‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 16 sur 134 · Pline, XV, 18. — Columelle, V · texte numérisé non relu

Pline, XV, 18. — Columelle, V

38 ÉTUDE

l’été un frais abri qui rappelle cette expression de

l’Écriture1 :

« Et sedebit vir subtus vitem suam et subtus ficum suam. » k Chacun se reposera sous sa vigne et sous son figuier. »

On peut évaluer à 280000 okes la quantité de figues qu’on récolte dans file par année ordinaire.

Il y a à Rhodes plusieurs espèces d’amandiers; la plus recherchée est celle qui e^t à écorce tendre. Cet arbre, sous un climat sj doux, fleurit de fort bonne heure, et ses fruits mûrissent dès le mois de juin.

Les orangers et les citronniers ne sont cultivés avec quelque soin qu’aux environs de la capitale et dans les vergers de trois op quatre villages. Je citerai avant tout dans l’un des faubourgs de la ville le jardin d’un européen qui renferme un vaste bosquet d’orangers et de citronniers de la plus belle venue. Parfaitement entretenus par cet habile cultivateur, ils offrent un coup d’œil qu’on ne se lasse pas d’admirer, lorsqu’ils sont couronnés de leurs fruits dorés, presque aussi nombreux quelquefois que leurs feuilles. Pour trouver dans les autres îles de la Grèce un bosquet comparable à celui-là, il faudrait aller le chercher dans les jolis jardins qui environnent Chio, capitale de l’île du même nom, ou dans ceux qui avoisinent La Canée dans l’île de Candie.

Rhodes doit produire p^r an environ 2 000 000 d’oranges et 1 000 000 de citrons.

Les grenadiers sont peu cultivés ; cependant ils réussissent fort bien, et on en rencontre presque par-

\ . Miellée, c. IV, v. 4.

SUR LUE DE RHODES

tout à l’étaL sauvage; ils sont peut-être même indigènes dans cette île; car c’est la fleur de cet arbre1 et non celle du rosier, comme on le croit communément, qui est représentée sur les anciennes monnaies rhodiennes.

Comme arbres à fruits, je nommerai encore le prunier, le cerisier et le pêcher. Ce dernier arbre, à l’époque de Théophraste 2, fleurissait seulement à Rhodes, sans pouvoir porter de» fruits. Le même fait est confirmé par Pline3 dans le passage suivant :

'« Persicæ arbores sero et cum difficultate transiere, ut quæ in Rhodo nihil ferant, quod primum ab Ægypto carum fuerat hospitium. »

Et ailleurs4 il dit : « Persicæ arbores in Rhodo florent tantum. »

Les pommiers et les poiriers sont assez rares; il en est de même des châtaigniers et des noyers, qui ne croissent qu’en petit nombre dans les montagnes.

Des mûriers s’élèvent çà et là au milieu des jardins ; ils y deviennent de fort grands arbres. Leurs feuilles servent à nourrir les vers à soie dont l’élève fait l’occupation des femmes dans plusieurs localités. Cette industrie est toutefois très-restreinte; car, entravée dans son essor par un impôt qui la décourage, elle n’a pris qu’une faible extension et doit à peine produire 2000 okes de soie par an.

D’autres arbres comme, par exemple, le chêne vé-

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