Georg ., II
SUR L’ILE DE RHODES
Si la vigne réussit si bien encore dans l’ile de Rhodes et semble d’elle-même inviter l’homme à la cultiver davantage et à la multiplier sur un sol qui lui convient merveilleusement, les arbres fruitiers y croissent aussi presque tous. Autour de la ville et de la plupart des villages, c’est un spectacle propre à charmer les yeux que celui de ces vergers qui, tout mal entretenus qu’ils sont, se couvrent, chaque année, de fruits exquis qui le seraient encore davantage, si l’industrie et le travail de l’homme venaient seconder ou corriger la nature. Parmi les arbres qui composent ces vergers, je nommerai plus particulièrement les abricotiers, les figuiers, les amandiers, les orangers, les citronniers et les grenadiers.
Les abricotiers sont quelquefois tellement surchargés de fruits qu’il faut en étayer les branches pour les empêcher de rompre sous le faix.
Les figues de Rhodes étaient jadis renommées4. Elles sont encore aujourd’hui excellentes; très-sucrées, elles offrent, quand elles sont fraîches, une chair pleine et délicate; mais celles qu’on fait sécher restent d’ordinaire trop longtemps exposées au soleil, qui finit par absorber une partie de leur substance et des sucs qu’elle renfermaient. Quant à l’arbre qui les porte, il devient magnifique, et il atteint avec le temps des proportions énormes. De son tronc principal jaillissent tout à l’entour de nombreux rejetons, et sous les larges feuilles de ses rameaux le soleil ne peut pénétrer. Il présente ainsi pendant