XXXIV
Parmi les peintures qui décoraient ses monuments, quelques-unes étaient d’un prix infini. On citait surtout un Ménandre , roi de Carie et un Ancée , d’Apelles1 ; un Méléagre , un Hercule et un Persée, de Zeuxis\ et de Protogène un Cydippe , un Tlépolème, le poète tragique, Philiscus en méditation , un Athlète , le roi Antigone, la Mère d’Aristote. Les derniers ouvrages de ce grand artiste furent un Alexandre et le dieu Pan; mais ses deux tableaux les plus renommés étaient son Ialysus et celui qui représentait un satyre appuyé sur une colonne au haut de laquelle était peinte une perdrix. Strabon3 raconte que, dès que ce tableau fut exposé, la perdrix attira tellement les regards du spectateur qu’ils ne faisaient aucune attention au satjre, bien qu’il fût d’un travail exquis. Ce qui étonnait le plus, c’élait l’effet qu’il produisait sur les perdrix vivantes. Ceux qui en tenaient d’apprivoisées les apportaient; et, à peine les plaçaient-ils en face de la perdrix peinte, qu’elles chantaient. Protogène, voyant que la partie principale de son ouvrage en était devenue l’accessoire, pria les intendants du temple4 de lui permettre d’effacer de son tableau sa perdrix. Son Ialy sus 5 lui demanda sept ans de travail; il y mit quatre couches de couleur, afin que, l’une venant à tomber, l’autre fût là pour la remplacer. Il était occupé à achever ce chef-d’œuvre, lorsque Démétrius s’empara du