjva, anciennes villes de Lycie, comme nous l’apprend Étienne de Byzance.
Hagios-Isidoros. — De Siana à Hagios-Isidoros on compte une grande heure de marche dans la direction du N.-E.-E. La route est très-accidentée. On franchit des montagnes déboisées et que recouvraient, il y a peu d’années encore, de magnifiques forêts.
Les vestiges d’un ancien hameau et une carrière de marbre jadis exploitée sont les seules choses qu’on rencontre avant d’arriver à Hagios-Isidoros. Ce village, que les habitants prononcent, par contraction et en réunissant les deux mots, Haïsioros (Âfafopoç), a une population de 60 familles grecques. L’église y est sous l’invocation du saint patron dont cette localité porte le nom.
Au N. de Hagios-Isidoros, la vue est arrêtée par la masse du versant méridional du mont Atabyron. En côtoyant les flancs orientaux de ce mont, à 6 kilomètres au N. de Hagios-Isidoros, on observe sur une colline un pan de mur antique consistant en quelques assises de gros blocs- polygonaux et qui est probablement le reste d’une petite enceinte fortifiée. Le sentier que l’on suit jusqu’à Artamiti traverse l’une des plus vieilles et des plus belles forêts de file, mais en même temps l’une des plus dévastées. Depuis ces quinze dernières armées, la hache du bûcheron et surtout le feu y ont exercé de cruels ravages, et de tous côtés des pins superbes, abattus par le fer ou calcinés par l’incendie, embarrassent le sol de leurs débris et de
SUR L’ILE DE RHODES
leurs troncs renversés. D’autres, dépouillés seulement de leurs feuilles et de leur écorce que la flamme a rongés, sont encore debout, semblables à d’immenses squelettes décharnés et noircis.
Artamiti. — Ce faible hameau ne se compose que de quatre à cinq petites maisons qui environnent une chapelle, ou, pour parler le langage des habitants, un monastère nouvellement réparé sous le vocable de Saint-Jean. Je cherchai en vain, dans celte localité, les débris et le souvenir d’un ancien temple érigé en l’honneur d’Artémis ou de Diane, comme le fait supposer la dénomination dorique Artamiti. S’il y avait jadis en ce lieu un village, il devait être peu considérable et les ruines en ont complètement disparu. Il en est de même du sanctuaire d’Artémis, qui n’était peut-être qu’un simple autel, et dont il n’est pas étonnant qu’après tant de siècles, les vestiges n’existent plus, surtout depuis la construction du petit monastère de Saint- Jean qui a pu le remplacer. Un sanctuaire consacré à la déesse de la chasse et des forêts ne doit pas surprendre dans cette région boisée et sauvage et l’une des plus giboyeuses de l’île.
Embonas. • — D’Artamiti à Embonas il y a 7 kilomètres vers le N.-O. Ce dernier village est situé au pied du versant septentrional du mont Atabyron. Il renferme cent-vingt familles grecques et est entouré de jardins où l’on remarque des plantations très-prospères de tabac et de coton ; la vigne y réussit également fort bien et produit deux espèces de vin, l’un noir et l’autre blanc, tous deux renommés dans le pays.
ÉTUDE
M. Ross* fait observer avec raison que le nom d’Embonas est, selon toute probabilité, celui d’une localité antique, et que ce mot est proprement rhodien et signifie le premier plan d’une montagne. Les Rhodiens, en effet, disaient apêwv pour dvâ&a<7Lç la montée ; de ôtfj&tov sera venu è'^êwv, par le changement d ’<* en e, d’où la dénomination actuelle d’Embonas, à cause de la position du village ainsi appelé au bas de la montée qui conduit à la plus haute cime de l’Atabyron.