XVII
SUR L’ILE DE RHODES
bien c’est peut-être parce qu’on l’aperçoit de loin en mer comme une constellation qui se lèverait à l’extrémité de l’horizon. D’autres ont imaginé, pour expliquer ce mot, un certain roi Àstérius dont l’existence est plus que problématique.
L’épithète d ’Æthrœea (AWpala) a pour raison la pureté et la sérénité, pour ainsi dire, transparente et éthérée de l’air qui l’environneT J’ai déjà cité un passage de Pline par lequel cet auteur nous apprend qu’il n’y a aucun jour dans l’année où cette île soit complètement privée du soleil, même pendant les temps les plus nébuleux.
Elle était nommée Trinacria (Tpivaxpta), parce qu’elle présente comme la Sicile trois principaux promontoires.
Le surnom de Conjmbia (K opvpëi'a) lui venait soit de son élévation au-dessus de la mer, soit du lierre qu’elle produisait, le mot grec xopvy£oç signifiant à la fois sommet, hauteur, et grappe de lierre.
Celui de Pœeessa (n oiwo-a) s’explique par la fertilité de son sol toujours paré de verdure et de végétation (uoià ou tiolyi , herbe).
Elle devait son titre à’Atabyria (ÀrocSvpia) à sa plus haute montagne ainsi appelée. Ici encore quelques étymologistes, à commencer par Pline, inventent, pour rendre compte de cette dénomination, un certain roi Atabyrius qui aurait régné sur l’île et dont ni l’histoire ni même la fable ne font mention.
L’épithète de Macaria (Maxapta) lui fut commune avec d’autres îles de l’Archipel, par exemple avec Les-
ÉTUDE
bos et Chypre, toutes deux si richement dotées par la nature et pour cela surnommées jadis, comme Rhodes, îles fortunées. D’autres attribuent l’origine de ce surnom à l’un des Héliades, appelé Macar, qui aurait colonisé Rhodes.
On peut expliquer l’étymologie de celui de Stadia (STocdta) soit par l’immobilité de cette île, après les grandes commotions qu’elle avait ressenties et qui l’avaient soulevée au-dessus des ondes, soit par sa forme allongée et elliptique qui lui donne quelque ressemblance avec un stade antique. D’après le savant Bochart1, il faudrait voir là un mot d’origine phénicienne et dérivant du phénicien Tsadia, qui signifie désolé , dépeuplé. Les Grecs, dit-il, auront transposé le t après Ys, et l’île aura porté cette dénomination quand elle était dévastée par les serpents qui l’infestaient dans le principe.
Rhodes fut surnommée également Telchinis (TeAyiviç), par suite des premiers habitants qui vinrent se fixer dans son sein et qui s’appelaient Telchines. Ces Telchines, nommés fils de la mer par Diodore de Sicile1, ont été regardés comme des Phéniciens par la plupart des critiques. S’il faut en croire la fable, ils auraient été chargés par Rhéa du soin d’élever Neptune, et ce Dieu, devenu grand, épris d’amour pour Halia, leur sœur, aurait eu d’elle six fils et une fille appelée Rhodos : de celle-ci l’île aurait reçu le nom qu’elle porte encore aujourd’hui.