‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 115 sur 134 · Ross, Reisen œuf den griechischen Inseln , p · texte numérisé non relu

Ross, Reisen œuf den griechischen Inseln , p

ÉTUDE

râbles que ceux delà cella : le mur qifilsformai ent avait une épaisseur de deux mètres ; les assises inférieurescn sont encore debout sur certains points, mais dans d’autres il est entièrement renversé, et on ne voit plus qu’un assemblage confus de blocs brisés et déplacés.

Devant la cella, dont les murs également détruits avaient été bâtis avec des matériaux d’un appareil un peu moins puissant, on remarque une grande pierre carrée, creusée intérieurement en forme de bassin et qui servait peut-être aux sacrifices.

Si l’on pénètre dans l’intérieur de la cella, on aperçoit une troisième enceinte, mais beaucoup plus moderne et connue sous le nom de chapelle de saint Jean. La longueur en est de 8 mètres et lalargeur de 3 ; elle est à ciel ouvert, comme l’était probablement jadis la cella tout entière et délimitée par un petit mur qui a été construit grossièrement avec les matériaux trouvés sur place: l’entrée en est tournée vers l’O. ; la porte droite et rectangulaire consiste en un grand bloc horizontal reposant comme un linteau sur d’autres blocs parallèles. L’hagion ou sanctuaire est demi-circulaire : la table sainte est tout simplement une large pierre carrée établie sur un amas de matériaux qui lui servent de base et de support. Aucun ciment ne relie entre elles les assises de cette troisième enceinte, et au premier abord elle paraît, pour la construction, contemporaine des deuxautres plusétenduesdans lesquelles elle est comprise; mais, en l’examinant, on reconnaît aussitôt la disposition d’un sanctuaire chrétien, et

SUR L’ILE DE RHODES

en vertu d’une tradition perpétuée d’âge en âge, cet endroit, comme je l’ai déjà dit, est appelé par les habitants chapelle de Saint-Jean. Il estdonc à croire que, dans les premiers siècles du christianisme , à une époque qu’il m’est impossible de déterminer, faute de documents, le temple antique de Jupiter Alabyrios aura été censacré au saint Évangéliste dont l’aigle, par un rapprochement curieux, est également l’oiseau symbolique. Aujourd’hui encore ce sanctuaire est en grande vénération dans le pays, et le berger que j’avais pris pour guide dans mon ascension, n’avait point oublié d’apporter avec lui de l’encens pour le brûler en l’honneur du saint apôtre.

Je n’ai trouvé aucun débris de colonnes au milieu de ces ruines; ce qui me fait supposer avec M. Ross que le temple antique n’en avait point; il me paraît en outre avoir été complètement hypèthre, c’est-à-dire sans toit. D’après une antique tradition il fut fondé avant la guerre de Troie par Althémène, petit-fils de Minos. Ce prince Crétois avait transporté dans l’île de Rhodes le culte de la grande divinité de sa patrie. Jupiter en effet passait pour être né en Crète où il était adoré, particulièrement sur les hauteurs du mont Ida. Dans le reste de la Grèce, les montagnes les plus célèbres lui étaient consacrées sur plusieurs points. Ainsi, il y avait un Zevq OXv{j.nioç, Tprrnoç, IlapvyQioç , Xyyéa- (j uoc, etc.

Diodore de Sicile, dans le passage1 où il rapporte la fondation du temple de Jupiter Atabyrios par Althé- L.v, c.mx.

264 ÉTUDE

mène ajoute que de son temps ce temple était encore l’objet d’un respect tout particulier.

(( EttI d9 opovg A zaêvpov A 10g iepov tdpvvazo z ov n pocrocyopevofxévov AzaSvpiov, onep en aal vûv ztpuxzç&i diacpepovzcôg, xelp.evov eut zivog vÿrilriç av.pag ? à<p’ rig eorcv dyopocv zr\v Kpyjzyjv . ))

Apollodore, en racontant le même fait, avait parlé d’un simple autel et non d’un temple.

(( Avaëàg de 6 AlOaipivriç zo Àza&vpiov xaAovptevov opog, eQeccdazo zàg n zpi\ vrieovg' xaziâ «v de xaï Kpyzw, zal rwv nazpuodv vnofAvrjeOeîg Oeüv , idpvezo (3 w^ov Àzaêvpi'ov A ioç. »

Si nous remontons à Pindare, ce poète fait allusion à ce sanctuaire dans sa septième olympique (v. 160).

A AA’ co Zev nazep vco-

zomjiv Àza&vpiov piedécùv

À en croire une ancienne légende que nous a transmise le scholiaste qui commente ces vers, il y avait autrefois dans ce temple des génisses de bronze qui mugissaient lorsque l’ile tait menacée de quelque grande catastrophe.

Etal de ycCk/.cti (3 oeg èv avzü9 aïziveg , ozav piélhri azo- 1 rov zi yéveeOai, p ivxüvzou. «

La même chose est mentionnée par le grammairien JeanTzetzès1 :

« P odiov èzziv opog

Ttjv yl'/jdiv ÀzaËvpiov , yjxkv.xg i rpiv e^cov (3 oag

Ai fAVXY)9y.w ètzénepurov, ^copouoT); Po^co (3Xaêyjç. »

Page 1