De bello Rhodioy 1. H
tificiel à moitié comblé, il était protégé sur les autres points par d’immenses fossés naturels, étant assis sur les bords et au-dessus d’un précipice de plusieurs centaines de pieds de profondeur. On a employé pour le construire un grand nombre de pierres et de blocs antiques : des citernes et des magasins voûtés sont encore à peu près intacts; mais l’édifice principal est renversé.
Tel est cet admirable plateau que la nature semblait avoir fait exprès pour devenir une citadelle et qui l’a effectivement été dès la plus haute autiquité. C’est peut-être même l’une des premières places fortes qui aient été construites dans file de Rhodes : car j’incline très-volontiers à adopter l’opinion de Meursius1 qui identifie avec YOchyrôma des Ialysiens la ville d 'Achaïci dont parlent Diodore de Sicile et Athénée. Le premier de ces écrivains nous raconte2 « que Ténagès, l’aîné des Héliades, ayant péri victime de la jalousie de ses frères, ceux qui avaient pris part au meurtre s’enfuirent. Macar se retira à Lesbos, CandalusàCos, Actis en Égypte, Triopasen Carie. Quant aux autres Héliades qui étaient restés innocents de ce crime, ils demeurèrent dans l’île et construisirent la ville d’Achaïa dans l’Ialysie. Ochimus l’aîné en fat le premier roi, Cercaphus lui succéda, et celui-ci fut père d’Ialysus , de Camiros et de Lindus , qui partagèrent l’île en trois districts et y fondèrent chacun une ville. »
« .... zarc^xyjcray su rfi loclvaix XTiuavreç noXiv kycdav . »
\ . Bhodus , c. îx.
!2. Diod., Y, 57.
SUR L’ILE DE RHODES
Or cette ville d’Achaïa, dans un passage d’Ergéas, rapporté par Athénée1, est appelée très-forte , byypu*
« Oi 7T epl QoclocvBov sv rfi IaAuacp t voliv ïyovzeq oyypu— TOCTYlV TYjlf Ayoitco xocÀovfiévnv* })
Il est impossible, à mon avis, de méconnaître ici la citadelle ou l’Ochyrôma des Ialysiens. Tel est le sentiment de Meursius , sentiment qu’avait du reste émis avant lui le savant Bochart : « Ialysus olim Achæa
dicebatur, écrit cet auteur2 Nempe qui Heliadis
successerünt Phœnices priscum Acbææ nomen mutaverunt in Ialysum, ad vitandum âvdfmlav. Achæa enim tristitiam atque animi mœrorem sonat. Hesychius : Àyodocg , Ivnaç. Idem : Ajolicl * etziBstov- AypYiTpoç, àno
toï) nspl tyîv Ttopnv à'xovç Contra Phœnicium Ialysus,
id est Jaalits vel Jaalis, a lælitia factum. Itaque eodem animo Achæa vocabulum mutatum a Phœnicibus in Ialysum, quo a Græcis ÂÇevog in Ev£evov, a Romanis Maleventum in Beneventum. »
Il est permis de discuter sur l’étymologie assignée par Bochart au nom d’À^'a et à celui d’I afaaoç; mais je ne crois pas qu’on puisse rien opposer à l’assertion par laquelle il ne fait d’Achaïa et d’Ialysos qu’une seule et même ville; seulement, avec Meursius, nous ajouterons que la ville d’Achaïa, celte ville très-forte comme dit Ergéas, ne comprenait probablement dans son enceinte que le plateau de la montagne qui devint plustardl’acropoled’Ialysos.