Thévenot, Voyage au Levant , p. 223, édit. in
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au haut elle est plate, a les yeux un peu plus gros que ceux d’un cheval, le trou de la narine tout rond ; la peau est tirante sur le gris blanc, peut-être à cause de la poussière qui est dessus et paraît être bien dure. »
Ce même voyageur nous apprend qu’elle était primitivement suspendue à la porte qui conduisait à la retraite du monstre.
En 1831, cette tête n’avait point encore été enlevée de la porte Sainte-Catherine, car il en est question dans M. Michaud*. Quelques années plus tard, elle disparut, puisque M. Ross ne la retrouva plus en
On m’a dit qu’elle avait jetée à la mer.
Du côté de la terre, Rhodes n’a plus depuis longtemps que deux portes; l’une à l’O. est appelée aujourd’hui par les Turcs Eyri-Capou ou la porte Oblique, parce que le chemin qui y conduit, soit de la ville, soit de l’extérieur, va en serpentant. C’est l’ancienne porte d 'Amboise. Au-dessus est un bas-relief représentant un ange aux ailes déployées avec les armoiries d’Amboise; on y lit la date de 1312, ce qui prouve qu’elle fut achevée la dernière année du magistère d’Emery d’Amboise qui lui laissa son nom.
Pour sortir de la ville par cette porte, on traverse un pont-levis, puis un pont de pierre soutenu par trois arcades. Au-delà de ce pontet quand on a franchi le le fossé, on trouve un chemin qui va en tournant, bordé à droite et à gauche par un puissant parapet en pierre qui remonte, sans^ doute, au magistère de ce
i . Correspondance d'Orient , t. IV, p. 21.
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même grand-maître et que soutient une plate-forme ombragée par de beaux platanes.
Cette porte d’Amboise était celle qui des faubourgs donnait entrée dans la cité des chevaliers, séparée, comme je le montrerai bientôt, de la cité des habitants ou de la ville proprement dite, par une enceinte spéciale et intérieure, flanquée de tours.
La seconde porte, située au S. est celle de Gmel - Capou , appelée autrefois porte Saint-Jean ou encore porte Koskinou (porta di Cosquino), parce qu’elle conduit au village de ce nom. Au-dessus de cette porte est un bas-relief en marbre, incrusté dans la pierre et représentant saint Jean. Un pont-levis à cette porte, comme à la précédente, interrompt pendant la nuit et rétablit pendant le jour les commmunications entre les faubourgs et la ville. Il est relié au glacis par un pont en pierre à deux arcades.
Cette belle et puissante enceinte est, sans contredit, l’un des plus remarquables monuments de l’architecture militaire au xrve, au xve et pendant les premières années du xvie siècle. Indestructible au temps et aux hommes, elle est encore à peu près telle que les chevaliers l’avaient laissée; car Soliman, qui s’empara de la ville, n’y ajouta aucune fortification nouvelle et il se contenta de quelques réparations dans les endroits qui avaient le plus souffert pendant le siège.
Il serait difficile de faire l’historique exact et fidèle de la construction de ces remparts. Il est très-probable que les chevaliers, en abordant en 1309 dans l’île pour la conquérir, trouvèrent la capitale déjà resserrée
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dans les limites qu’elle a encore maintenant. Cette enceinte, dans ses fondements et dans son pourtour principal, est donc vraisemblablement Byzantine ; mais elle a été rebâtie à neuf par les chevaliers, flanquée par eux de bastions et fortifiée par de nouvelles tours et par des ouvrages avancés. Les fossés ont été aussi élargis ou creusés plus profondément.
Plusieurs des grands-maîtres qui gouvernèrent l’Ordre s’occupèrent tour à tour d’augmenter ou de perfectionner les fortifications de cette ville; mais, après le siège qu’elle soutint en 1480, Pierre d’Aubusson surpassa tous ses prédécesseurs par les travaux considérables qu’il entreprit, et ses armoiries, qui se trouvent en beaucoup d’endroits unies à celle de l’Ordre, prouvent qu’il dut faire de nombreuses réparations et même des adjonctions nouvelles, pour couvrir davantage les points reconnus faibles dans le dernier siège. Ainsi, par exemple, les ouvrages avancés et le triple fossé qui défendait le palais des grands-maîtres, les murs élevés qui du côté de la mer enferment la ville et certaines parties du boulevard d’Italie sont dûs à d’Aubusson. Nous avons vu que la porte d’Amboise, avec les ouvrages qui l’avoisinent, ne fut terminée que plus tard, à la fin du magistère d’Emery d’Amboise, en
Je ne m’arrêterai pas plus longtemps à décrire cette magnifique ceinture de remparts qui témoigne dans ceux qui l’ont conçue et exécutée une grande entente de l’art de fortifier les places, et qui mérite encore maintenant d’attirer l’attention et de fixer les regards,
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même après tous les progrès que cet art a faits depuis Yauban. J’ajouterai seulement que, s’il est des places fortes plus remarquables que celle-ci, il en est peu, je pense, qui parlent autant à l’imagination, à cause des grands événements qu’elles rappellent. Sans parler du siège immortel que la Rhodes antique a soutenu jadis contre Démétrius, les innombrables assauts que, dans les temps modernes, la Rhodes actuelle a eu à repousser en 1480 et 1522, où l’on vit l’héroïsme d’une poignée de braves tenir si longtemps en échec toutes les forces de l’Empire ottoman, ont attaché en quelque sorte à chacune des pierres de cette enceinte, que tant d’exploits illustrèrent jadis, un souvenir et comme un reflet de gloire qui les ont consacrées à jamais.
Si l’on consulte les Vues topographiques de M. de Hammer, 1 on verra que, dans le plan qu’il donne de la ville de Rhodes, il a adopté pour la désignation des divers bastions un système tout opposé à celui que j’ai suivi. M. Ross2 a déjà remarqué, après Rolliers, que ce savant historien s’était trompé étrangement, en confondant la colline Symbülli avec le mont Philérémos, et que cette supposition erronée étant la base de tout son système avait par conséquent rendu fausses toutes les conséquences qu’il en tire. Le même texte de Fontanus, sur lequel M. de Hammer s’appuie, m’a servi, son point de départ une fois rectifié, pour retrouver le nom véritable de chaque bastion et pour corriger