Journal d'un voyage en Orient, t. II , p. 153 et suiv
PRÉFACE
gravé dans leur mémoire comme l’une de ces apparitions enchanteresses qui saisissent l’imagination et qu’on n’oublie jamais.
En 1844, M. Charles Cottut, lieutenant de vaisseaù, a également publié sur Rhodes un intéressant article qui a paru alors dans la Revue des Deux Mondes .
Mais l’ouvrage le plus considérable et le plus digne d’être consulté qui ait été composé sur cette ville est celui du colonel Rottiers, qui y séjourna six mois en 1826 et put ainsi l’examiner avec soin et à loisir. Dans cet ouvrage, intitulé : Description des monuments de Rhodes , et qui fut publié à Bruxelles en 1830, ce voyageur belge nous a laissé beaucoup de détails curieux, mais quelquefois, je l’avoue, un peu confus et mêlés avec d’autres qui sont purement artificiels et souvent déclamatoires, l’auteur ayant cherché, avec un talent beaucoup moins grand de diction, à imiter l’abbé Barthélemy dans sa manière dramatique de décrire et de raconter. Quoi qu’il en soit, ceux qui désirent avoir une idée des monuments et des fortifications de Rhodes ne peuvent mieux faire que de lire ce livre et de consulter l’atlas qui l’accompagne et l’explique.
A l’époque où le colonel Rottiers visitait Rhodes, il était, à ce qu’il paraît, dangereux de s’aventurer dans l’intérieur de l’île; car il écrit lui-même ceci : « Je ne voulais pas quitter Rhodes sans faire une excursion dans l’île; mais on m’en détourna, en m’assurant qu’il y allait peut-être de ma vie1. »