Voir le chapitre X de cet ouvrage
SUR LTLE DE RHODES
Philérémos, c’est-à-dire l’ancienne acropole d’Ialysos, de la ville de Rhodes. Cette distance, comme on le yoit, est en réalité un peu plus faible que celle qu’indique Strabon; ce géographe, en effet, nous dit qu’elle était d’à peu près 80 stades.
« E£0’ 77 rcôv Po<3Ïgûv nohç èv oyâoyxoï/Ta tt ov ctol- Ùloiç, )»
Or 80 stades - 14 kilomètres 800 mètres. D’un autre côté, elle dépasse le chiffre de 5 milles donné par Bondelmonte dans le passage que j’ai déjà cité de cet auteur : mais il peut se faire que le mille qui sert de mesure à Bondelmonte fût plus considérable que le mille romain, lequel ne comprenait que 8 stades ou 1 kilomètre 480 mètres.
Trianda. — Une fois redescendus du plateau de Philérémos, nous arrivons à Trianda. Il faut distinguer le village proprement dit, ainsi appelé, consistant en TOmaisons groupées auteur d’une église, d’avec les villas nombreuses qui parsèment la magnifique vallée du même nom pendant plus de 4 kilomètres de longueur sur 3 de largeur.
Ces villas remontent en partie à l’époque des chevaliers, et les plus modernes ont été bâties à l’instar des anciennes. Elles sont à deux étages au plus et surmontées d’une terrass \ Leur forme est celle d’une tour carrée. Presque toutes sont ornées de jolies petites tourelles à cul de lampe que décorent des moulures délicates. C’est là que, pendant la belle saison, les habitants les plus aisés des faubourgs et de la ville, 1. L. XIV, c. ii
ETUDE
Turcs, Grecs et Francs, viennent s’établir pour passer trois ou quatre mois. Elles sont séparées les unes des autres par de vastes jardins entourés de murs.
Quelques-unes n’étant plus entretenues, et semblant n’appartenir à aucun propriétaire, commencent à tomber en ruines et les vergers qui les environnent dépérissent, faute de culture. Mais ceux qui sont cultivés produisent d’excellents fruits , tels que des oranges, des citrons, des grenades, des abricots, des figues et du raisin. Les oliviers s’y montrent aussi en grand nombre et y forment , en certains endroits, d’admirables bouquets et même de véritables bois. De vieux térébinthes, des chênes-vélanèdes, des caroubiers et des mûriers ombragent les routes que l’on parcourt. C’est sans contredit l’une des vallées les plus belles et les plus riches de File. Elle serait d’un prix inestimable dans le voisinage d’une de nos grandes cités d’Europe; mais, à Rhodes, ces charmantes villas n’ont qu’une valeur insignifiante. Si j’avais pu les examiner à loisir et pénétrer dans l’intérieur de chacune d’elles, j’y aurais sans doute reconnu de nombreux matériaux antiques tirés soit des ruines d’ialysos, soit de celles de l’ancienne Rhodes; il est à croire que M. Hedenborg, qui a eu le temps et la facilité de les visiter, y aura découvert quelques précieux restes de l’antiquité et peut-être des inscriptions d’un haut intérêt.
La pointe dite de Trianda, promontoire sablonneux et peu dessiné, est, à mon sens, la partie saillante du rivage Thoantion dont il est question dans Strabon
SUR L’ILE DE RHODES, comme étant situé entre laiysos et Rhodes; car c’est ainsi que j’entends le passage suivant1 2 3 de ce géographe.
Après avoir dit : « Ensuite vient Camiros, puis Ialysos... enfin la ville de Rhodes à 80 stades de distance, )> il ajoute :
(( Msra^ù $£ sari t b ©oavnov, ax no riç [xaliGza rrpo-
xeivrai ai Znopaiïeç ai nepl tyjv Xalxiav ? cbv èpvyj<70y?psv Tcpérepov. »
u Et dans l’intervalle est un rivage appelé Thoantion, en face duquel se trouve précisément Khalkia avec le groupe des îles Sporades, qui l’avoisinent et dont nous avons fait mention plus haut. »
Ce pL£Ta& ne peut signifier, selon moi, que l’intervalle compris entre les deux dernières villes que fauteur vient de nommer, c’est-à-dire, laiysos et Rhodes. C’est là le sens qui me parait résulter le plus naturellement du texte. Cependant quelques critiques, etentre autres Forbiger'etM. Ross*, ont cru devoir adopter celui-ci: « Entre Camiros et laiysos est le rivage Thoantion, etc... » se fondant sur ce que la partie de la côte qui s’étend entre laiysos et Rhodes n’estpascellequiserapproche le plus de Khalkia etqui se trouve le plus en face de cette île, tandis que la pointe d’Anconi, par exemple, regarde plus directement cette même île. Cela est sans doute très-vrai ; mais est-ce une raison pour for cer la grammaire et le sens à la fois le plus simple et