Monuments de Rhodes, p
2. S’il n’y a point eu ici une erreur commise par le colonel Rotliers, car je ne fais que transcrire l’épitaphe telle qu’il la luimême copiée, il faut remarquer que cette dernière date contredit celle qu’on assigne généralement à la mort de Robert de Julliac, laquelle, d’après la plupart des historiens de l’Ordre, serait arrivée vers le milieu d’août de l’an 1376.
ÉTUDE
l’Empire turc. C’est un assemblage dé boutiques mesquines et ordinairement en bois, où des Grecs, des Turcs et des Juifs débitent les différentes denrées èt marchandises les plus nécessaires à la vie. Toutes ces boutiques ferment au coucher du soleil ; car, les rues n’étant pas éclairées, chacun rentre chez soi quand le jour commence à s 'éteindre. D’ailleurs les chrétiens doivent alors, comme je l’ai dit, quitter la ville.
Le quartier juif est traversé d’O. en E. par une large rue dont les maisons remontent en majorité, ainsi que dans le quartier turc, à l’époque des chevaliers. Deux d’entre elles, surtout, méritent de fixer l’attention; l’une était la maison de justice de l’Ordre ou la châtellenie, et l’autre celle de l’ancienne amirauté où se faisait l’appel des marins qui devaient s’embarquer sur les galères de l’Ordre. Elles sont ornées de cordons sculptés et de moulures finement exécutées. On y voit aussi, du moins à la première, quelques figures sculptées avec soin sur des plaques de marbre blanc et, entre autres, un ange qui ombrage de ses ailes deux écussons.
Non loin de la maison de l’amirauté, aujourd’hui résidence d’une famille juive, on aperçoit les ruines d’une grande église, jadis consacré à saint Marc et dont il ne subsiste plus que quelques pans de murs : la grande nef est actuellement un jardin qui appartient à un turc, et le chœur est la propriété d’un juif. En l’examinant, j’y ai trouvé quelques armoiries à moitié effacées et des restes de peintures murales trèsdégradées.
SUR LILE UE RHODES
Plus loin, vers l’E. et attenants aux remparts, sont les débris d’une autre église, que j’ai déjà mentionnée et dont on ne distingue plus également que trois ou quatre arceaux gothiques, dans un jardin appartenant à un juif : ce sont les vestiges de Sainte-Marie-de-la- Yictoire, l’une des trois églises que construisit d’Aubusson, après le fameux siège de 1480 et en reconnaissance de l’éclatante victoire qu’il avait remportée sur l’armée de Messih-Pacha, grand-visir deJMahomet II.
Les juifs ont dans leur quartier deux synagogues, propres et bien tenues, et administrées chacune par un rabbin.
Ce quartier, plus qu’aucun autre, est encore jonché ça et là de ces énormes boulets de marbre ou de pierre que Soliman avait lancés dans la ville lors du siège de 1522 et dont quelques-uns ont au moins 50 centimètres de diamètre.
Tels sont les ports, les fortifications et les principaux quartiers et monuments de la ville actuelle de Rhodes.
Tous les édifices antiques ont, comme on le voit, disparu, et l’on chercherait en vain, dans la cité moderne, quelques restes reconfiaissables de la physionomie que la cité ancienne présentait ; les ports seuls ont dû conserver à peu près leur forme primitive, et j’ai remarqué plus haut que les ‘soubassements des môles qui en délimitent l’enceinte sont certainement .helléniques. On retrouve aussi, en beaucoup d’endroits de la ville, des dalles de marbre, des, fragments de colonnes ou même des colonnes entières, enlevées
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à d’anciens monuments grecs et qui, ensuite, ont servi à décorer des portiques, des fontaines et des églises chrétiennes, transformées plus tard en mosquées musulmanes.
Il n’est pas rare non plus d’y rencontrer de petits autels votifs ou tumulaires en marbre gris ou blanc, de 70 centimètres à 1 mètre de hauteur, ornés de guirlandes et de têtes de béliers ou de veaux sculptées et que les Turcs ont placés comme des bornes près de leurs maisons. Examinons maintenant les autres parties de la cité antique, situées aujourd’hui en dehors des remparts et qui, jadis, étaient renfermées dans sa vaste enceinte.