Reisen auf den griechischen Inseln , p
SUR L’ILE DE RHODES. 167
au coin d’un Ptolémée dans l’intèrienr de ce monument. Effectivement une pareille désignation est plus que hasardée; elle supporte à peine l’examen.
L’histoire nous apprend, il est vrai, que, lors du fameux siège de Rhodes par Démétrius, Ptolémée, fils de Lagus, roi d’Egypte, envoya aux Rhodiens 300 000 artabes, (138 000 hectolitres) de blé et de légumes, et que ceux-ci, par reconnaissance, lui élevèrent ensuite un temple appelé Ptolemoeum : nous savons aussi que plus tard un autre Ptolémée, le troisième du nom (Évergète), se signala par ses bienfaits envers la ville de Rhodes, à laquelle le tremblement de terre de 222 avant J.-C. venait de faire subir d’immenses désastres; mais que l’un ou l’autre de ces princes ou bien quelque autre monarque Égyptien du même nom se soit fait enterrer à Rhodes, et qu’on ait érigé ce tombeau en son honneur, c’est là une chose peu vraisemblable et qu’à moins de preuves plus convaincantes que celles que l’on tire de la médaille en question il .est difficile d’admettre. M. Ross a donc raison de ne pas perdre son temps à combattre cette supposition, mais, d’un autre côté, il a tort lui-même, lorsqu’il ajoute : « tous ces espaces étaient en dedans de l’ancien mur d’enceinte. » 11 me parait au contraire certain, bien que les traces de cet ancien mur soient presque effacées et qu’il soit impossible de les suivre exactement, que ces carrières, ces catacombes et cette nécropole n’étaient pas comprises dans le périmètre de la cité antique : je ne crois pas même que la colline Symbülli en ait fait partie. Qui ignore en effet que les
ÉTUDE
Grecs n’avaient pas l’habitude d’enfermer les cimetières dans l’intérieur des villes? Et si nous avons trouvé plusieurs tombeaux sur le plateau de l’ancienne acropole de Rhodes, ces tombeaux, comme je l’ai dit, étaient probablement réservés aux prêtres qui, par exception, pouvaient être quelquefois inhumés près des temples qu’ils desservaient : mais ici, ce ne sont pas quelques tombeaux isolés; ce sont des catacombes et une véritable nécropole. Car, outre le grand tombeau que j’ai décrit, il y a en cet endroit une foule d’autres, également creusés dans le roc, qui presque tous sont mutilés et brisés; les uns très-simples et n’offrant rien de remarquable ; les autres, au contraire, décorés de petits frontispices et ornés de moulures finement exécutées, mais qui la plupart sont très-dégradées.