‹ Voyage dans l'île de Rhodes et description de cette îleChapitre 18 sur 134 · Sosipater Charisins, Grammat. instit., î · texte numérisé non relu

Sosipater Charisins, Grammat. instit., î

ÉTUDE

quelques sangliers, des chacals et des renards. Les forets de plusieurs montagnes sont peuplées de cerfs et de biches qui s’y multiplient à l’aise, parce qu’il est fort peu d’habitants qui aient des armes pour les chasser. Les cailles, les grives et les perdrix s’y rencontrent aussi presque à chaque pas dans certaines régions peu fréquentées.

Dans les temps primitifs, comme le rapporte une vieille tradition et comme l’indique également l’un des premiers noms que File ait portés, celui d ’Ofhiusa, Rhodes était infestée par de nombreux serpents. S’il faut ajouter foi à un passage de Diodore1, -ces serpents étaient d’une grandeur si prodigieuses qu’ils dévorèrent beaucoup d’habitants. L’oracle de Delphes, consulté par les Rhodiens, leur conseilla d’appeler à leur secours Phorbas, fils de Lapithus, qui vint de Thessalie, délivra le pays des monstres qui le ravageaient et fonda une colonie dans l’île qu’il avait sauvée.

u II est assez singulier, dit M. Raoul Rochette2, de trouver à une époque aussi ancienne l’origine des fables qui reparaissent dans l’histoire moderne de Rhodes, lorsque cette île était au pouvoir des chevaliers de Saint- Jean-de-Jérusalem. »

Mais, comme le fait observer très-bien M. Lacroix3, ces fables avaient sans doute un fondement réel, exagéré ensuite par l’imagination des Grecs, et l’histoire du dragon tué à tant de siècles de distance par le

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