Geogr. sacra , p
SUR L’ILE DE RHODES
Il est inutile, ce me semble, de réfuter l’opinion de ceux qui prétendent que ce dernier nom serait venu d’un bouton de rose en cuivre qui aurait été trouvé lorsqu’on jetait les fondements de Lindos, l’une des plus anciennes et des plus importantes villes de l’ile1. Bochart2 3 dérive cette dénomination du mot chaldaïque Iarod , serpent, dragon, que les Phéniciens par aphérèse auraient prononcé Rod,e t il rapproche ce nom de celui d ’Ophiusa par lequel les Grecs désignèrent aussi cette île.
Le plus grand nombre pense que l’île a dû son nom de Rhodos aux roses qui émaillent naturellement son sein, s’imaginant que c’est cette fleur qui .est représentée sur les anciennes monnaies rhodiennes où l’on voit d’un côté une tète rayonnante du soleil et de l’autre une fleur épanouie. Cependant Dapper1, dans son Appendice sur les médailles des îles , incline plutôt à reconnaître là soit la fleur du grenadier sauvage, comme c’est l’opinion de Spanheim, soit celle du grenadier domestique, ce qui est plus probable encore, à son propre avis. Cette dernière conjecture me paraît la seule vraie, et je crois qu’elle doit être définitivement adoptée. On m’a montré en effet dans l’île un certain nombre de médailles anciennes avec le double emblème dont j’ai parlé et où il est difficile de se méprendre sur la nature de la fleur qui y est représentée. J’en ai rapporté moi-même une en argent