Gèogr.y 1. V, c. h
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et dont l’un, le mont Saint-Elie au N. s’étend de l’E. à l’O., et l’autre au S., appelé Gramytis , se dirige du N. E. au S. 0.
Indépendamment de ces trois montagnes, dont la première domine l’île entière et toutes les îles voisines, Rhodes en renferme plusieurs autres, à l’E. et au S., moins considérables, il est vrai, mais qui cependant sont encore comme les principales pièces de la charpente montagneuse qui la constitue.
Pour achever de se former une idée plus nette de la configuration générale de file et de la structure qu’elle présente, qu’on se figure un ovale s’allongeant obliquement du N. E. au S. 0., renflé à son centre et dont l’extrémité septentrionale est plus effilée que celle du S., laquelle est plus large et plus arrondie.
Dans la partie supérieure de l’île jusqu’au mont Saint-Êlie , c’est-à-dire dans une longueur d’environ 27 kilomètres, une même chaîne, d’un hauteur moyenne de 350 mètres, la traverse par le milieu et projette à droite et à gauche quelques contre-forts moins élevés, dont les uns s’avancent jusque dans la mer en forme de promontoires rocheux et escarpés, et les autres s’abaissent insensiblement vers la plage, laissant entre leurs dernières pentes et le rivage des plaines ondulées et très-fertiles, d’une largeur qui varie entre 1 et 5 kilomètres. Puis, la chaîne du* mont Saint-Êlie coupe transversalement l’île dont elle occupe une zone d’à peu près 12 kilomètres : ses deux sommets les plus élevés ont, celui de l’O., 850 mètres, et celui de
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l’E., 700. Celte chaîne envoie des ramifications autour d’elle qui se relient les unes aux autres.
9 kilomètres plus au S., se dresse la masse •imposante du Taÿros dont le point culminant atteint une hauteur de 1500 mètres. Cette montagne est beaucoup plus rapprochée de la côte occidentale de File que de la côte orientale, elle est isolée presque entièrement, principalement vers le N., l’E. et FO.; car vers le S., quelques rameaux la rattachent au mont Gramytis .
En face du Taïyros s’élève, près delà côte orientale, une montagne beaucoup moins haute, mais qui dépasse toutes celles qui la séparent de ce vaste massif; c’est le mont Archangélos dont la cime peut avoir 570 mètres : les montagnes intermédiaires, tout en affectant des formes différentes, constituent cependant en général des bassins circulaires, dans un espace de 20 kilomètres.
Plus bas et à la partie la plus large de File, deux montagnes se répondent également, la première sur la côte orientale, nommée Kalathos , haute seulement de 400 mètres et dont une ramification forme le cap LindoSy la seconde qui touche presque à la côte occidentale et qui est le Gramytis déjà mentionné précédemment : son élévation est de 900 mètres. De son massif sortent comme d’un tronc unique plusieurs rameaux dont le principal cburt à FO. et s’avance dans la mer sous le nom de cap Monolithos. Un intervalle de 23 kilomètres, compris entre les monts Gramytis et Kalathos, est rempli par d’autres montagnes entre
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lesquelles il faut distinguer une chaîne centrale qui descend vers le S. en ligne presque directe. Sa plus grande élévation est près du village de Mesanagros ; puis elle s’abaisse, et au-delà du village de Katavia une autre montagne occupe presque toute la largeur de l’extrémité méridionale de File et se termine au S. par le cap Prasonisi.
La plupart de ces montagnes, surtout dans la partie septentrionale de l’ile, sont composées d’un grès plus ou moins tendre dont il existe de belles carrières antiques sur le mont Dracon.
Le massif du Taijros consiste en un calcaire schisteux donnant un marbre bleuâtre dune qualité commune. Il en est de meme du mont Saint-Élie et du mont Kalathos. Telle est aussi la formation géologique du mont Gramytis , qui renferme en même temps du marbre blanc.
Sur plusieurs points, j’ai remarqué des marbres rouges et imitant le porphyre; ailleurs, notamment près de la pointe d 'Anconi, j’ai rencontré des roches ferrugineuses, eten d’autresendroits de la craie etdu tuf.
Je n’oublierai pas non plus d’ajouter que dans un grand nombre de localités, même à des hauteurs considérables, on observe une quantité énorme de petites coquilles marines mêlées et comme conglutinées avec du sable, ce qui indique qu’à une époque dont la date positive est inconnue, mais dont de fort anciennes traditions semblent avoir conservé le souvenir, l’île était ensevelie au fond de la mer, et qu’ensuite elle surgit au-dessus des ondes.
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Tout le inonde connaît les beaux vers de Pindare1, qui a chanté cette antique légende dans l’une de ses odes les plus remarquables :
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Et bientôt après le poète ajoute :
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« D’anciens récits répandus parmi les hommes rapportent que, lorsque Jupiter et les Immortels se partageaient le monde, Rhodes n’avait point encore apparu au milieu de la mer, qui la tenait engloutie et cachée dans ses abîmes. »
Etplusloin : <c L’île nacjuit du sein des flots humides.»
Un passage d’Héraclides de Pont2 confirme la môme tradition.
« On raconte, dit cet écrivain, que l’île de Rhodes était d’abord cachée sous la mer et qu’elle ne se montra que plus tard. »
Nous lisons également dans Pline3 :
(( Glaræ jampridem insulæ, Delos et Rhodos, mémorisé produntur enatæ. »